mardi 14 avril 2015
Angélus
Les gens de mon âge gardent souvent, imprimé au fond de leurs souvenirs inconscients, ce tableau de Jean-François Millet, peint il y a un siècle et demi, qui décorait les murs de leur enfance. Au-delà de la qualité picturale de l’œuvre, c’est la charge spirituelle de son sujet qui m’émeut. Ce couple, dans son champ, qui pose un instant ses outils ; cette femme qui joint les mains ; cet homme qui ôte sa casquette alors que l’on croit entendre au loin tinter au clocher du village les neuf coups suivis de leur pleine volée de “l’angélus qui sonne” ; cette image est celle de nos racines, la pensée chrétienne qui a modelé la France et les Français. Depuis cinq siècles et demi, depuis Louis XI qui ordonna de faire sonner l’angélus en France, le matin, à midi et le soir, vingt générations de nos grands-mères joignirent les mains, vingt générations de nos grands-pères ôtèrent leur casquette (soit 2.097.150 aïeux), trois fois par jour, pour invoquer Marie, appeler son secours et sa protection. Aujourd’hui, les cloches dérangent, les ancêtres dérangent, l’au-delà dérange. À l’âge des smartphones et d’internet, où seul compte le présent de l'instant, j’ai voulu rappeler que chacun a un passé, et que chacun sera le passé de quelqu'un.
vendredi 10 avril 2015
Souche de Français
Alors que l'on inaugure aujourd'ui la réplique à usage touristique de la grotte Chauvet, c'est de l'original que je veux parler. Il y a 36000 ans — 360 siècles —, nos ancêtres à la mille quatre cent ou mille cinq centième génération, des humains de Cro-Magnon, s'y sont abrités, y ont vécu peut-être — on a trouvé des traces de feu —, y ont exercé leur art, y ont affirmé déjà leur spiritualité. À travers la paroi rocheuse sur laquelle ils traçaient leurs magnifiques œuvres et apposaient leurs mains, cherchaient-ils à acquérir un peu de l'énergie tellurique dont leur être primitif ressentait la présence ? En tout cas, fiers sommes-nous de porter, peut-être, leur ADN. L'hypocrisie des temps modernes voudrait abolir la notion de Français de souche. Eux étaient la souche des Français.
mercredi 25 mars 2015
Au-delà des rites...
Ce dimanche 8 mars 2015, Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a célébré deux messes à Saint-Germain l’Auxerrois, l'une dans la forme traditionnelle du rite romain, l'autre dans la forme postconciliaire. Cet évènement, qui n'intéressera bien sûr que les deux milliards et demi de chrétiens du monde, réjouira tous ceux qui souhaitent la réconciliation permise par les papes Jean-Paul II et Benoît XVI.
dimanche 15 mars 2015
Respect de la vie
Pourquoi un chrétien ne pourra jamais refuser que vive une vie, qu’elle soit à naître, qu’elle soit mourante ? Benoit XVI, citant Pascal dans son livre "Jésus de Nazareth", fait dire au Christ supplicié : "Ce sang, je l'ai versé pour toi". Il le versait pour nous, alors à naître. Il le versait pour tous les enfants à naître. Il le versait pour les jeunes et pour les vieux. Il le versait pour les mourants aussi. Qui oserait, dès lors, empêcher que naisse un seul de ces enfants, ou que vive encore un seul de ces vieux ?
dimanche 1 mars 2015
Démocratie et République
Avez-vous remarqué qu'en France, et au sujet de la France, on parle peu de démocratie, mais plutôt de république. Cela n'est pas anodin, qui révèle, à qui possède encore quelque esprit critique, le déni de démocratie dans lequel a sombré notre pays.
Qu'était cette démocratie que nos ancêtres, ceux en tout cas qui étaient bien intentionnés, voulurent offrir aux Français ? C'était une forme de gouvernement où le peuple exercerait la souveraineté, en lieu et place du roi. Pour que cela pût fonctionner, et non basculer dans l'anarchie, il fallait que la souveraineté en question fût déléguée, pour un mandat temporaire, à une "chose publique" qu'alors on appela République. Mais une république n'est pas nécessairement démocratique. Elle peut être aristocratique, oligarchique, fédérale, etc. La République d'Athènes était une démocratie. La République française se voulait ainsi à son origine : l'organe délégué du peuple pour exercer la démocratie. Or ceci ne convint pas longtemps aux hommes et aux femmes qui devaient assumer cette tâche. Ceux-ci, issus des écoles spécialisées, et entendant faire carrière, voulurent vite le pouvoir pour eux, et non par délégation éphémère d'une population souvent versatile, plus encline à jouer au souverain qu'à en exercer les prérogatives avec responsabilité. Par un renversement des valeurs qui passa inaperçu, s'installa peu à peu l'idée que le souverain était la république, et non le peuple qui, dès lors, n'était plus que l'ensemble des "assujettis" à ladite république. Le pouvoir était passé définitivement des mains du délégataire à celles du délégué. Restait à parodier l'exercice de la démocratie, contrainte de pure forme que maintes manipulations médiatiques sauraient bien domestiquer. Les confréries qui rassemblaient ces carriéristes s'emparèrent de cette chose publique pour la déifier et en faire la République, souveraine absolue. L'autoadoubement par filiation scolaire ou maçonnique assurerait cet absolutisme. Captation réussie de l'héritage de la Révolution par une république oligarchique ! Voilà pourquoi je suis démocrate plutôt que républicain.
Comment revenir à une vraie démocratie, sachant que le peuple souverain est, dans chacun de ses membres, le plus souvent incapable de participer sérieusement au pouvoir ? Ce fut l'énorme erreur des révolutionnaires : l'utopie d'une masse souveraine. Il faut saisir l'occasion de la mutation considérable qui s'opère sous nos yeux, avec la connexion désormais mondiale et instantanée de l'humanité. Le peuple recèle un gisement inexploité de talents qui ne peuvent franchir les limites de leur trottoir parce que la République veille. Il faut libérer cette énergie créatrice et la mettre au service de tous.
Mon prochain livre sera-t-il politique ?
samedi 28 février 2015
Communauté de souches, ou souche de communautés ?
Voilà que vous voulez nier la notion de Français de souche, et proscrire l’emploi de ce vocable. Mais vous ne cessez, par ailleurs, de vous gargariser du concept de communautés dont serait assemblée la France. Alors, il ne faut pas vous étonner que ces Français dits de souche prétendent, eux aussi, constituer une de ces communautés. La France, dès lors, deviendrait un patchwork de communautés hétéroclites cohabitant sur un même territoire administratif. Aucune fondation commune ne les relierait. N’importe que maçon vous expliquera qu’un tel édifice est rapidement voué à la ruine. Si vous voulez qu’il y ait une France, et dire ce qu’elle est, vous ne ferez pas l’économie de la définition de son assise collective, c’est-à-dire de sa souche. Alors, l’abstraction de communautés deviendra sans objet. Il ne restera que des Français… de ladite souche. Reste à la découvrir.
lundi 16 février 2015
Vitesse…
Comment “passer sous la barre des 2000 morts” sur les routes ? Un “expert” répond (Le Figaro) : “la diminution de la vitesse — 80 km/h au lieu de 90 km/h — sur le réseau bidirectionnel départemental et national baisserait de manière significative le nombre des victimes”. Voilà ! C’est dit, affirmé, affaire close. Et, au journaliste qui l’interroge sur l’opportunité de faire un essai, puisqu’on est sûr par avance du résultat, l’expert en question assène : “Il ne s’agit évidemment pas d’éclairer la communauté scientifique qui connaît depuis longtemps la relation entre la vitesse et les tués. Quand la première baisse, le nombre des victimes décroît aussi. Mais, de prouver l’efficacité de la mesure y compris aux plus sceptiques”. Autrement dit, j’ai raison, c’est indiscutable. Il s’agit seulement qu’on ne discute plus. Cette attitude suffisante de pseudo-experts autoproclamés — quand il ne s’agit pas d’associations de bavards incompétents — devient insupportable.
Or, si la vitesse limite avait été, jadis, fixée à 100 km/h au lieu des 90 actuels, les mêmes “experts” , alors, auraient asséné l’évidence qu’il fallait la descendre à 90, sans discussion possible. Pourtant, lesdits “experts” prétendent aujourd’hui que ce chiffre de 90 est néfaste. Donc, ils auraient eu tort. Et nous sommes donc fondés à penser qu’ils ont encore tort cette fois-ci.
Car, quelle différence y a-t-il, par exemple, pour un citoyen qui reçoit de plein fouet un véhicule venant vers lui, dont le conducteur est absorbé dans l’envoi de SMS sur son smartphone, entre mourir à 90 km/h, ou 80 ? Sera-t-il plus ou moins mort ? En quoi ce changement de chiffre empêchera-t-il cette pratique dangereuse ? Il y a maintes autres causes d’accidents mortels telles que celle-ci qu’on ne sait pas résoudre. Alors, on se satisfait de cette pseudo-science de la limitation de vitesse, facile à réprimer, et qui a l’avantage, en plus, de flatter la haine latente chez beaucoup de celui qui double.
Mais, entendra-t-on, chaque fois que l’on baisse la limite de vitesse, les statistiques d’accidents baissent. Alors, baissez encore ! Quand vous serez arrivés à zéro, il n’y aura plus d’accident. S’agit-il de permettre de circuler sans se faire tuer, ou seulement de baisser la vitesse ?
samedi 14 février 2015
Big bang social
Un big bang s’est déclenché dans l’univers politique français en ce début 2015. Que lit-on aujourd’hui dans la presse ? Que le Premier ministre, soi-même, s’inquiète de l’influence des Frères musulmans et des groupes salafistes dans certains quartiers, et lance une série de consultations sur l’avenir de l’organisation du culte musulman en France. Vous avez bien lu : “l’avenir de l’organisation du culte musulman” ! Vous rendez-vous compte ? Trente ans après qu’un autre socialiste, Mitterrand, ouvrit, béantes, les portes de l’immigration maghrébine, à des fins électoralistes, et sans se soucier des conséquences sociales, ce gouvernement renie enfin, brusquement, et en bloc, sa politique volontariste de remplacement de population. De son côté, l’UMP, tétanisée depuis tant d’années devant ce sujet tabou, par peur d’enfreindre la pensée unique, ose aujourd’hui constituer un groupe de travail sur la place de l’islam en France. Vous avez bien lu, là aussi : “la place de l’islam en France” !
Que s’est-il passé qui a déclenché ce big bang sociologique ? Pour qu'on ose enfin parler ! Ils étaient nombreux, pourtant, ceux qui tiraient les sonnettes d’alarme. Des livres, quelques journaux… Mais, les cerveaux étaient tellement formatés par les mécaniques audiovisuelles, voire subliminales, qu’ils demeuraient paralysés, incapables de pensée personnelle. Il suffit de lire les trop nombreux commentaires hors sujet sur les réseaux sociaux pour mesurer combien les internautes fonctionnent à l‘aide d’idées préfabriquées. Il a fallu un attentat et dix-sept morts à Paris pour que les Français découvrent enfin la gravité de la situation, et se rassemblent par millions le 11 janvier pour évacuer leur peur soudaine de l’islam terroriste. Car, c’est cela, l’affaire “tous charlie”. Trente ans pour comprendre ! Et, brutalement, l’explosion, parce qu’on a compris, et qu’on a peur. Alors, les politiques tournent leur veste et font leur besogne de pêche aux voix.
Un big bang cosmique a déclenché l’expansion de l’espace, voici quatorze milliards d’années. Un big bang social vient-il de déclencher le redéploiement de la France ?
mercredi 11 février 2015
Charlie ?
Au fond, c’était quoi, cette affaire de “tous charlie” ?
Nous oublions une donnée fondamentale dans l’exposé du problème : la moitié de la population française traîne depuis deux ans et demi le mal-être d’un vote malencontreux. Mélange de culpabilité et de révolte difficile à assumer. La sagesse aurait été d’en convenir : j’ai fait une erreur. Certains ont eu cette attitude courageuse. Mais, c’est tellement plus commode de se disculper en se réfugiant dans une attitude de rejet de tout, le “tous pourris”, qui donne l’illusion de n’être pas responsable.
Or, voilà qu’un magazine, vaguement connu, qui faisait commerce de cette médisance outrancière tous azimuts, se trouve victime d’un attentat odieusement meurtrier. Chacun, bien sûr, dépasse ses jugements de valeur pour ne penser qu’aux malheureuses victimes. Mais, nombreux sont ceux qui se reconnaissent, tout à coup, visés par cette atteinte à la liberté de diffamer qui les anime secrètement. D’où l’élan réflexe et grégaire, fait autant de peur que de colère, qui conduit une foule à manifester en masse autour du totem charlie.
Or, que fait l’élu en question, qui finalement est à l’origine du phénomène ? Un coup de poker ! Il se porte — ou fait semblant de se porter — à la tête du cortège de ceux qui ne veulent plus de lui. Génial ! Mais, bientôt, chacun rentre chez soi et finit par se dire : mais, il nous a bernés une deuxième fois !
Nous oublions une donnée fondamentale dans l’exposé du problème : la moitié de la population française traîne depuis deux ans et demi le mal-être d’un vote malencontreux. Mélange de culpabilité et de révolte difficile à assumer. La sagesse aurait été d’en convenir : j’ai fait une erreur. Certains ont eu cette attitude courageuse. Mais, c’est tellement plus commode de se disculper en se réfugiant dans une attitude de rejet de tout, le “tous pourris”, qui donne l’illusion de n’être pas responsable.
Or, voilà qu’un magazine, vaguement connu, qui faisait commerce de cette médisance outrancière tous azimuts, se trouve victime d’un attentat odieusement meurtrier. Chacun, bien sûr, dépasse ses jugements de valeur pour ne penser qu’aux malheureuses victimes. Mais, nombreux sont ceux qui se reconnaissent, tout à coup, visés par cette atteinte à la liberté de diffamer qui les anime secrètement. D’où l’élan réflexe et grégaire, fait autant de peur que de colère, qui conduit une foule à manifester en masse autour du totem charlie.
Or, que fait l’élu en question, qui finalement est à l’origine du phénomène ? Un coup de poker ! Il se porte — ou fait semblant de se porter — à la tête du cortège de ceux qui ne veulent plus de lui. Génial ! Mais, bientôt, chacun rentre chez soi et finit par se dire : mais, il nous a bernés une deuxième fois !
jeudi 29 janvier 2015
"Euthanasium"
Ce Gouvernement s’apprête à autoriser l’euthanasie légale des agonisants sans espoir. On commence sournoisement par quelques ouvertures mineures de la loi. Mais, une porte entrouverte ne le reste jamais.
Si, donc, nous devons tous passer par cette fin “aidée”, verrons-nous bientôt, par souci de bonne logistique, une aile des hôpitaux, dédiée à ce “service”, fléchée “Euthanasium”, et reliée directement par un couloir au crématorium ? Et, pourquoi ne pas procéder à la cérémonie funèbre dès son entrée, puisque la suite est écrite ? Horrible caricature, direz-vous ? Oui, caricature, en effet, de la “civilisation (?)” que nous a apportée un demi-siècle d’obscurantisme matérialiste, de négation de l’Esprit, de décadence intellectuelle et morale.
La sagesse, la charité, pour tout dire l’amour, voudraient simplement que, lorsque le malheur nous frappe dans les êtres qui nous sont les plus chers, l’on pût toujours supprimer la souffrance physique et morale de l’agonie, et accompagner par notre présence dévouée une fin de vie sereine et confiante. La science, aujourd’hui, le permet. Il faut seulement un peu d’argent pour multiplier les établissements spécialisés de soins palliatifs, et aussi regarder le Ciel.
mercredi 21 janvier 2015
Euthanasie
Un tout petit article dans la presse, qui devrait faire la une.
Le plus grand établissement de soins palliatifs d’Europe, Jeanne-Garnier à Paris (81 lits), publie une statistique. Sur deux ans, 3% de ses patients on demandé à être euthanasiés. Et sur ces 3%, deux personnes seulement ont maintenu leur demande après la prise en charge et le soulagement par les soins prodigués.
Voilà une vérité qui va être soigneusement étouffée par la pensée unique. Ce sujet, comme beaucoup d’autres, est sous le coup des zooms médiatiques déformants. On présente un gros plan pour cacher l’arrière. La France est montrée comme submergée de vieux demandant la mort… Alors, vous voyez bien qu’il faut légaliser l’euthanasie ! Le procédé est indigne.
Quelle est la vérité ? Dans les hôpitaux, des malades (et pas seulement des vieux) souffrent. Et, à bout de la souffrance, ils veulent en finir. Mais, la solution, pour eux, ce n’est pas la mort. C’est l’accès au bénéfice de soins spécialisés qui leur assureront de continuer de vivre sereinement et dignement.
Cette statistique renforce mon propos, publié ici il y a trois mois :
vendredi 9 janvier 2015
Guerre…
On dit que l’Histoire ne repasse pas les plats. J’ai malgré tout l’impression que l’on mange toujours la même chose. Hélas, pour les jeunes, c’est à chaque fois le premier repas. En 1940, les nazis n’auraient pas lancé leurs panzers à travers la France si celle-ci n’avait pas complaisamment affiché son vide militaire et son indigence patriotique. Croyez-vous qu’aujourd’hui les nouveaux sanguinaires de l'islam auraient osé leur guerre en France s’ils y avaient vu une nation moralement forte, soudée sur sa culture chrétienne ? Trente-quatre ans de déculturation ont laissé une boîte vide qu’on appelle État laïc, béante, offerte à toutes les invasions. La France doit-elle maintenant souffrir cinq ans, comme jadis, avant qu’une coalition internationale ne la libère du joug terroriste, et qu’elle puisse enfin se reconstruire ? Y a-t-il un vieux maréchal disponible ? Y a-t-il un jeune général ambitieux de gloire ?
mercredi 7 janvier 2015
Laïcisme imbécile
Quand les Français construisaient leurs cathédrales, leurs abbayes, quand ils honoraient publiquement leur Dieu, quand la France n'avait pas honte d'être chrétienne, les mahométans d'alors n'y seraient pas venu ériger leurs minarets, profaner les églises, provoquer ostensiblement. C'est le laïcisme imbécile de la République maçonne qui est responsable de la situation actuelle. La nature a horreur du vide. Alors, en voulant vider la France de sa chrétienté millénaire, ils ont permis à l'Islam de s'y engouffrer. Pour survivre, la France n'a plus d'autre choix que d'afficher de nouveau sa culture chrétienne.
dimanche 4 janvier 2015
Épiphanie
À travers la commémoration de la visite des mages à l’enfant Jésus, et la reconnaissance qu’ils en firent de la manifestation de Dieu, c’est aujourd’hui Jésus Messie que fêtent les chrétiens.
Alors, pourquoi la galette et sa fève ?
Parce que la date coïncide avec une fête païenne des Romains, les Saturnales. Lors de ces réjouissances populaires, et afin de déjouer les influences néfastes de Saturne, l’on inversait pendant sept jours l’ordre des rôles de chacun. Les esclaves jouaient la parodie des maîtres, et les maîtres étaient traités comme les esclaves. L’un de ceux-ci était désigné, par tirage au sort à l’aide de la fève d’un gâteau, comme roi des saturnales, puis “mis à mort” à la fin de la fête, c’est-à-dire réintégré dans sa condition d’esclave. S’il y a des volontaires…
Il n’y a donc aucune relation entre la fête chrétienne et la galette et sa fève ; entre les rois mages et le roi des saturnales.jeudi 1 janvier 2015
2015
— 1er janvier 2015, 6 h 30, debout comme d’habitude. Je n’ai jamais fêté le Premier de l’an, parce que je n’ai toujours pas compris ce que j’aurais commémoré. Car, enfin, que se passe-t-il tous les ans, ce jour-là qui justifie pareille liesse planétaire ? Tout le monde ne s’appelle pas Sylvestre. Tout le monde n’est pas né dans la nuit. Les astres du ciel n’ont pas cessé de tourner à minuit. Les électrons de mon écran n’ont pas sauté d’orbite. La nature est en sommeil pour l’hiver, sauf les corbeaux qui continuent leur vacarme. Rien, décidément, du plus petit au plus grand de l’Univers, ne marque cet instant. Il est l’exemple même du non-évènement. Et pourtant, on s’y enivre.
— Mais, direz-vous, on change d’année !
— La belle affaire ! Alors, vous fêtez le tour complet du Soleil par notre Terre. Mais, cela se produit tous les jours. Tous les jours la Terre a un an de plus que l’année dernière… À peu près, d’ailleurs, car le tour complet n’est pas un chiffre rond de jours. Alors, pourquoi festoyer cette nuit-là, plutôt que l’une des 364 autres ?
— Parce qu’on change de millésime.
— Ainsi, vous vous festoyez pour de la comptabilité ? Pire, pour l’arithmétique !
— Quand-même, l’an 2000 fut évènement !
— C’était 2001, l’évènement comptable, c’est à dire 2000 ans écoulés depuis l’an 1. Mais, nous étions si pressés de festoyer ! De plus, nous en fîmes un évènement de ce chiffre rond parce que nous avons dix doigts. Que la nature ne nous en ait attribué que trois à chaque main — pourquoi pas ? — nous compterions vraisemblablement en base 6, et entrerions aujourd’hui dans l’année 13155. C’est en 1944 que nous aurions pu fêter l’an 13000 tout rond. Pour le prochain, 14000, il nous faudrait attendre l’an 2160 de notre numérotation.
— Bof ! On fait la fête, un point c’est tout.
— Vous avez raison, et je vous souhaite finalement une très bonne et heureuse année 011111011110 en base deux…
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