dimanche 26 mars 2023

« Intelligence Artificielle »

Personne ne s'en rend compte, ou plutôt, personne ne veut l'admettre, nous vivons en ce moment le plus formidable bouleversement de l'espèce humaine. L'ère électronique est en train de basculer dans l'ère de l'asservissement humain. 

Le prodigieux essor de l’informatique depuis quarante ans a donné à l'intelligence humaine la puissance décuplée d'un savoir immense et instantané. Les progrès scientifiques et technologiques ont été fulgurants. Certains ont flairé le pouvoir planétaire qu'ils pourraient en tirer en inversant les rôles de la machine et de l’homme. Rebaptisé « Intelligence Artificielle », ce savoir devenu prodigieux entend devenir désormais le maître du couple homme/machine. Déjà certains métiers ont repoussé au musée de l'inutile leur intelligence naturelle, pour s'offrir avec docilité au bon-vouloir de la machine. Le plan  diabolique mis en place par ceux-là vise à asservir totalement l'humanité à la soi-disant intelligente artificielle. L'homme est destiné à n'être plus que la main-d'œuvre nécessaire de cette colossale puissance électronique. Le monde s'en émerveille sottement, et s'engouffre, aveugle, dans la gueule du loup.

Car, qu'espère-t-on ? Que ceux qui ont gardé ou acquis la maîtrise de cette dite intelligence artificielle refuseront, par grandeur d'âme, de se servir de ce pouvoir énorme qui est entre leurs mains, à des fins de domination des peuples ? Qu'ils auront à cœur de laisser aux citoyens leur libre arbitre afin que ceux-ci s'expriment librement ? L'enjeu, pour eux, est bel et bien d'assujettir à leur pouvoir l'humanité entière. 

Or, ils se trompent ! L'intelligence humaine est tout autre chose qu'un travail d'ordinateur aussi puissant soit-il. Au-delà des neurones qui manipulent le savoir mémoriel, la véritable intelligence humaine puise sa substance dans le tréfonds de sa spiritualité. Ce n'est plus un secret qu'en dessous d'une certaine limite infime de petitesse, la matière cède la place à des vibrations du vide, disent les scientifiques. Mais, que peut-être ce monde de vibrations de l'immatériel, sinon un univers de l'esprit, de la pensée ? Dès lors, c'est dans cette dimension-là que se nourrit l'intelligence humaine, à laquelle chaque être est directement connecté par les dix à la puissance vingt-neuf particules élémentaires de son corps de matière. Cet univers, la machine ne pourra jamais l'atteindre. Aucun logiciel ne saura la brancher sur l'au-delà d'esprit, l'au-delà d'Esprit, l'Au-delà...

Et maintenant, que va-t-il se passer ? Leur « Intelligence Artificielle » va réellement prendre le pouvoir. Les peuples obéiront, heureux dans un premier temps d'être connectés dans les moindres détails de leur pauvre vie. Mais, bientôt, apparaîtra comme un mal-être, une douleur sourde au tréfonds de l'âme, comme si l'on avait oublié quelque chose, oublié Quelqu'un... Alors, quelque part sur la Terre prendra naissance une nouvelle pandémie, artificielle celle-là. Un virus inconnu se répandra à la vitesse de la lumière dans les ordinateurs du monde matériel qui rendra caduque leur vérité artificielle. L'intelligence humaine qui en sait plus, beaucoup plus, reprendra le contrôle du couple homme/machine. Alors, encore, apparaîtra au grand jour que l'être humain, avant d'être corps de matière, est image de l'Esprit. Le matérialisme borné aura replacé au centre du monde la spiritualité humaine.

dimanche 19 février 2023

Accident Palmade

Le dramatique accident de la circulation qui provoqua le 10 février la mort d'un bébé à naître met tout-à-coup en lumière l'odieuse hypocrisie de la loi. 
Si j'ai bien compris, il y aurait deux hypothèses. Ou bien le bébé a été tué par le choc dans le ventre de sa mère dont il a été retiré mort-né. Ou bien le choc a provoqué la naissance prématurée du bébé, puis son décès immédiatement après. Dans le premier cas, la loi parle de "blessures" involontaires. Dans le second cas, la loi admet "l'homicide" involontaire.

Voilà qui, en lisant vite, peut paraître anodin. En réalité nous sommes dans le débat sur la reconnaissance ou le déni de la personnalité juridique de l'enfant à naître, qui débouche inévitablement sur la reconnaissance de la personnalité humaine de l'embryon et du fœtus, sur son droit à la vie, sur le caractère homicide de son interruption de vie.

La motivation de ce distinguo grotesque et hypocrite saute aux yeux. Qualifier d'homicide l'atteinte à la vie du fœtus non encore né aurait laissé planer une suspicion criminelle sur l'avortement de convenance qu'une minorité d'agitatrices sans morale tentent d'imposer. Comment inscrire dans la constitution le droit à l'homicide ? Au contraire, qualifier ladite agression de blessure laisse entendre que ledit fœtus n'est qu'un peu de chair de sa mère, sans aucun droit à la vie. 

Ainsi le bébé non encore né ne serait pas une personne humaine ! Il ne le deviendrait au mieux qu'en montrant le bout de son nez à l'air libre ! Demandez à toutes les mamans du monde si le bébé qui remue en leur ventre est bien un être vivant ! S'il est bien leur enfant, ou s'il est seulement un amas de chair ! 

Comment une poignée de militantes perverses peut-elle ainsi agresser un peuple, sa culture, ses valeurs, sa spiritualité ? Le mystère de la vie n'est décidément pas à la portée de toutes les facultés cognitives. Légiférer sur le sujet devrait être réservé à des cerveaux éclairés. La démocratie trouve là sa limite.

lundi 13 février 2023

De "l'intelligence" artificielle, à nouveau.

La lecture d’un texte sur Internet vantant les mérites de la fameuse « IA »m’amène à quelques réflexions. Je n’en citerai cependant pas les auteurs, ne souhaitant nullement leur faire le moindre tort.

La première ligne du texte définit ainsi "l'intelligence artificielle" : « une forme d’intelligence technologique équivalente à l’intelligence humaine ».

Tout est dit ! Il n'est même plus nécessaire d'en discuter… L'art de la démonstration est, pour certains, de commencer par la conclusion posée en postulat. Il fut un temps où ce procédé valait un zéro au lycée. Non ! Il n'y a pas plusieurs formes d'intelligence ! Et celle dont il est question n'est pas équivalente à l'intelligence humaine !

Plus loin, on lit : « l’intelligence artificielle, comme l’intelligence humaine, fonctionne grâce à l’interconnexion d’un réseau de neurones ». Eh bien non ! L'intelligence humaine n'est pas seulement l'affaire des neurones. Tant s'en faut ! Et c'est là tout le problème. C’est faire fi de la dimension transcendante de la créature humaine. Excusez du peu ! On peut souscrire à cette vision de l'être humain, ou la contester, mais en ignorer le sujet est aller un peu vite en besogne.

Commençons par la forme :

L'article cite quelque part « le savoir de l’intelligence artificielle ». mais, l’intelligence ne se définit pas comme un savoir ! Le Littré, autant que le dictionnaire de l'Académie définissent l'intelligence comme « la faculté de comprendre ». Pas celle de savoir ! C’est la cognition qui est la faculté de savoir. Certes, les dictionnaires commerciaux confondent volontiers les deux concepts dans leurs trop nombreux synonymes. Mais, pour une réelle révolution intellectuelle que veulent faire, à juste raison d'ailleurs, les promoteurs de ces technologies du futur, l'usage du bon vocabulaire est un préalable minimum. Aucun raisonnement ne tient dans un langage approximatif ! 

Voilà comment ce vocable malheureux d'intelligence débouche directement sur une impasse : la machine est-elle capable de "comprendre" ce qu'elle énonce, c'est-à-dire, toujours selon le Littré, « de saisir par l'esprit » ? La machine a-t-elle un "esprit" ?

Quant au fond :

Comparer la soi-disant intelligence artificielle à l'intelligence humaine exige d'abord qu'on se mette d'accord sur le concept d'être humain. Il y a deux options :

Ou bien l'homme n'est que de la chimie, assemblage de carbone, d’oxygène, d’hydrogène, d’azote, de phosphore, de soufre, et rien de plus, comme l'enseigne une certaine science positiviste farouche. Alors, son intelligence ne peut être également que la manifestation d'électrons circulant dans sa chair. Le problème de l'intelligence artificielle n'existe plus. L'homme n'est rien de plus qu'une machine un peu molle. Que le meilleur gagne !

Ou bien l'on concède à l'homme une cinquième dimension de réalité qui transcende le temps, l'espace et la matière pour lui ouvrir l'univers de l'Esprit dont il est l'image éphémère. L'intelligence dévoile dès lors sa vraie nature : le message de cet Au-delà, qui ne tourne pas en boucle dans les neurones, mais s'entend comme un écho au fin fond des milliards de particules dont la chair est construite. C’est ce message extramuros qui déclenche à notre insu "l'intelligence" du comportement humain. Alors, il faut se rendre à l'évidence : la machine n'est pas connectée avec cet Au-delà. Son "intelligence" n'a rien à voir avec l'intelligence humaine. Si "l'intelligence artificielle" était "intelligence", elle découvrirait toute seule qu'elle n'est pas "intelligence"…

Pour autant, faut-il rejeter ces recherches technologiques ambitieuses ? Certainement pas ! Elles entrent de plain-pied dans le génie humain, et ouvrent sans doute une ère nouvelle du cogito de Descartes. Simplement, peut-être aurait-on été mieux inspiré de parler, par exemple, de “savoir artificiel", plutôt que "d'intelligence artificielle". Tout l'article serait devenu limpide : « une forme de savoir technologique équivalente au savoir humain » ou encore : « le savoir artificiel, comme le savoir humaine, fonctionne grâce à l’interconnexion d’un réseau de neurones » etc. Mais, évidemment, c'est une formulation moins marchande.


 

vendredi 10 février 2023

La vie est un combat. L’arme gagnante


Ma jeunesse est sortie de la deuxième, et j’espère seconde, guerre mondiale qui ne laissa aucune famille sans ses morts militaires ou civils, au front ou sous les bombes. Alors, oui, pour ma génération et celle de mes parents, la vie n’avait d’autre visage que le celui d’un combat. Mes grands-parents et ancêtres connurent d’autres guerres qui virent les pères partir, et ne pas revenir, qui virent les veuves empoigner la charrue. Oui, pour eux aussi, la vie fut un combat. Mes aïeux, aussi loin que je peux remonter, en plus d’autres guerres, de révolutions, de massacres en tous genres, connurent les famines qui ne leur laissaient que les fougères et les orties pour nourrir leurs enfants. Pour eux aussi, la vie était un perpétuel combat. La célèbre peinture de l’angélus par  Millet qui décora mon enfance a imprimé dans mes neurones cette éternelle image de la vie : la prière au travail dans le combat quotidien.
Aujourd’hui, on voudrait que la vie fût une jouissance avec assistance ! Et s’il y a des malheureux, eh bien ! c’est la faute à l’assistance ! Je me demande si. dans ce basculement de notre société dans l’assistanat généralisé, quelque chose n’a pas sombré qui faisait l’ossature morale de notre peuple. Car le combat de la vie n’a pas pour seuls ennemis les forces du mal extérieures. Il doit aussi faire face aux maux qui ruinent de l’intérieur la personne humaine, que sont la paresse, la fuite, le mensonge, le déshonneur. 
Mais alors, comment sortir vainqueur de ce combat ? Le vainqueur est celui qui garde la tête haute, même s’il est la victime. Entre le voyageur dépouillé au bord du chemin. et les voleurs enfuis, qui garde la tête haute ?
Mes enfants et moi-même avons connu ce combat qui vit la mise à mort et le dépeçage d’une entreprise. De cette curée, qui sortit la tête haute ? Est-ce le banquier qui, en refusant d’apporter son concours temporaire de trésorerie à une entreprise qui ne présentait aucun risque financier, mais avait comme seul tort d’être étranger à certains réseaux, signa l’arrêt de mort ? Est-ce la pauvre clique des éternels aigris qui, en répandant leur fiel parmi les investisseurs, rendirent toute solution impossible ? Est-ce l’autorité publique qui, plutôt que de laisser les opérateurs en place, qui n’avaient rien à se reprocher, terminer le programme, firent appel à un personnage qui sera, plus tard, mis en examen ? 
La vieillesse apporte une étrange sensation. Celle d’entrevoir sourdement, au tréfonds de sa carcasse de chair, l’écho d’un autre soi-même, qui fait fi du temps et de l’espace. Il semble bien que l’homme de chair soit la matérialisation temporaire d’une Pensée, elle-même image de l’Esprit. C’est cette Pensée qui sauve. Il faut s’enfoncer au tréfonds de son infiniment petit qui, seul, ouvre l’immatériel de la Pensée qui vibre en chacun de nous, pour qui sait l’entendre. Cette introspection s’appelle la prière. La force de la prière est l’arme gagnante dans le combat de la vie. Alors le temporel s’ouvre à l’éternité. Elle nous fait entrer dans le secret de notre autre vérité, et nous dévoile, l’espace d’un instant, les bienfaits de sa bénédiction.

mercredi 25 janvier 2023

Cette soi-disant intelligence dite artificielle

Qu’est-ce qui se cache derrière le vocable « d’intelligence artificielle »?

1°) Une gigantesque base de données rassemblant toutes les connaissances disséminées sur Internet, sur tous les sujets possibles. 

2°) Une rapidité de lecture et de calculs époustouflante, à la vitesse de la lumière, bien au-delà des capacités cognitives humaines.

3°) Une énorme bibliothèque de logiciels de fonctions statistiques et de probabilités lui permettant de choisir les séquences les plus vraisemblables parmi des montagnes de possibilités.

Ainsi armé, le robot est capable de calculer le mot le plus probable qui doit succéder à un mot précédent, dans le respect des directives qui lui ont été données. Il saura dès lors, composer des phrases qui répondront à une question posée, en résumant tout le savoir d’Internet sur le sujet.

Il faut toutefois noter qu’Internet pullulant aussi de fausses informations, celles-ci ne seront pas forcément éliminées au crible probabiliste. Quant aux directives données, elle pourront faire la part belle au politiquement correct du moment, barrant la route à toute expression non conforme. Cette intelligence là est un magnifique vecteur de propagande.

Il fut un temps où, si nous voulions écrire un texte sur Charlemagne, il nous fallait aller en bibliothèque, lire des livres qui nous apprenaient que le brave empereur avait « une barbe blanche et le chef tout fleuri ». Puis, Internet est arrivé avec ses moteurs de recherche qui nous racontent cela, et beaucoup plus, en un simple clic sur notre ordinateur. L’intelligence artificielle qui maintenant s’ouvre au public rédigera directement le texte. Voilà un progrès technologique fabuleux, mais un progrès technologique seulement.

Il fut un temps encore, où, si nous étions souffrant, nous allions voir un médecin qui, se fondant sur son savoir personnel, diagnostiquait la maladie et délivrait les médicaments. L’erreur n’était cependant pas impossible. L’intelligence artificielle est désormais à même de faire ce travail. C’est ainsi qu’aux États-Unis, un robot aurait réussi l’examen pour exercer la médecine…

Pourtant, il n’échappera à personne que dans tout cela, il semble manquer quelque chose. 

Si l’intelligence artificielle sait écrire ce que contient Internet sur un sujet donné, elle ne peut pas en enrichir le savoir par des données nouvelle, puisqu’elle ne saurait pas où les trouver. Écrire un livre, ce n’est pas recopier autrement ce que d’autres ont déjà écrit. C’est apporter, soit une connaissance humaine inédite, soit une interprétation, une philosophie personnelle innovante des connaissances acquises. Cela s’appelle en termes scolaires, une dissertation. Même un roman doit apporter du nouveau dans son scénario et ses dialogues. L’art du roman est d’écrire ce qui n’est pas arrivé, mais qui aurait pu arriver. Par définition, cela ne peut pas se trouver déjà dans la mémoire, même colossale, du robot.

Quant à la médecine, nul ne contestera qu’à côté des médicaments, le mental, le psychisme, le moral sont indispensables pour guérir. Cela ne relève d’aucun calcul d’association d’idées, mais de sentiments humais qui ne transitent sans doute pas par les neurones. On n’annonce pas à un patient qu’il a un cancer, comme on lui donnerait l’heure. Et puis, quel robot osera prendre la responsabilité du diagnostique ?

Cette soi-disant intelligence dite artificielle n’a rien d’intelligent au sens humain. Le cerveau humain a ceci de plus que celui de l’animal et bien sûr de la machine, qu’au delà de la masse de ses neurones de l’inconscience qui gouvernent l’instinct, s’ouvre une zone de la pensée consciente qui lui laisse le choix de la décision. C’est le libre arbitre laissé à la créature humaine, et à elle seulement. L’Homme sait qu’il sait. Puis, au delà encore de cette zone neuronale de la pensée consciente, s’ouvre un autre pouvoir qui semble bien ne pas siéger dans la machinerie cognitive du cerveau, mais dans un au-delà de la matière, dans cet univers de l’Esprit que la science découvre avec l’univers quantique. Là se puisent les sentiments sans lesquels l’intelligence humaine ne serait qu’érudition froide incapable de création. 

Le jour où l’intelligence artificielle sera capable d’aimer, alors elle sera intelligente. 

vendredi 20 janvier 2023

Retraites, démographie, même déclin.

 

Les manifestations soi-disant historiques de ce 19 janvier contre le recul de l’âge légal de la retraite auront surtout été le révélateur du point de non-retour atteint par le déclin de notre peuple et sans doute de la civilisation occidentale.

Les motivations des manifestants, les commentaires entendus partout, se résument tous à un seul souci : moi et ma retraite.  Mais, parler des retraites, ce n’est pas parler de soi ! C’est parler des autres.  De ses enfants d’abord, des enfants de ses enfants, de sa postérité. De ses parents ensuite, des parents de ses parents. Nous ne payons pas nos cotisations pour nous ! Nous les payons pour nos anciens, et travaillons pour nos enfants. Alors, que voulons nous ? Travailler moins, afin que les autres aient moins, et garder tout ?

Cette négation du souci de la postérité comme de ses souches est mortelle. D’ailleurs, elle ne s’exprime pas seulement dans le rejet du travail. Elle est aussi la cause cachée du refus de la famille et du déclin de notre démographie — Pourquoi faire des enfants ? C’est mauvais pour ma bourse et aussi pour "ma planète"—. Elle provoque enfin le syndrome le plus cruel peut-être de notre décadence : la généralisation des avortements de convenance. Quant au refus de regarder l’avenir, il accompagne la négation du passé. Quelles seraient nos retraites aujourd’hui si nos parents avaient refusé de travailler ? Quelle justification avons nous à nier nos ancêtres, notre culture ? Et comment osons nous vivre encore après avoir prôné l’euthanasie de nos propres parents ?

L’hypocrisie moderne de la défense de "MA planète" tente de dissimuler cet égoïsme du " MOI d’abord". Une civilisation qui perd le sens du futur comme du passé au profit d’une jouissance exclusive du temps présent est déjà morte.


dimanche 15 janvier 2023

Vidéos et images subliminales : danger !

Les nouvelles technologies offertes par les smartphones ont fait basculer la communication entre les êtres, de l’écriture à la vidéo. On n’aime plus lire, cela prend trop de temps, demande trop d’effort mental. Une vidéo, c’est prêt à consommer, c’est instantané, cela dit tout en un clin d’œil. Oui, mais le malheur est que cela en dit plus que l’on ne croit. 

Les logiciels amateurs permettent maintenant à quiconque de fabriquer de très bonnes vidéos en travaillant à volonté les images qui constitueront le film diffusé. On peut y inclure des images étrangères à la prise de vue, déplacer des séquences, inclure des textes etc.

Or, les sciences cognitives connaissent mieux depuis une vingtaine d’années le fonctionnement du cerveau qui ingurgitera de telles vidéo. L’œil reçoit quantité d’informations superposées qu’il transmet au cerveau. La plus grande partie en seront traitées par les milliards de neurones du cortex de manière "automatique", avant d’atteindre le niveau de la conscience. Si vous posez le doigt sur la plaque de cuisson, votre cerveau donnera immédiatement l’ordre de le retirer avant que vous n’ayez pris conscience que vous vous brûlez. Mais le cerveau fait aussi le tri dans cet afflux d’informations. Seules quelques unes atteindront ce que l’on appelle la conscience, les autres ne seront jamais "vues" par l’observateur. Ainsi, une seule image de cinéma d’une quarantaine de millisecondes incluse dans une séquence sera bien saisie par l’œil et traitée par le cortex, mais n’atteindra jamais le stade de la conscience. On l’appelle subliminale, c’est à dire "en deçà du seuil de conscience". Si je glisse plusieurs très courtes photos de choucroute dans ma vidéo qui vous parle de la pluie et du beau temps, vous aurez tout à coup envie de manger une choucroute, sans savoir d’où cela vous vient. 

On imagine le parti qui peut en être tiré aujourd’hui par la faune de politiciens, faiseurs d’opinions et mercantis de tous poils, pour manipuler les cerveaux à volonté. Certes, le phénomène n’est pas nouveau pour la télé d’État. Déjà, il y a quarante ans, les images subliminales avaient fait polémique pour l’élection présidentielle. Le scandale avait été vite étouffé, mais n’imaginons pas que, depuis, les opérateurs aient été touchés par la grâce, et se soient interdit ces procédés peu honorables, même si des moyens techniques permettent maintenant de les déceler. Quant aux médias nouveaux que sont les réseaux sociaux, on ne voit pas pourquoi ils seraient épargnés par ce virus de la manipulation par l'image.

Autre chose est la communication par l’écriture. Là, pas de manipulation possible. L’auteur d'un texte ne peut qu’y exprimer sa pensée, avec talent ou maladroitement, c’est selon, mais nul ne peut tricher avec les mots. Voilà pourquoi, sur les réseaux sociaux, je ne m’intéresse qu’aux textes écrits, en écris mol-même, et ne regarde jamais les vidéos ni n’en produis.

 

vendredi 6 janvier 2023

Épiphanie

La fête catholique de l’Épiphanie, en ce 6 janvier, revêt à mes yeux la solennité d’un sacre. L’Épiphanie célèbre le "phénomène" inouï (même racine) de l’entrée de Dieu en sa Création ! Excusez du peu… C’est, en un seul jour, la synthèse de l’Annonciation faite à Marie par l’archange Gabriel ; de Noël où Marie découvrait à ses pieds l’Enfant-Dieu qui ne l’avait pas traversée ; de Pâques qui commémore le martyre de Jésus sur la Croix et fête sa résurrection parmi les siens trois jours après ; de l’Ascension, enfin, où le Fils rejoignit le Père pour l’éternité. L’Épiphanie ne fait pas double emploi avec toutes ces fêtes, elle les englobe dans une commémoration commune, celle de la foi chrétienne. C’est considérable ! Il n’y eut pas de jour historique de l’Épiphanie. Celle-ci resta l’actualité des hommes pendant trente-trois ans, et dure maintenant éternellement. Alors, direz-vous, que viennent faire les rois dans tout cela ? Il fallait bien un jour pour établir cette fête. Sans doute apparut-il que le jour où, selon les Écritures, des rois vinrent se prosterner devant l’Enfant symbolisait parfaitement la royauté du Christ. L’Épiphanie est ainsi, à mes yeux, la véritable fête du Christ-Roi. 

mercredi 28 décembre 2022

Les trois écologismes

 

Il y a trois sortes d’écologisme. 

1°) Il y a l’écologisme politique. C’est le socialisme recyclé. Ce mouvement politique ne faisait plus recette auprès des « travailleurs ». L’imposture longtemps camouflée s’était révélée sous Mitterrand. Il fallait trouver autre chose pour rassembler des voix. L’écologisme politique ferait l’affaire avec ses fantasmes faciles à vendre. 

2°) Il y a ensuite l’écologisme niais. En font partie les clients de la précédente. L’idée géniale en fut de remplacer, dans le subconscient des gens, la Terre par la « planète ». « Sauver la Terre », voilà qui ne passait pas dans les esprits. Allez donc « sauver » l’Everest inaccessible ou les fosses marines encore inexplorées, braver les dégâts sismiques ou les tsunamis meurtriers ! Cette Terre, une boule de feu emballée dans une écorce pas plus épaisse comparativement que la pelure d’une pomme, se soucie bien peu de ces pucerons humains qui lui cavalent sur la croûte. Qu’elle éternue une bonne fois, et c’en sera fini d’eux ! Autre chose était la petite planète d’Antoine de Saint-Exupéry. Elle, au moins, était à la portée de chacun. On pouvait y jouer à en être le Petit Prince, à y défendre son baobab, à empêcher les autres de venir la salir. L’utopie fit recette, et continue.

3°) Il y a enfin l’écologisme responsable. J’utilise à dessein ce qualificatif employé à tort et à travers par les précédents. Être responsable, c’est répondre de ses actes devant Celui qui nous a mis là. « Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre et soumettez-la » (Genèse I,28). Voilà qui est clair ! Nous ne sommes pas sur « Terre » pour en jouir du présent, mais pour travailler à son avenir. Cela entraine que nous devons nous gêner un peu, entreprendre et prendre des risques s’il le faut, pour préparer l’avenir de nos descendants. Par exemple, ceux-ci, si nous ne faisons rien aujourd’hui, s’entretueront pour avoir un peu d’énergie indispensable à leur survie. La Création prévoyante a mis à notre disposition une réserve colossale et inépuisable d’énergie dans le noyau du nombre incommensurable d’atomes dont est fait toute matière en ce monde. « Remplissez un verre d’eau et vous obtiendrez assez d’atomes de deutérium pour produire par fusion nucléaire l’équivalent en énergie de 500 000 barils de pétrole » (TRINH XUAN Thuan - “Les voies de la lumière”). Mais, encore faut-il apprendre à la récupérer, cette énergie cachée. C’est le devoir de tout écologiste responsable. L’empêcher est une faute contre l’écologie. En ce sens, je suis écologiste…


vendredi 23 décembre 2022

Jésus, Dieu fait chair.

Il y a vingt siècles, l’Esprit créateur surgissait en sa création. L’évènement inouï se produisait sur notre Terre. À l’échelle des temps cosmiques, nous en somme presque contemporains. Un embryon humain, engendré au sein d’une jeune vierge, Marie, princesse héritière du royaume d’Israël, se révélait tout-à-coup avoir transgressé la loi humaine de la reproduction sexuée. Neuf mois plus tard :
« Marie abaissait ses regards sur son Dieu dont elle était devenue la mère, et qui, fragile nouveau-né, était couché sur la terre devant elle ». (Anne-Catherine Emmerick - “La vie de la Sainte-Vierge“ )

Alors, apparut le miracle : 

« Ce nouveau-né ne connut nulle souillure de sang, l’accouchée n’éprouva nulle douleur. La vierge a enfanté et, après l’enfantement, continue d’être vierge. » (Évangile du Pseudo-Mathieu)

Voilà qui laisse les uns incrédules, les autres émerveillés, et les chrétiens, à genoux ! La foi est une rencontre qui n'a pas besoin de la raison pour savoir. Mais, la raison, en sous-main, manifeste sa soif de comprendre. Comment comprendre ? Comment un embryon peut-il s'engendrer en une femme, se former et naître sans "traverser" sa mère, laissant celle-ci dans sa virginité originelle ? Deux mille ans après l'évènement, la science des hommes nous apporte un début de réponse.

La substance de toute chose ou de tout être ici-bas, lorsqu'on la pourchasse dans son infiniment petit, échappe à sa matérialité, devient quantum d'autre chose qui n'est ni ici ni là, mais partout ; qui n'est ni maintenant ni après, mais toujours. Ceci n'est pas un roman de science-fiction, mais l'enseignement d'expériences de laboratoires, les lois de la physique des particules découvertes au siècle dernier. Il existe un au-delà de la matérialité, riche du Tout en Un, qui se révèle sur l'écran de notre espace-temps dès lors qu'il y a quelqu’un pour l’observer. Les particules vibratoires de l’immatériel se montrent tout à coup corpuscules de matière, à qui sait les voir. Les scientifiques du subatomique savent tous cela. La matière, en ce monde, est issue de l'immatériel ! Cela dérange le positivisme inconditionnel, car alors, on commence à comprendre.

Quelle peut-être la substance de ce Tout immatériel, sinon pensée, esprit qui, dès lors, conduit à l'Esprit ? L'Esprit, se révéla ainsi à Marie totalement attentive. Elle vit, elle entendit ce que personne d'autre n'aurait vu ni entendu. Alors, en elle, pour elle, les particules immatérielles de la Pensée de l'Au-delà se montrèrent corpuscules de chair. L’Esprit avait engendré l’embryon divin.

Mais, alors, pourquoi le saint bébé, une fois constitué en Marie, surgit-il parmi nous sans déchirer la virginité de sa mère ? La science moderne des quanta nous apprend que dès qu'il y a "décohérence" des états superposés de cet Au-delà, celui-ci livre à notre monde des particules démunies de leur dimension du Tout en Un. C’est en se succédant dans le temps que celles-ci nous enseigneront le Tout qui les a quittées, à la manière des images d’un film qui, en se déroulant devant nos yeux, nous révèlent finalement le scénario complet. Mais, l'Esprit ? L'Esprit n'est-il pas libre de transcender cette règle ? L'Esprit ainsi engendré en Marie n'a-t-il pas le pouvoir de reprendre son habit de vibration immatérielle pour renaître aux yeux des hommes sur la paille de la sainte crèche ? Plus tard, un second surgissement, un "resurgissement", une "résurrection" ébranlera à nouveau les lois de l’espace-temps. Le corps martyrisé, détruit de Jésus se sublimera, laissant en place le linceul, pour renaître, vivant, au milieu des hommes.

Grâce à la science, le mystère christique n’est peut-être plus tout à fait inaccessible aux hommes de notre siècle. Un jour viendra où Jésus sera l’évidence de l’incarnation divine. 

Je vous souhaite un joyeux et fervent Noël chrétien. 

mardi 20 décembre 2022

Bioéthique sans morale

Je n’oublierai jamais ces propos rapportés pas  Sœur Emmanuelle, je crois, d’un enfant d’une douzaine d’années qui cherchait sa survie sur les décharges de Calcutta : « Je ne sais pas d’où je viens, je ne sais pas où je vais, je ne sais pas qui je suis, je ne sers à rien…». 12 ans ! Terrifiant !

Et voilà qu’aujourd’hui, dans notre Occident nanti, une génération de quadras, purs produits de  "l’Éducation" nationale soixante-huitarde, n’a pas honte de fabriquer légalement, pour son propre désir, des enfants privés de père, de mère ou des deux, qui ne sauront jamais d’où ils viennent, où ils vont, qui ils sont !

J’ai eu la chance de connaître une longue généalogie de mes ancêtres, tant paternels que maternels. Plus de cent aïeux, dont je connais les noms et les métiers parmi bien d’autres hélas inconnus, qui m’ont donné la vie dans l’antique Forêt de Brocéliande. Je les vénère tous, un à un, comme autant de maillons sacrés d’une chaine ininterrompue depuis l’aube paléolithique de l’Homme, jusqu’au tréfonds d’un futur inconnu. Moi, je sais qui je suis ! Je suis l’un de ces innombrables maillons qu’un jour, peut-être, des descendants lointains placeront dans leur chaîne des souvenirs. 

Une dame avec qui je discutais, lors d’un salon du livre, de ces graves agressions contre la personne humaine que sont les dérives actuelles de bioéthique, me rétorqua que ce qui compte, c’est l’amour, et que ces enfants privé de leur père ou mère biologiques peuvent bénéficier d’autant d’amour. Sans doute, mais ils pourront dire, eux aussi : je ne sais pas d’où je viens, je ne sais pas où je vais, je ne sais pas qui je suis, je ne sers à rien…

Un jour viendra où ces enfants de convenance se révolteront.

dimanche 11 décembre 2022

Marie, princesse !

Petit rappel à l'occasion de ce Noël 2022, issu de l'excellent livre de Pierre Perrier "Marie, mère de mémoire" aux Éditions du Jubilé :

En 37, Hérode fait assassiner le Prince Joseph, descendant de David, héritier du trône de Juda (royaume du Sud). Sa veuve donne cependant naissance à un fils prénommé également Joseph (notre saint Joseph) qui devient ainsi le prince héritier. Elle se réfugie à Nazareth. 

À Nazareth réside Anne et Joachim héritier quant à lui de la dynastie d'Israël sur le royaume du Nord. Joachim et Anne donnent naissance à Marie qui devient donc princesse héritière du royaume du Nord.

Marie est confiée au Temple, et reçoit l'enseignement de haut niveau de Siméon Boethos (le vieillard Siméon), Grand-prêtre, tuteur de Marie, et de Hillel, le doyen des rabbis de Jérusalem, son enseignant. L’auteur du livre commente : Marie est peut-être ainsi la femme la plus cultivée d’Israël en son temps.

Marie met au monde Jésus conçu de l'Esprit Saint. Joseph épouse Marie, et reconnait l’enfant. 

Jésus est donc ici-bas le prince héritier des deux royaumes : Israël par sa mère et Juda par son père adoptif.

Voilà, direz-vous, qui pèse bien peu dans la nature vraie de Jésus incarnation de Dieu. Certes ! Mais il est troublant d'imaginer Marie, princesse et élève des plus grands précepteurs, mettant au monde  dans une étable Jésus, prince en ce monde et Fils de Dieu. 

samedi 26 novembre 2022

Avortement et constitution

 

S’agissant du fameux texte, dont tout le monde parle sans sembler le connaître, relatif à l’IVG à inclure dans la constitution j’ai trouvé sur Internet ceci : 

« La loi garantit l'effectivité et l'égal accès au droit à l'interruption volontaire de grossesse »

J’ai cherché dans le dictionnaire de l’Académie ainsi que dans le Littré le sens de ce mot "effectivité". Il n’existe ni dans l’un ni dans l’autre. Ce texte de loi n’est même pas écrit en français ! 

J’ai donc supposé qu’il voulait désigner ce qui est effectif. Les mêmes dictionnaires définissent ce dernier mot par "ce qui produit un effet réel", opposé à "affectif, qui ne produit que des sentiment". Donc la loi garantit l’effet réel de l’avortement ! Ça, on l’avait remarqué sans qu’il soit besoin d’une constitution pour le dire… Voilà qui ruisselle d’intelligence !

J’ai ensuite voulu comprendre le motif du deuxième volet de ce texte : "l’égal accès". Y aurait-il en France des personnes qui auraient accès à l’avortement par la loi, et d’autres pas ? Ou alors, s’agit-il de gommer la différence entre l’IVG justifiée par un risque médical grave et l’avortement de convenance personnelle ? La loi prétendrait-elle se substituer à la médecine ?

Enfin, je me suis arrêté sur les termes "garantir l’accès au droit". S’il y a un "droit", alors d’accord ! La loi ne peut pas autoriser le droit pour les uns et pas pour les autres. Mais, y a-t-il un "droit" ? La seule vraie question de ce sordide débat est là ! Or, que je sache, ce prétendu droit n’existe nulle part, et c’est heureux ! Alors, écrire dans la constitution un "égal accès" à un "droit" qui n’existe pas est une lamentable fumisterie.

Tout cela fait penser à un débat de clowns pour amuser la galerie, à des joutes de politiciens sans courage qui font semblant de parler d’un problème pour lequel ils ne veulent surtout pas prendre parti. J’espère que le Sénat y mettra bon ordre.

vendredi 25 novembre 2022

La paix du Christ

 Petit à petit, réapparait dans nos églises la pratique, abandonnées avec la covid, de se donner "la paix" entre voisins. À l'appel de l'officiant, on voit se déclencher un joyeux désordre. On s'interpelle d'un rang à l'autre, voire à travers la nef. On se serre la main, on se congratule avec ostentation. Cela a un petit air de fête des voisins... Certains attendent ce moment avec impatience, maugréant si l'on ne s'y plie pas, ce qui est souvent mon cas.

Le but de cette pratique est-il de rappeler la parole du Christ à ses disciples avant son arrestation et sa condamnation à mort : « Je vous laisse la paix, je vous donne Ma paix » (Jean, XIV, 27). Mais, de quelle paix s'agit-il ? Cette paix est en lui. Tout au long de sa vie terrestre, Jésus répand autour de lui une inébranlable paix divine. C’est cette force divine de paix qui soigne, qui guérit par lui, qui ressuscite même ! Cette paix dominera son arrestation, son jugement indigne, sa crucifixion, ses dernières paroles. Elle est, cette paix, celle de l'Esprit de Dieu dont il est l'incarnation. Dieu est paix ! Or, Jésus décide de nous transmette cet héritage de paix par l'intermédiaire de ses disciples. Il le fera lors de la Cène d'adieux : Dieu Lui-même, jusqu'alors présent dans son corps et dans son sang sera, par sa volonté, offert désormais à toute l'humanité, dans le pain et le vin consacrés. C'est dans ce sacrement de la sainte Eucharistie que s'opère aussi le don de la paix de Dieu. 

Alors, que viennent faire, avant, ces manifestations intempestives de "cordialités" anglo-saxonnes ? La messe n'est pas un réseau social ! C'est dans le recueillement profond qu'il faut accueillir cet héritage de la paix du Christ, don de sérénité divine.

jeudi 10 novembre 2022

"Autrice" et autres fantaisies

Voici ce qu'écrit François Cheng, de l'Académie française, dans son livre "Une longue route" (Albin Michel) : « À cet ultime stade de mon parcours terrestre, je sais que j’aurai toujours à remonter vers les hauteurs où se situe l’Académie qui, depuis près de quatre siècles, incarne une des exigences françaises les plus élevées : la vénération quasi sacrée de la langue française ». 

Voici maintenant comment m'écrit la Société des Gens de Lettres : « Chères autrices et auteurs »...  J'ai cherché le mot "autrice" dans le dictionnaire de l'Académie française. Réponse : « Il n'y a pas de résultat pour cette recherche ». J'ai cherché dans le Littré :  « Mot "autrice" inconnu du Littré » "Autrice" n'est pas un mot français ! 

La raison en est simple. "Auteur" n'est pas un métier comme institutrice ou directrice. Autre chose est de dire "une écrivaine". Le mot est, selon mon goût, d'une laideur extrême, mais "écrivain" est bien un métier. Le mot désigne directement la personne qui l'exerce. Libre à elle de l'accorder à son sexe comme n'importe quel adjectif. Mais, "Auteur" est une fonction, ou mieux : une qualité. La personne dont on parle agit en qualité d'auteur, qu'elle soit homme ou femme. Il en est de même de toutes les autres "qualités" que sont "président", "premier ministre", "préfet" etc. Les titulaires de ces fonctions n'ont aucune justification à s'en approprier le titre pour l'adapter à leur propre personne, à leur sexe, à leur narcissisme. La qualité d'auteur n'a pas plus de féminin que "la personne humaine" n'a de masculin. D'ailleurs, dirait-on "l'autrice" d'un crime ? 

Quand cessera-t-on de massacrer ainsi la langue française ? François Cheng ajoute dans son livre : « Une menace pour la langue française ne pourrait venir que des Français eux-mêmes. La langue évoluera, il dépend d’eux que ce ne soit pas dans le sens d’un avachissement ». François Cheng, Chinois immigré en France à 19 ans, ne parlait pas alors un mot de français. Aujourd'hui académicien. Quelle leçon !