Affichage des articles dont le libellé est écrire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est écrire. Afficher tous les articles

lundi 13 février 2023

De "l'intelligence" artificielle, à nouveau.

La lecture d’un texte sur Internet vantant les mérites de la fameuse « IA »m’amène à quelques réflexions. Je n’en citerai cependant pas les auteurs, ne souhaitant nullement leur faire le moindre tort.

La première ligne du texte définit ainsi "l'intelligence artificielle" : « une forme d’intelligence technologique équivalente à l’intelligence humaine ».

Tout est dit ! Il n'est même plus nécessaire d'en discuter… L'art de la démonstration est, pour certains, de commencer par la conclusion posée en postulat. Il fut un temps où ce procédé valait un zéro au lycée. Non ! Il n'y a pas plusieurs formes d'intelligence ! Et celle dont il est question n'est pas équivalente à l'intelligence humaine !

Plus loin, on lit : « l’intelligence artificielle, comme l’intelligence humaine, fonctionne grâce à l’interconnexion d’un réseau de neurones ». Eh bien non ! L'intelligence humaine n'est pas seulement l'affaire des neurones. Tant s'en faut ! Et c'est là tout le problème. C’est faire fi de la dimension transcendante de la créature humaine. Excusez du peu ! On peut souscrire à cette vision de l'être humain, ou la contester, mais en ignorer le sujet est aller un peu vite en besogne.

Commençons par la forme :

L'article cite quelque part « le savoir de l’intelligence artificielle ». mais, l’intelligence ne se définit pas comme un savoir ! Le Littré, autant que le dictionnaire de l'Académie définissent l'intelligence comme « la faculté de comprendre ». Pas celle de savoir ! C’est la cognition qui est la faculté de savoir. Certes, les dictionnaires commerciaux confondent volontiers les deux concepts dans leurs trop nombreux synonymes. Mais, pour une réelle révolution intellectuelle que veulent faire, à juste raison d'ailleurs, les promoteurs de ces technologies du futur, l'usage du bon vocabulaire est un préalable minimum. Aucun raisonnement ne tient dans un langage approximatif ! 

Voilà comment ce vocable malheureux d'intelligence débouche directement sur une impasse : la machine est-elle capable de "comprendre" ce qu'elle énonce, c'est-à-dire, toujours selon le Littré, « de saisir par l'esprit » ? La machine a-t-elle un "esprit" ?

Quant au fond :

Comparer la soi-disant intelligence artificielle à l'intelligence humaine exige d'abord qu'on se mette d'accord sur le concept d'être humain. Il y a deux options :

Ou bien l'homme n'est que de la chimie, assemblage de carbone, d’oxygène, d’hydrogène, d’azote, de phosphore, de soufre, et rien de plus, comme l'enseigne une certaine science positiviste farouche. Alors, son intelligence ne peut être également que la manifestation d'électrons circulant dans sa chair. Le problème de l'intelligence artificielle n'existe plus. L'homme n'est rien de plus qu'une machine un peu molle. Que le meilleur gagne !

Ou bien l'on concède à l'homme une cinquième dimension de réalité qui transcende le temps, l'espace et la matière pour lui ouvrir l'univers de l'Esprit dont il est l'image éphémère. L'intelligence dévoile dès lors sa vraie nature : le message de cet Au-delà, qui ne tourne pas en boucle dans les neurones, mais s'entend comme un écho au fin fond des milliards de particules dont la chair est construite. C’est ce message extramuros qui déclenche à notre insu "l'intelligence" du comportement humain. Alors, il faut se rendre à l'évidence : la machine n'est pas connectée avec cet Au-delà. Son "intelligence" n'a rien à voir avec l'intelligence humaine. Si "l'intelligence artificielle" était "intelligence", elle découvrirait toute seule qu'elle n'est pas "intelligence"…

Pour autant, faut-il rejeter ces recherches technologiques ambitieuses ? Certainement pas ! Elles entrent de plain-pied dans le génie humain, et ouvrent sans doute une ère nouvelle du cogito de Descartes. Simplement, peut-être aurait-on été mieux inspiré de parler, par exemple, de “savoir artificiel", plutôt que "d'intelligence artificielle". Tout l'article serait devenu limpide : « une forme de savoir technologique équivalente au savoir humain » ou encore : « le savoir artificiel, comme le savoir humaine, fonctionne grâce à l’interconnexion d’un réseau de neurones » etc. Mais, évidemment, c'est une formulation moins marchande.


 

dimanche 15 janvier 2023

Vidéos et images subliminales : danger !

Les nouvelles technologies offertes par les smartphones ont fait basculer la communication entre les êtres, de l’écriture à la vidéo. On n’aime plus lire, cela prend trop de temps, demande trop d’effort mental. Une vidéo, c’est prêt à consommer, c’est instantané, cela dit tout en un clin d’œil. Oui, mais le malheur est que cela en dit plus que l’on ne croit. 

Les logiciels amateurs permettent maintenant à quiconque de fabriquer de très bonnes vidéos en travaillant à volonté les images qui constitueront le film diffusé. On peut y inclure des images étrangères à la prise de vue, déplacer des séquences, inclure des textes etc.

Or, les sciences cognitives connaissent mieux depuis une vingtaine d’années le fonctionnement du cerveau qui ingurgitera de telles vidéo. L’œil reçoit quantité d’informations superposées qu’il transmet au cerveau. La plus grande partie en seront traitées par les milliards de neurones du cortex de manière "automatique", avant d’atteindre le niveau de la conscience. Si vous posez le doigt sur la plaque de cuisson, votre cerveau donnera immédiatement l’ordre de le retirer avant que vous n’ayez pris conscience que vous vous brûlez. Mais le cerveau fait aussi le tri dans cet afflux d’informations. Seules quelques unes atteindront ce que l’on appelle la conscience, les autres ne seront jamais "vues" par l’observateur. Ainsi, une seule image de cinéma d’une quarantaine de millisecondes incluse dans une séquence sera bien saisie par l’œil et traitée par le cortex, mais n’atteindra jamais le stade de la conscience. On l’appelle subliminale, c’est à dire "en deçà du seuil de conscience". Si je glisse plusieurs très courtes photos de choucroute dans ma vidéo qui vous parle de la pluie et du beau temps, vous aurez tout à coup envie de manger une choucroute, sans savoir d’où cela vous vient. 

On imagine le parti qui peut en être tiré aujourd’hui par la faune de politiciens, faiseurs d’opinions et mercantis de tous poils, pour manipuler les cerveaux à volonté. Certes, le phénomène n’est pas nouveau pour la télé d’État. Déjà, il y a quarante ans, les images subliminales avaient fait polémique pour l’élection présidentielle. Le scandale avait été vite étouffé, mais n’imaginons pas que, depuis, les opérateurs aient été touchés par la grâce, et se soient interdit ces procédés peu honorables, même si des moyens techniques permettent maintenant de les déceler. Quant aux médias nouveaux que sont les réseaux sociaux, on ne voit pas pourquoi ils seraient épargnés par ce virus de la manipulation par l'image.

Autre chose est la communication par l’écriture. Là, pas de manipulation possible. L’auteur d'un texte ne peut qu’y exprimer sa pensée, avec talent ou maladroitement, c’est selon, mais nul ne peut tricher avec les mots. Voilà pourquoi, sur les réseaux sociaux, je ne m’intéresse qu’aux textes écrits, en écris mol-même, et ne regarde jamais les vidéos ni n’en produis.

 

jeudi 10 novembre 2022

"Autrice" et autres fantaisies

Voici ce qu'écrit François Cheng, de l'Académie française, dans son livre "Une longue route" (Albin Michel) : « À cet ultime stade de mon parcours terrestre, je sais que j’aurai toujours à remonter vers les hauteurs où se situe l’Académie qui, depuis près de quatre siècles, incarne une des exigences françaises les plus élevées : la vénération quasi sacrée de la langue française ». 

Voici maintenant comment m'écrit la Société des Gens de Lettres : « Chères autrices et auteurs »...  J'ai cherché le mot "autrice" dans le dictionnaire de l'Académie française. Réponse : « Il n'y a pas de résultat pour cette recherche ». J'ai cherché dans le Littré :  « Mot "autrice" inconnu du Littré » "Autrice" n'est pas un mot français ! 

La raison en est simple. "Auteur" n'est pas un métier comme institutrice ou directrice. Autre chose est de dire "une écrivaine". Le mot est, selon mon goût, d'une laideur extrême, mais "écrivain" est bien un métier. Le mot désigne directement la personne qui l'exerce. Libre à elle de l'accorder à son sexe comme n'importe quel adjectif. Mais, "Auteur" est une fonction, ou mieux : une qualité. La personne dont on parle agit en qualité d'auteur, qu'elle soit homme ou femme. Il en est de même de toutes les autres "qualités" que sont "président", "premier ministre", "préfet" etc. Les titulaires de ces fonctions n'ont aucune justification à s'en approprier le titre pour l'adapter à leur propre personne, à leur sexe, à leur narcissisme. La qualité d'auteur n'a pas plus de féminin que "la personne humaine" n'a de masculin. D'ailleurs, dirait-on "l'autrice" d'un crime ? 

Quand cessera-t-on de massacrer ainsi la langue française ? François Cheng ajoute dans son livre : « Une menace pour la langue française ne pourrait venir que des Français eux-mêmes. La langue évoluera, il dépend d’eux que ce ne soit pas dans le sens d’un avachissement ». François Cheng, Chinois immigré en France à 19 ans, ne parlait pas alors un mot de français. Aujourd'hui académicien. Quelle leçon ! 

dimanche 6 novembre 2022

La "préfète"



Un arrêté placardé en ville, concernant des travaux, je crois, est signé « La préfète de...». Cette féminisation absurde de tout m'exaspère. "Préfet" désigne la fonction, et non pas la personne qui l'exerce provisoirement. S'il est légitime de se qualifier de cordonnière quand on est femme et que l'on exerce ce métier, il est quelque peu suffisant d'assimiler la fonction préfectorale à sa propre personne. On confond le métier que l'on exerce, et la fonction que l'on occupe. Désigner la cordonnière, c'est désigner la personne. Il n'existe pas de fonction de cordonnier... Mais, désigner le préfet, c'est désigner la fonction, que celle-ci soit exercée par un homme ou par une femme. Cela est vrai pour maintes autres fonctions ridiculisées par ce nouveau sabir.

samedi 8 octobre 2022

Le roman artificiel

Les nouvelles technologies fondées sur l'utilisation d'ordinateurs de plus en plus puissants vont permettre bientôt, si ce n'est déjà, de demander à la machine de rédiger elle-même un roman. Il suffira pour cela de lui faire ingurgiter de force des milliers d'œuvres littéraires de référence, puis de lui demander d'écrire un roman d'amour en deux cents pages qui se passe à tel endroit, le tout à la manière de tel écrivain à succès.

La mode veut que l'on appelle cela "intelligence artificielle". Je crois que l'on a sombré, au contraire, dans le puits sans fond de la non-intelligence. Car, l'intelligence n'a rien à voir avec la performance électronique d'une machine. L'intelligence est spécificité de la personne humaine, don à la créature qui trouve sa source dans l'immatérialité de l'être. C'est cette intelligence-là, naturelle, voire surnaturelle, que l'écrivain tente de transmettre par sa plume, comme le compositeur le fait avec les notes, et l'artiste avec son pinceau. La machine n'y aura jamais accès. 

Par ailleurs, s'ouvre avec ces techniques l'épineuse question des droits d'auteur. Quel droit aurait le commanditaire d'une telle construction préfabriquée de s'en prétendre l'auteur ? Où serait, dans cette suite de mots arrangés par la machine, la pensée de l'auteur, c'est-à-dire son intelligence ?

Les écrivains crient au plagiat. Les éditeurs montent aux créneaux. Les lecteurs choisiront ce qu'ils veulent consommer. Ou bien l'artifice de l'intelligence électronique retombera tout seul comme une mauvaise mayonnaise, ou bien l'intelligence humaine est décidément en voie de disparition. 

dimanche 30 janvier 2022

Du néant et du hasard

 

Non ! Il n'y a ni néant ni hasard dans notre ici-bas, pas plus qu'il y en a dans son au-delà. Le paradigme du scientifiquement correct qui fait émerger la matière du vide, par hasard, est une supercherie destinée à fermer la porte de la Vérité.

Si le néant avait une réalité, rien ne pourrait en émaner. Ou alors, ce néant-là ne serait pas pur néant ! Le néant, s'il existait, ne pourrait rien contenir, par définition ! De même, rien ne pourrait y retourner, pour la même raison.

Si le hasard était apte à créer quoi que ce soit, rien ne pourrait perdurer. Ou alors, ce hasard-là ne serait pas pur hasard ! Le hasard détruit nécessairement, un jour, ce qu'il a construit précédemment, par définition ! Comment, depuis 14 milliards d'années, le hasard, s'il existait, aurait-il pu seulement construire ?

L'honnêteté intellectuelle exige que la recherche scientifique, que je me plais à louer pour ses remarquables découvertes, bannisse de son propos ces deux termes trompeurs, le néant et le hasard. Alors, seulement, la science pourra entrevoir la Vérité.

J'ai tenté cet exercice dans un livre de réflexion (*). Il ouvre un horizon vertigineux. L'origine n'est plus le néant, mais le Tout ! La cause n'est plus le hasard, mais l'Esprit.

(*)"Univers. Un autre regard" - Éditions ID France Loire

lundi 22 mars 2021

La haine.


Il paraît, selon des experts en droit, que les faits et les propos de l'UNEF ne relèvent pas de la haine ou de l'incitation à la violence (?!!…).  J'ai écrit un jour sur Facebook que les Français étaient devenus bêtes. Cela m'a valu les "observations" de la censure pour incitation à la haine… Allez comprendre !…

La haine, Messieurs ou Mesdames les censeurs de Facebook, ne se décèle pas en faisant la chasse aux mots décrétés politiquement incorrects. Aucun mot n’est haine à lui tout seul. La haine se cache derrière les mots. Il faut savoir lire les phrases ; savoir en extraire le sens parfois dissimulé entre les lignes. Cela n’est pas à la portée de tout le monde, et certainement pas à celle d’un ordinateur de bureau. C’est pourquoi vous en êtes réduits à faire la police des mots. Tâche peu glorieuse, totalement inefficace, et ruineuse pour la notoriété de votre réseau social. 

Pour ma part, je n’entends pas subir vos « observations » sur mon vocabulaire. Je n’écrirai donc plus sur vos murs. Je réserverai mes propos à ce blog-atelier. Un blog-atelier, c’est comme une bouteille à la mer. On y dépose des idées. On attend que quelqu’un les lise, y réponde. Et puis, un jour, on a la matière pour construire un livre. J’en ai déjà créé onze à ce jour de cette façon. Alors, à votre écoute...

mardi 9 mars 2021

Chrétiens et musulmans

J’ai voulu, il y a deux ans, témoigner par un livre (*) comment, près de deux ans passés au Sahara dans les années soixante, m’ont appris que christianisme et islam peuvent se retrouver dans l’amour. C’est dire si, aujourd’hui, l’énorme retentissement du voyage du pape François en Irak me remplit de joie.

(*) "La rose de Timadanine" Éditions ID France-Loire



lundi 1 mars 2021

Facebook

 


Je veux communiquer ici à mes aimables correspondants les raisons de mon éloignement de Facebook.

Quand les réseaux sociaux sont apparus sur Internet en France, j'éditais mon premier livre. Je fus d'emblée émerveillé. Pouvoir dialoguer en direct avec des correspondants au bout de la Terre m’apparaissait un progrès fantastique de la technologie au profit de la culture, de l’élévation d’esprit, peut-être de la paix dans le monde. 

Hélas ! Trois fois hélas ! Nos populations n’étaient pas mûres pour en tirer bénéfice. Treize ans après, Facebook est devenu un mur à graffitis décevant (le terme est volontairement édulcoré). Entre les publicités lassantes n'apparaissent que des slogans niais sur des placards en couleur pour forcer le regard, des photos truquées et des vidéos aguicheuses, mais rarement des textes de qualité. Et puis, lorsque, parmi ce fatras, l'on y publie un petit texte, on recueille soit des réponses à côté du sujet, soit des propos agressifs.

Je crains fort que le but — sans doute généreux au départ — de ce réseaux social ait été raté, faute de hauteur d’esprit. Dommage !

Or, voilà maintenant qu'ils se permettent de me faire des "observations" sur le caractère soi-disant « haineux » d'une de mes phrases ! J'ai écrit que les Français étaient devenus bêtes, ou quelque chose comme ça. Où leur ordinateur voit-il de la "haine" ? C'est plutôt de la compassion qui émerge de ce triste constat. Le problème des censeurs de Facebook est que l'intelligence artificielle n'existe qu'à partit d'intelligence naturelle. Si celle-ci fait défaut, l'autre ne peut être construite. 

Je suis en tout cas un peu vieux pour subir de telles "observations" de la part de ces jeunes-gens. J’ai donc décidé de réserver désormais mes écrits à mon blog, et de n’utiliser FB qu'accessoirement pour y mentionner les nouveaux articles. Ne les liront que les gens de qualité. J'attacherai la plus haute attention à leurs commentaires.

lundi 23 novembre 2020

Les espiègleries de la langue française

 













Pourquoi dit-on :

  • …être gris en forçant sur le rouge ?
  • …être noir en buvant du blanc ?
  • …être cuit en buvant un cru ?
  • Pourquoi, en voiture, pile-t-on pour ne pas écraser ?
  • Comment une idée fixe peut-elle trotter dans la tête ?
  • … de quelqu’un qui barbe, qu’il rase ?
  • …se taper la cloche en mangeant du fromage ?
  • Comment un clochard peut-il se taper la cloche ?
  • Comment peut-on tendre l'oreille lorsqu'elle est dure ?
  • … créer un bouchon quand il s'agit d'un embouteillage ?
  • …se mettre à table, après avoir été cuisiné ?
  • …blanchir de l'argent en travaillant au noir ?
  • …être tellement avare qu'on ne prête même pas attention aux autres ?
  • Pourquoi appelle-t-on faisan celui qui plume les autres ?
  • Pourquoi appelle-t-on rentrée littéraire la sortie des livres ?
  • Pourquoi a-t-on un bleu quand on reçoit un marron ?
  • pourquoi dit-on de celui qui mène ses affaires rondement, qu’il y va "carrément ?
  • Pourquoi écrit-on "vingt et un", et "soixante et onze", et non pas " soixante-dix et un" ?

mercredi 21 octobre 2020

« Tapuscrit »...!


 Je ne sais qui a inventé ce mot, mais il est stupide, en plus d’être laid. Au prétexte qu’un manuscrit est écrit à la main, il deviendrait "tapuscrit" s’il est tapé à la machine ? Mais alors, s’il est écrit à la plume, faut-il dire un "pennuscrit" ? Et nos aïeux qui gravaient leurs œuvres sur des tablettes d’argile faisaient-ils des "gravuscrits" ? On pourrait continuer avec les "bicuscrits" du célèbre baron… Et puis, les moyens modernes permettent aussi de dicter son livre à son smartphone ; alors, "dictuscrit" ? 

La vérité est que le substantif "manuscrit" désigne l’original de l’œuvre écrit "de la main" de l’auteur, et non pas "avec sa main" (sauf à tremper l’index dans l’encrier)... Un écrivain écrit avec sa pensée. Sa main et les outils qu’elle tient n’ont rien à voir dans l’affaire. Le "manuscrit", dès lors, c’est-à-dire l’original, s’oppose aux copies qui en seront faites ensuite par le miracle de l’imprimerie, et désormais de l’électronique.

Chers auteurs, proposez votre manuscrit à ID FRANCE LOIRE Éditeur (en ficher électronique bien entendu). Il sera lu rapidement et avec un peu de chance...

samedi 22 août 2020

Le livre et "l'Intelligence" artificielle


Voilà que les apprentis démiurge de « l’intelligence artificielle » prétendre écrire des livres tous seuls, « presque » aussi bien que des vrais ! Savent-ils ce qu’est un livre ? C’est la pensée d’un auteur, plus ou moins bien exprimée, mais pensée quand-même. Savent-ils ce qu’est la pensée ? C’est la dimension cachée de l’être humain, qui s’exprime depuis son au-delà. C’est l’indiscible qui tente de se faire entendre à travers les mystérieuses particules quantiques de la créature humaine. Croit-on pouvoir brancher un ordinateur sur l’Au-delà ?

vendredi 6 mars 2020

"humain" ?

Il est parfois instructif de voir comment un simple mot en dit long sur la pensée répandue. Un titre de presse : « Un bateau sans humain à bord, etc. » Ce substantif "humain" pour désigner un être humain est d’une laideur insigne. On voit bien qu’il est le fruit abâtardi d’un féminisme un peu étriqué auquel répugne l'emploi du terme "homme". Or, en langue française, qu’on  soit un homme ou une femme, on est homme ! Lorsque, dans la rue, on marche dans une crotte de chien, on ne dit pas qu'il s'agit d'une déjection de canidé. En langue française, qu’on  soit un chien ou une chienne, on est chien ! Mais alors, pourquoi utiliser ce raccourci "humain" au lieu "d'être humain" ? Au moins, aurait-on là un style littéraire louable ! Eh bien ! parce que l’idée "d’être"  sous-entend quelque transcendance ! On se heurte cette fois à l'intransigeance bornée du matérialisme pour qui l'homme est un produit chimique, et rien de plus. Pour qui, également, l'embryon n'est pas un "humain" et ne le deviendra que par décision administrative…! Allez ! le journaliste qui a rédigé ce titre, ou son rédacteur en chef, avait comme souci unique de vendre son journal, et donc de ne froisser aucune susceptibilité, fût-elle des plus sottes.

mercredi 8 mai 2019

Écritures inclusive et exclusives

Ainsi, notre langue française serait exclusive, coupable de pratiquer l’exclusion du genre féminin. Écrire "je vois passer un chat" serait exclusif. Il faut écrire "je vois passer un chat-te"pour n’exclure personne ! Les exemples foisonnent, de ces innovations grotesques. "Dieu a créé l’homme à son image" est exclusif. Les traducteurs ancestraux des Saintes Écritures auraient sans doute dû écrire qu’Il a créé "l’humain"... Délicieux jargon !
Les ayatollahs de ce galimatias brandissent l’argument que l’Académie française aurait enfin homologué ces nouveautés...! Mesdames, lisez d’abord le communiqué de ladite Académie. Vous y trouverez, par exemple, ceci : « ... (le) dictionnaire de l’Académie française, qui n’a pas pour vocation de recenser la pluralité des usages en train de naître ou de se former, mais de dire le "bon usage" dès lors qu’il est établi et consacré. Il est toutefois possible que, lorsque la neuvième édition du dictionnaire de l’Académie sera achevée et entièrement mise en ligne, des révisions puissent être apportées pour intégrer des évolutions confirmées ». Ou encore : « La commission s’est conformée aux méthodes éprouvées à l’Académie, qui a toujours fondé ses recommandations sur le "bon usage" dont elle est la gardienne, ce qui implique, non pas d’avaliser tous les usages, ni de les retarder ou de les devancer, ni de chercher à les imposer, mais de dégager ceux qui attestent une formation correcte et sont durablement établis ». C’est clair : "des révisions pourront être apportées", ce qui veut dire que d’autres ne le seront pas ! On peut sans doute reprocher (amicalement) aux académiciens d’avancer bien lentement, de passer plus de temps à étudier le menu que le mot du jour. L’Académie est une vieille dame qu’il ne faut pas bousculer. Mais, au moins, elle ne fait pas n’importe quoi. Elle n’a pas fermé la porte à l’évolution. Elle est même là pour ça ! Mais elle a laissé un gardien à l’entrée.
J’entendais une conférencière issue de la diversité, comme l’on dit à la télé, nous expliquer que l’écriture inclusive permet de faire évoluer la langue ; qu’une langue qui n’évolue pas est une langue morte. Je remercie nos nouveaux concitoyens de nous apprendre comment écrire notre langue, mais voyez comme nos chers ancêtres ont su la faire évoluer avant vous, avec discernement le plus souvent. Je ne sais si une langue qui n’évoluerait pas serait morte, mais une langue qu’on charcute, qu’on martyrise, qu’on viole, le sera sûrement et rapidement. Une langue est comme un enfant, on le nourrit avec intelligence, on ne le gave pas de sucreries malsaines.

samedi 16 mars 2019

Le livre

Le Figaro du 14/03/2019 écrit : « Les ventes de livres en 2018 n'ont reculé "que de" 0,9%… Mais, le BD et mangas ont progressé de 11%… les "-sciences humaines (écologie, féminisme, changements de société) ont progressé de 4,8% … le fantastique, aussi, fait un bond dans sa tranche ». 
Il faut bien en conclure qu'autre chose a baissé. L'article le confirme : « La littérature générale recule de 5,4% » ! 
Or, selon Valérie Trierweiler dans Paris Match, « Le temps de lecture moyen par Français et par jour est de... deux minutes » ! Étant donné qu'il y a quand-même de nombreux gros lecteurs, cela laisse imaginer le nombre de personnes qui ne lisent jamais. 
Quant au Figaro il conclue : « Le lent effritement du marché est dû à des achats en diminution chez les gros lecteurs ».
Donc, deux phénomènes qui se cumulent, bien que différents : 
1°) Les "gens", comme l'on dit, c'est à dire les lecteurs occasionnels ne lisent plus.
2°) Les gros lecteurs lisent moins.
Jadis, tout le monde lisait un peu, même à la campagne, même les personnes peu instruites. On lisait volontiers le journal qu'on se passait de ferme en ferme. Ou bien l'almanach. Ou bien le bulletin de Monsieur le Recteur. Aujourd'hui le smartphone cannibalise tout le temps disponible. C'est sans doute sans remède.
Quant-aux gros lecteurs, c'est une autre affaire. S'ils lisent moins, n'est-ce pas simplement parce que ce qui leur est offert est de plus en plus médiocre ? Les éditeur et les libraires, plus soucieux de leur chiffre d'affaires que de la promotion des belles lettres, ne s'intéressent qu'à ce qui a été "vu à la télé" quel qu'en soit le contenu, et ignorent superbement quantité d'écrivains, bons mais inconnus. Peut-être n'ont-ils pas le temps de faire le tri, mais le problème est là. 

lundi 4 février 2019

Le livre

Autrefois, un livre imprimé ne pouvait être modifié qu'en réédition. Aujourd'hui, on imprime à la demande. L'auteur est donc fondé à corriger son texte à volonté, l'amender, le compléter, etc. (On imagine "Les misérables" versions 1, 2, etc...?). Quant à l'avènement du livre électronique — inéluctable à terme malgré les réticences actuelles compréhensibles — il bouleversera par sa malléabilité totale le concept du livre, avec en plus le droit de réponse du lecteur !
Mais, si le livre papier doit un jour disparaître au profit de l'électronique, comme la pierre gravée a disparu au profit du papyrus et du parchemin, puis ceux-ci au profit du papier imprimé, j'espère au moins que l'écriture ne disparaîtra pas au profit de l'image fixe ou animée. De même que la parole est le propre de l'homme, l'écriture est la créatrice de sa pensée, et le vecteur indispensable à sa transmission. L'image, même animée (laquelle n'est alors qu'une succession d'images fixes) est figée sur un état, une situation, l'atmosphère d'un instant. Elle enferme la pensée dans ce qu'elle est à cet instant. L'écriture transcende l'image en laissant l'imagination construire celle-ci. Si l'écriture meurt, la pensée mourra, et l'Homme avec.

jeudi 4 janvier 2018

Légitimité

Si vous prétendez écrire un livre sur une religion, mais que vous n'êtes pas un clerc patenté, le grand public ne vous délivrera pas de légitimité, et passera outre. Seuls vous liront les esprits accomplis et cultivés. Ils restent nombreux, Dieu merci. Si vous prétendez écrire un livre sur l'Histoire, mais que vous n'êtes pas un historien médiatisé, le grand public ne vous délivrera pas non plus de légitimité. Mais nombreux resteront les esprits curieux qui y trouveront enseignement. Si vous prétendez écrire un livre qui traite du cosmos, alors que vous n'êtes pas astrophysicien : qui traite de l'infiniment petit, alors que vous n'êtes pas ingénieur atomiste ; qui traite de la vie, alors que vous n'êtes pas biologiste ; qui traite de l'école, alors que vous n'êtes pas enseignant ; qui traite de cuisine, alors que vous n'êtes pas cuisinier ; qui traite de jardin, alors que vous n'êtes pas jardinier ; qui traite de… ; le grand public ne vous délivrera pas de légitimité, et passera outre. Au fond, ce public-là est dans la vie comme à l'école : tant que c'est la maîtresse qui parle, on l'écoute ; sinon… Eh bien ! J'écris pour les gens qui sont sortis de l'enfance !
 https://sites.google.com/site/bernardhuetauteur/
  

samedi 11 novembre 2017

Grammaire Femen

L'adjectif et le sujet doivent être, en français, du même genre (masculin ou féminin) et du même nombre (singulier ou pluriel). L'affaire se complique s'il y a plusieurs sujets mixtes. Il est alors convenu d'accorder avec le masculin qui joue le rôle de neutre : "Les habitants et habitantes de ce pays sont beaux".
Certaines femmes découvrant tout à coup dans cette règle une agression insoutenable contre l'égalité des sexes (?) voudraient imposer que l'on accordât désormais avec le sujet le plus proche : "Les habitants et habitantes de ce pays sont belles".
Le problème est que la courtoisie qui voulait jusqu'alors que l'on plaçât en premier les dames amène à écrire : "Les habitantes et habitants de ce pays sont beaux". Patatras ! L'accord new-look de proximité ne fonctionne plus ! 
Mais il y a plus cocasse. Comment s'en sortir pour écrire dans l'égalité des sexes : "Les beaux habitants et habitantes de ce pays" ?… En nous en tenant sagement à notre belle langue qui, associée à la courtoisie encore, sait écrire : "Les belles habitantes et habitants de ce pays".

vendredi 10 novembre 2017

"Écrivaine", "auteure"…


"Écrivaine", "auteure", quelle horreur que ces mots !  Ce n'est pas en fabriquant de tels substantifs et adjectifs monstrueux que les défenseurs de la condition féminine — contre quel assaillant, d'ailleurs ? — vont résoudre leur problème. Car, c'est justement parce que personne n'a en tête de brimer les uns, les unes ou les autres que les mêmes mots, "écrivain", "auteur", désignent indifféremment un homme ou une femme. Et c'est, à l'inverse, en leur affectant un vocabulaire spécial que l'on ghettoïse les femmes, ce qui est un comble ! La littérature ne se mêle en rien du sexe de l'auteur. Les belles lettres sont féminines autant que masculines. Faudra-t-il désormais que l'écrivain masculin trempe son plume ?

lundi 23 octobre 2017

Laïc ou laïque

Une divergence de vues m'opposait récemment à un correspondant sur Internet, au sujet de l'usage des mots laïc et laïque. Fallait-il dire "un État laïc, ou un État laïque ?
J'ai donc posé la question au service du Dictionnaire de l'Académie française. Voici les éléments de la réponse :
"On écrit un État laïque. 
LAÏC adj. m. Autre forme de Laïque, qu'on rencontre surtout lorsque ce mot est employé substantivement. 
LAÏQUE adj. (au masculin, on écrit quelquefois Laïc). Emprunté du latin ecclésiastique laicus, de même sens. À l’origine, il n’y avait qu’un seul mot laïc, dont le féminin était laïque. Mais ces deux formes ont été prises pour deux mots différents."
Tout s'explique. À l'origine, il y avait des clercs — les prêtres, les religieux — et il y avait les laïcs — les autres —. Et, parmi ces autres, il y avait les anticléricaux, les pourfendeurs des écoles chrétiennes, les combattants de l'école laïque (au féminin), "la laïque". Quand il s'est agi, pendant la Révolution, d'interdire aux religieux — les clercs — de faire partie du gouvernement de la République, ceux-ci se sont trouvés devant le dilemme cruel de qualifier la République de laïque, mais l'État de "laïc" ! On n'allait tout de même pas affubler l'État républicain du même qualificatif que les calotins laïcs ! Mais on ne voulut pas non plus abandonner le terme de "laïcité" qui sonne si bien ! Alors, on forgea un nouveau mot, à la fois masculin et féminin, à la fois substantif et adjectif : "laïque", en en réservant l'usage à César, et en priant Dieu de se contenter de "laïc". 
C'est ce que l'Académie révèle pudiquement en disant : "ces deux formes ont été prises pour deux mots différents".
Voilà pourquoi, pour ma part, je continuerai d'écrire le français dans sa logique originelle : "laïc" au masculin, "laïque" au féminin, une République laïque, un État laïc, n'en déplaise aux "laïcards" (et non pas "laïquards")...