Voici ce qu’écrivait Genevois en 14, “montant à la guerre“ avec ses hommes : « Là-bas, dans le layon que nous suivons, deux hommes ont surgi… Je discerne leur face ensanglantée, que nul pansement ne cache. Le premier crie vers nous : "Rangez-vous ! Y en a d'autres qui viennent derrière." Il n'a plus de nez. À la place, un trou qui saigne, qui saigne. Avec lui, l'autre dont la moitié inférieure du visage n'est qu'un morceau de chair rouge, molle, pendante… »
Plus tard, l’armée allemande continuant sa marche vers le Sud, présentera son flanc au camp retranché dans Paris. Joffre, alors, contre-attaqua et les repoussera. Un officier ennemi dira à ses juges qui l’interrogeaient : « Qu'avez-vous à me reprocher ? Qu'après une retraite infernale, avec les effroyables souffrances endurées, il y eût au monde un seul soldat encore capable de se relever et d'attaquer, et que ce soldat fût français, cela, on ne nous l'avait jamais appris dans aucune de nos académies de guerre ».
Il y a bien d’autres choses que nos contemporains n’ont jamais apprises, même quand ils sont ministres.
Le Drapeau est le linceul de ces hommes. Le profaner est coupable. Laisser faire est indigne.
dimanche 20 mai 2012
mercredi 9 mai 2012
Flatulences des dinosaures et réchauffement climatique !
Un article du Figaro de ce jour en témoigne. Je retiens quelques chiffres :
1 - La population de ces mastodontes est évaluée à une dizaine au km2.
2 - Chacun produisait 5 fois plus de méthane qu’une vache ou qu’une chèvre.
3 - Le méthane est 25 fois plus puissant que le CO2, comme gaz à effet de serre.
4 - Au total, 520 millions de tonnes de ce méthane par an empestaient alors la sainte planète.
Or :
1 - La population des hommes est actuellement de 47 au km2 de terres émergées : 5 fois plus que les mammifères en question.
2 - Les performances de certains individus en la matière valent bien celles des chèvres, savoir le cinquième des dinosaures.
3 - Donc la production globale de méthane humain est du même ordre de grandeur que celle des dinosaures antiques, et dès lors bien responsable du réchauffement climatique actuel.
Il est urgent que les écolos sauveurs de planète se saisissent du problème.
mardi 1 mai 2012
Salons du livre
Touraine, terre d'écrivains, Balzac, Ronsard, Rabelais, Descartes…
La mode des soi-disant salons du livre qui prolifèrent dans tous nos villages, dans tous les quartiers de nos villes, devient une insulte à la littérature.
Un salon du livre n’est pas une foire à la brocante ! Un écrivain n’est pas un camelot qui accroche le passant pour vanter sa machine à couper les frittes ! Un lecteur n’est pas un badaud en “sur-vet“ qui trimballe ses gosses après le repas. Et lorsque l’édile local vient saluer un écrivain, il serait inspiré d’élever le débat au-dessus du niveau de la TVA sur les livres !
L’écriture est un art, au même titre que la peinture, la musique, etc. Le livre est un message personnel, sans voile, qu’un auteur offre à ses lecteurs afin que s’ouvre un dialogue de pensée. Le salon est une rencontre entre ces deux personnes, celle qui a lourdement travaillé à réaliser l’œuvre littéraire, et celle qui en a reçu le message, ou qui souhaite s’enquérir de son contenu. La dédicace qui accompagne traditionnellement cette rencontre est le souvenir vivant de cet enrichissement commun.
Les auteurs ne devraient accepter d’être présents à ces manifestations que si elles garantissent ce respect des lettres.
samedi 21 avril 2012
La haine.
Cette campagne électorale restera dans l’histoire comme celle qui a révélé le vrai visage de trop de citoyens, le hideux visage de la haine.
“J’ai la haine“, chantaient certains au siècle dernier. Il voulaient tout casser. Ce n’est plus nécessaire. Ils regardent maintenant avec étonnement ce pays honni qui s’effondre tout seul, miné par le même mal.
On ne débat plus en politique, on se hait. On hait les riches ? Mais, comme tout le monde a plus riche que soi, ou qui semble l’être, c’est de la haine généralisée de l’autre qu’il s’agit. Et, comme le pauvre hait le riche, le riche par réaction hait le pauvre. Le sans-abri hait le bien logé. Le locataire hait le propriétaire. Le copropriétaire hait le promoteur. Le promoteur hait son banquier. Le banquier hait son client, ce quémandeur. On hait le voisin qui a une plus belle maison, une plus belle femme… On hait la voiture de l’autre, plus neuve que la sienne, ou qui pollue. L’employé hait son employeur. L’artisan hait les multinationales. Le secteur public hait le privé, qui hait à son tour le fonctionnaire.
Beau résultat de 40 ans de “soixante-huitisme“ qui prêcha la paix et l’amour libre, mais répandit la haine.
jeudi 19 avril 2012
médias
Je ne vois pas en quoi la diffusion, avant le sacro-saint vingt heures, des résultats provisoires du scrutin serait de nature à fausser les résultats. Cela ne fera qu'un sondage de plus, mais un sondage en temps réel, celui-là, impossible à trafiquer ! Et si cela réveille les négligents, distraits ou abstentionnistes de tous bords, c’est tant mieux. On ne peut pas à la fois appeler à voter et déplorer que l’on appelle à voter. Quant à faire changer d’avis ces électeurs de la dernière heure parce qu’ils voient la tendance, c'était bien le but caché des sondages, non ? Et puis, il n’y a que les politicards sans honneur, comme certains en ce moment, qui retournent leur veste du côté où ils pensent que l'on va servir la soupe.
En vérité, c’est aux médias traditionnels, et à leurs instituts de sondages que la diffusion par internet des premiers résultats déplaît. Elle les prive de leur hégémonie dont ils ont honteusement abusé pendant cette campagne. Elle leur enlève des auditeurs, donc de la pub, donc du chiffre d’affaires. Ils n’ont pas compris que l’information a changé, à travers le monde, ou ils font semblant de l’ignorer. Comme ne l’avaient pas compris toutes les dictatures récemment déchues. Or, une certaine “information“, dans nos démocraties, est dictature. Dictature de la pensée. Les prochaines heures pourraient bien amener, sur ce plan, quelques surprises.
samedi 14 avril 2012
Chateaubriand
Il faut relire Chateaubriand dans Les mémoires d'outre-tombe : “Une classe dirigeante connaît trois âges successifs : l'âge des supériorités, l'âge des privilèges, l'âge des vanités. Sortie du premier, elle dégénère dans le deuxième et s'éteint dans le troisième."
La France a connu l'âge des supériorités avec De Gaulle, l'âge des privilèges avec Mitterrand, elle entre désormais dans l'âge des vanités.
La France a connu l'âge des supériorités avec De Gaulle, l'âge des privilèges avec Mitterrand, elle entre désormais dans l'âge des vanités.
mercredi 11 avril 2012
Sondages
Voici un sondage qui va passer inaperçu, et pourtant…
La presse écrite ne serait la source d’information politique que pour moins de 10 % d’entre nous ! Neuf personnes sur dix tireraient leur opinion déclarée, de l’audiovisuel. Or l’image, qu’elle soit à la télé ou sur internet, n’est plus une information, mais déjà une opinion, élaborée, exprimée. Si vous lisez qu’un candidat à une élection propose telle ou telle mesure, vous vous intéresserez à cette mesure et formulerez, dès lors, votre propre jugement. Mais si l’annonce vous en est faite sur l’image en gros plan du candidat sur scène, vous ne retiendrez que le spectacle du meeting, la forme, pas le fonds. Vous n’aurez pas été informés, mais formés. Seule, la lecture d’un texte, dépouillé des commentaires éventuels de son auteur, peut apporter l’information brute à partir de laquelle le cerveau du lecteur construira sa propre opinion. On comprend maintenant les sondages…
mardi 10 avril 2012
Pensée préfabriquée
"Attentat antichrétien au Nigeria. Près de 40 personnes ont été tuées le dimanche de Pâques lors d'un attentat à la bombe près d'une église de Kaduna, dans le nord du Nigeria. Le groupe islamiste Boko Haram pourrait être l'auteur de cette nouvelle attaque." Cet entrefilet de quelques centimètres carrés dans Le Figaro du 9 avril 2012 en page 5, caricature à l'extrême le pouvoir de la "non-information correcte". Certes, tout ne peut pas être à la une, mais quand même, quarante chrétiens, ce n'est pas rien ! Imaginons un instant qu'il se soit agi de quarante adeptes de quelque autre "communauté", comme on dit aujourd'hui. N'auraient-ils pas fait les gros titres ? Non pas que le quotidien cité soit suspect de manipulation. Simplement il est victime, lui aussi, de la pensée unique. Mettre en lumière un tel drame, s'agissant de chrétiens, aurait été "stigmatiser". Autant de termes préfabriqués collés sur des idées toutes faites qui dispensent de penser.
dimanche 8 avril 2012
Pâques
À en croire les médias, Pâques serait une charmante fête de famille lors de laquelle on chercherait les œufs… Prenons un peu de hauteur.
Pâques, à mes yeux, fête un événement inouï : le Christ, mort sur sa croix de supplicié, quelques jours après, marche parmi les siens ! Pâques est la négation de la mort.
La mort, dit-on, c’est la fin de la vie. Oui, mais la vie, c’est quoi ? La vie, c’est une touche de piano que l’on frappe. Elle produit un son qui emplit l’espace. Alors, on dit qu’elle vit, cette touche d’ivoire, parce que son action coïncide avec la perception que nous avons, du son produit. Or, que l’on cesse de la frapper et elle n’est plus rien. Désormais inutile, on dit que la vie l’a quittée. Mais la vie, ce n’était pas la touche, c’était le son qui sortait du piano. Et ce son, écoutez-le, il n’est pas mort. Il évolue dans une dimension que le piano ignore. La vibration est bien là, insaisissable, mais bien réelle, bientôt inaudible peut-être, mais immortelle, qui voyagera jusqu’aux extrémités du cosmos. L’Univers est ainsi empli de ces harmonies de vie qui transcendent nos dimensions de perception.
Avoir peur de la mort, c’est avoir peur d’un futur qui n’aurait pas eu de passé. Nous sommes faits de passé, entièrement issus du passé et emplis de lui. Pourquoi, dès lors, en avoir peur ? Le futur ne fait que retourner au passé, dans le tout. Et entre-temps, le temps ne change rien au Tout.
mardi 3 avril 2012
Mort…
« Vous n’allez pas le reconnaître me dit son épouse. » Il gisait là, dans son cercueil verni, décharné par l’éprouvante maladie qui nous l’avait arraché, l’ami cher, l’homme de bien. Mais, était-ce encore lui, ce corps inerte que la flamme, tout à l’heure, réduirait en poussière ? Poussière comme l’est, ici-bas, chacun d’entre nous. Mort, il n’était plus dans le temps. Il n’y a pas de temps en Dieu. Dieu est éternel présent. Il était esprit, comme il n’avait jamais cessé d’être, comme ne cesse jamais d’être chaque Homme dans sa vérité de l’au-delà du temps.
Il y a deux mille ans, la Vierge Marie levait les yeux vers ce Dieu dont elle était devenue la Mère. Mais, était-ce encore Lui, ce corps pantelant, cloué sur la Croix du supplice ? Le tombeau où on l’ensevelit, bientôt sera vide, et Jésus marchera sur le chemin d’Emmaüs.
En chaque être humain, il y a un peu de Dieu.
jeudi 29 mars 2012
Laïcité, deux visions.
« … l’élément religieux entre malgré tout dans les composantes de la haine. (…) Qu’y a-t-il dans les religions qui permet(tent) ces déviations intégristes auxquelles aucune n’a échappé dans l’histoire ? Deux éléments fondamentaux : le rapport à l’absolu, qui pousse toujours peu ou prou à l’intolérance ; la fonction de liaison qui forge les communautarismes propices aux tensions conflictuelles. (…) C’est lorsque la religion cesse d’être une affaire privée, lorsqu’elle quitte l’intimité pour envahir l’espace public qu’elle devient funeste. Voilà pourquoi il faut sans cesse rappeler les valeurs de la laïcité, rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui lui revient. »
Dans le même journal, Benoît XVI, en visite à Cuba, s’est exprimé devant des centaines de milliers de Cubains enthousiastes sur “la liberté religieuse et le rôle des catholiques dans la construction d’une nouvelle société cubaine“.
“Il a axé son propos sur « l’authentique liberté » et « la vérité qui libère et rend digne ». Une voie exigeante qui ne supporte pas « les raccourcis », a-t-il insisté. L’un d’eux consiste à « ironiser sur la possibilité connaître la vérité ». Mais ce « scepticisme ou ce relativisme » provoquent « un changement dans le coeur, le rendant froid, hésitant, loin des autres, et enfermé en soi même ». Il donne « des personnes qui se lavent les mains comme le gouverneur romain Pilate et laissent filer le cours de l’histoire sans se compromettre ». Autre raccourci, rejeté par Benoît XVI, ceux qui « interprètent mal cette recherche de vérité, les portants à l’irrationalité et au fanatisme, les enfermant dans leur vérité » et qui « entendent l’imposer aux autres ».
Le moins qui puisse être dit est que les deux proclamations sont aux antipodes. Chacun choisira sa vision du monde. Je préfère celle du pape. Non, Monsieur Ferry, la recherche de l’absolu ne pousse pas à l’intolérance, mais à la liberté, à la dignité. C’est au contraire le relativisme matérialiste qui enferme sur soi et pousse au fanatisme. Avez-vous réfléchi à ce que seraient la Chine, l’Inde, sans le bouddhisme ou l’hindouisme ? Dieu sans César peut certes déboucher sur l’intégrisme, mais César sans Dieu amène toujours à l’intolérance, au fanatisme.
vendredi 2 mars 2012
Thérèse d'Avila :
« Tout allait de mal en pis, c’est le signe que prend le ciel pour vous acculer et brusquement tout conclure au mieux. (…) Les difficultés d’un jour annoncent la réussite insoupçonnée du lendemain »
dimanche 19 février 2012
infortuné Cézane
Près de deux cents millions, un tableau de Cézanne, acheté par le Qatar. ! 1,3 milliard de Francs ! 130 milliards d’anciens Francs ! À ce prix, n’en déplaise à l’artiste dont le talent fut grand, l’objet n’est plus une œuvre d’art, mais le support d’un coup de marketing fabuleux. Il s’agit de faire de cet émirat le sommet mondial du tourisme culturel. Un coup comme celui-là peut y contribuer, qui drainera les foules les plus fortunées pour y contempler l’objet du scandale. L’enjeu et colossal ; 220 millions ce n’est rien à côté. À ce jeu, n’importe quel chef d’œuvre aurait fait l’affaire, pourvu qu’il fût célèbre. L’enseignement qu’il faut en tirer, c’est que nous sommes tous complètement enlisés dans la civilisation du paraître, incapables désormais de voir la vérité.
vendredi 17 février 2012
Nature humaine…
Prenez un copropriétaire parmi les autres dans un immeuble ; considéré isolément il sera sans doute fort civil. Prenez un résident d’une rue quelconque ; abordé seul, il sera vraisemblablement hospitalier. Prenez n’importe quel habitant de la Terre ; s’il est seul face à vous, il sera certainement aimable. Mais, regroupez tous les premiers dans une assemblée de copropriété ; ils deviendront odieux de suffisance, prêts à tous les procès contre tout leur voisinage. Réunissez les seconds dans une association de défense de quartier ; ils deviendront imbuvables et s’en prendront à tous ceux qui osent emprunter “leur rue“… Quant aux derniers, regroupés dans un parti écolo, par exemple, ils n’auront de cesse de reprocher aux autres d’habiter aussi “leur planète“.
Pourquoi ce double visage ? Parce que les hommes sont des poltrons. Seuls face à autrui, ils ont un peu peur, alors ils sourient, se montrent amicaux. On s’y laisserait prendre. Mais regroupés, ils se sentent forts, comme dans une meute, et montrent alors leur vraie nature. Il n’y a pas d’autre explication à la prolifération des associations, confréries de toutes sortes, et fraternités diverses. L’humanité aura atteint son stade de perfection quand chaque homme aura le courage de se montrer seul au regard des autres, sans avoir peur. Pour cela, il leur faut devenir adultes. Alors ils pourront se regrouper, mais pour s’additionner, non pour se dissimuler.
Il y a morts et morts !
Trois petites phrases dans Le Figaro : 46 mots ;17 cm2 ; trois dix millièmes du journal !
« Honduras : 355 morts dans l'incendie d'une prison.
L'incendie d'un pénitencier à Comayagua, dans le centre du Honduras, a fait 355 morts. Les victimes sont souvent mortes accrochées aux barreaux de leurs cellules, d'autres ont été asphyxiées ou étouffées par les fumées. »
Pour la presse, il y a morts et morts !
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