mardi 27 août 2013

Charte de la laïcité à l’école… ?



La presse écrite est décidément incorrigible, qui ne peut s’abstenir de nous livrer les commentaires du journaliste au lieu de l’information elle-même. Ainsi, pour connaître le projet de charte de la laïcité que ce gouvernement est en train de concocter, et que Le Figaro prétend avoir consulté, il faudra attendre ou bien se reporter sur internet. J’ai quand même retenu du ceci, du document du ministre Peillon, à propos du « caractère laïque des enseignements, qui ne peuvent être contestés sur des motifs religieux » :
 « Les sciences de la vie et de la terre sont régulièrement remises en cause, et notamment la théorie de l’évolution selon Darwin (…) Chacun est libre de ses opinions, mais pas de contester un enseignement ou de manquer un cours ».
C’est, au fond, tout le nœud du problème. Pourquoi y a-t-il contestation ? Parce qu’au lieu de délivrer de l’enseignement, les professeurs se croient autorisés (comme les journalistes) à marteler leurs propres opinions. On ne peut contester à personne, dans une une “République indivisible, laïque, démocratique et sociale“, comme la décrit le jargon socialiste (excusez du peu !), le droit de ne pas être d’accord en tous points avec les théories de l’évolution, par exemple. Je crois m’être exprimé suffisamment sur ce sujet dans mes livres. Pour autant, on ne peut laisser, à l’évidence, chacun faire le cours à la place du professeur. Or, la question ne poserait aucune difficulté si ce dernier se contentait d’enseigner ladite théorie, laissant à chacun sa liberté de pensée. Même chose pour l’enseignement cultuel et tout ce qui fait débat autour des religions. La laïcité n‘est pas le problème des élèves, il est celui des professeurs. Que ceux-ci en appliquent le principe à eux-mêmes, et un bon bout de chemin sera fait.

dimanche 11 août 2013

Souvenirs…


Pourquoi ne puis-je respirer l’odeur du cheval sans sombrer aussitôt dans la nostalgie des fermes d’antan ? L’atavisme des paysans bretons dont je suis issu a-t-il imprégné à ce point mon sang, les cellules, les atomes, les particules de mon corps, pour que l’odeur retrouvée du cheval relance ainsi dans mon inconscient le film d’un passé disparu ? Les odeurs sont les messagers les plus fidèles de la mémoire. Elles ne trompent pas. Elles voyagent en formation, déversant tour à tour l’âpreté du foin qu’on descendait dans le râtelier, la sensualité du grain qu’on stockait dans le grenier, l’enivrante acidité du cidre qu’on laissait échapper de la barrique, la doucereuse aigreur du lait qu’on déversait dans l’écrémeuse. Hélas, je ne reverrai plus ces lieux d’enfance. Fermes détruites ou transformées en habitations sans âme. Le galop du temps a tout emporté. Restent les odeurs… 
La généalogie m'a appris près de cinq siècles de souches bretonnes, sur onze générations, jusqu'à l'annexion de la Bretagne par la France. J'en ai fait un livre : "Français de souche, ne vous en déplaise".

vendredi 9 août 2013

Hostie


Je reproduis ici un passage d'un excellent blog : http://www.proliturgia.org/ cité par un ami sur FB. Il vient, à propos, illustrer mes articles, ici, du 5 juin "chaque seconde une messe" et 12 mai “ascension“

« Les JMJ de Rio ? Des choses bonnes... Mais aussi une façon de distribuer et de recevoir la communion qui dénote que bien des fidèles n’ont plus conscience de recevoir le Corps du Christ. Et ne savent plus ce qu'est une messe.
Une désinvolture que favorisent grandement, à nos yeux, les liturgies désacralisées qui se veulent “participatives“. L’énorme travail de Benoît XVI pour réinstaurer un peu de sacralité et un vrai sens liturgique risque fort d’être zappé en quelques mois...  L’Évêque de Rome ne devrait-il pas s’en inquiéter ?
NB. On ne dit pas le nombre d'hosties emportées à la maison, oubliées dans une poche ou perdues dans le sable de Copacabana »


mardi 6 août 2013

Port du voile



Les querelles sur le port du voile sont décidément d’une hypocrisie à pleurer. 
Un rapport soi-disant officiel d’une certaine “Mission laïcité du Haut Conseil à l’intégration“ (énième organisme fumeux dont on ne comprend pas bien le rôle à côté de “l’Observatoire de la laïcité“ récemment créé, si ce n’est qu’il a compté dans ses membres un grand maître du Grand Orient de France) préconise « dans les salles de cours, lieu et situation d’enseignement et de recherche des établissements publics d’enseignement supérieur, les signes et tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse ». Dans le second degré, une telle loi est déjà déjà en vigueur. 
Pourrait-on, un jour, avoir le courage d’appeler un chat, un chat ? De quelle tenue “ostensible“ s’agit-il ? A-t-on jamais vu un chrétien habillé de façon ostensiblement spéciale ? Un juif, parfois ; mais je doute que ce rapport sournois les vise… S’agit-il du tchador, voile intégral ? Celui-ci est déjà prohibé à l’université comme ailleurs, à juste raison d’ailleurs, non pas parce qu'il est un soi-disant signe religieux, mais parce qu'en France, l'on ne se présente pas cagoulé dans les lieux publics. Mais, le voile qui couvre les cheveux des jeunes filles qui font le choix de le porter. En quoi cet attribut vestimentaire met-il en danger la République ? Les jeunes femmes qui en sont vêtues sont souvent d’une élégance qui n’a rien à envier aux traîne-savates ébouriffés qui exposent dans nos rues leur string par-dessus le jean. Je rappelle en outre, à ceux qui sont nés de la dernière averse, que leurs grands-mères ou arrières grands-mères ne seraient jamais sorties sans au moins un châle sur la tête, ou un chapeau les jours de fête. Si l’histoire recommençait, interdirait-on, aujourd’hui, le port d’une coiffe aux Bretonnes ? Il serait intéressant de savoir, d'ailleurs, si ce voile est bien un signe religieux. Quelle sourate du Coran l'impose ? Ne serait-il pas plutôt l'affirmation d'une appartenance ethnique ?
En vérité, se cache derrière ces interdictions hypocrites la rancœur d’un anticléricalisme maladif. Le fameux rapport ne stigmatise-t-il pas « une montée de revendications identitaires et communautaristes » ? N'a-t-on plus le droit d'être fier de ses origines, de ses ancêtres, de sa culture, de sa foi ? Voilà qui dérange l’athéisme militant des confréries qui prétendent avoir, seules, le droit de s’exprimer, de dire le vrai.
Le rapport n’hésite pas, non plus, à dénoncer la « contestation du contenu des enseignements, critiques des théories darwiniennes par des courants chrétiens évangéliques ou néobaptistes, rejet des écrits de Voltaire, Pascal ou Camus… », et à souligner le « malaise d’un nombre croissant d’enseignants ». Les étudiants français seraient interdits d’opinions ? Darwin serait la nouvelle bible ; Voltaire, Pascal et Camus, les nouveaux évangélistes ! Cette intolérance devient intolérable. Un certain pouvoir a livré la France aux talibans du fondamentalisme athée qui entendent imposer leur dictature de la pensée. C’est une déclaration de guerre civile. 

jeudi 1 août 2013

Stèle pour Lamennais


Je ne résiste pas au plaisir de citer cette petite sélection du livre de Xavier GRAAL “Stèle pour Lamennais“ (Pas Jean-Marie, mais son frère Félicité) aux éditions Hallier 1978.
« De votre XIXe siècle scientiste (c’était le temps où des crucifix étaient pendus sur les murs des usines alors que des misérables y crachaient leurs poumons), est né, cher Féli, cette abomination qu’il vous a été épargné de connaître et qui est l’État totalitaire. Et c’est l’État socialiste, figurez-vous… Le Premier Secrétaire plaça partout ses pions, ses espions, ses morpions. Jamais la démocratie ne se trouva à ce point pervertie, jamais la liberté de l’esprit ne se trouva à ce point piétinée. On ne parlait plus de pensée, mais de “ligne“. (Leur) progressisme laïc et humanitaire, à quoi a-t-il abouti, si ce n’est à la liquéfaction de l’Esprit, à l’abaissement de l’intelligence ? Les gouvernants sont presque toujours des escrocs du spirituel, c’est Dieu qu’ils volent. »
Et l'auteur ajoute ceci qui pourrait s'écrire aujourd'hui : « C’est au moment de leur agonie que les systèmes et les régimes sont les plus féroces. »

lundi 29 juillet 2013

Pape François


Le pape François à Rio : 
« que l’Église s’éloigne de toute réduction socialisante… ». 
Superbe ! Il y a des hommes qui savent se servir des mots. 
Réduction socialisante… Un demi-siècle de manipulation du concile Vatican II résumé et défini en deux mots. Car ce n’est pas le concile qui a fait tout ce mal, en France en tout cas, mais l’idéologie gauchisante des années 70 qui l’a défiguré.
Réduction socialisante… Les gens venaient chercher Dieu dans les églises. Ils y trouvaient le parti. Et l’on s’étonne qu’elles se soient vidées !
Réduction socialisante… Ils ont voulu remplacer la ferveur de l’adoration par des assemblées ludiques où l’on chante (et danse, s’ils avaient osé), où l’on se sert la main (et s’embrasse, s’ils avaient osé), où l’on festoie à la sortie. Mais, à ce jeu, les évangélistes, pentecôtistes, et autres feront toujours mieux.
Réduction socialisante… Ceux qui croient que ce pape est des leurs se mettent la crosse dans l’œil ! Il a compris ce qui s’est passé et va y mettre fin.

dimanche 28 juillet 2013

À quoi ça sert d'écrire ?


Le magazine “Le Point“ nous livre quelques pages sur Aristote et Platon, où il cite le philosophe Heinz Wismann :
« On peut marcher parce qu’on veut absolument aller quelque part. Mais on peut aussi marcher pour le plaisir de marcher ». 
Puis, l'auteur transpose cette remarque à la création artistique en faisant comprendre que l’on peut composer de la musique pour vendre des disques, peindre des œuvres pour vendre des toiles, mais qu’on peut aussi faire cela par amour de l’art. 
Il en est de même de la production littéraire. J’entends les innombrables écrivains amateurs, au soir des non moins innombrables salons du livre, s’interroger mutuellement : “combien en as-tu vendu ?“. On dirait des camelots rangeant leurs moulins à légumes. 
Heinz Wismann va jusqu’au bout de son raisonnement : le langage n’est pas seulement un instrument de communication, « l’apprentissage d’une langue que l’on ne parle pas, dans sa gratuité, est un extraordinaire moyen de se libérer de la tension utilitaire ». 
Pour moi, l’écriture a toujours été l’apprentissage d’un art, l’exercice de l’inutile, pour le seul bonheur du lecteur… et de l'auteur ! 

jeudi 25 juillet 2013

JMJ 2013


J'ai choisi ces trois phrases dans l'homélie du pape François, le mercredi 24 juillet 2013, au sanctuaire Notre-Dame d'Aparecida, au Brésil :
« Ayez toujours dans vos cœurs cette certitude : Dieu marche à vos côtés, il ne vous abandonne en aucun moment ! Ne perdez jamais l’espérance ! »
« L’homme ou la femme d’espérance sait que, même au milieu des difficultés, Dieu agit et nous surprend. »
« Le chrétien ne peut pas être pessimiste ! »

vendredi 19 juillet 2013

La barbe !


La mode décidément bobo de s’afficher en public avec une barbe de deux millimètres veut sans doute cacher la paresse d’avoir à se raser. Il en est de la barbe comme des mœurs, faute de courage, on essaie de faire une norme de ses propres faiblesses. 
Mais, il y a peut-être une autre explication. Ceux-là pensent sans doute afficher ainsi une virilité qui leur fait souci. Car, même quotidiennement rasée, une vraie barbe ne laisse aucun doute. Et, si tant est que cet attribut pileux ait quelque rapport avec ladite virilité, point n’est alors besoin d’afficher ostensiblement quelques millimètres supplémentaires. Pourquoi la vue de ces mentons artificiellement hérissés me fait-elle immanquablement penser au labeur d’une partenaire qui tente désespérément d’obtenir manuellement une configuration opérationnelle?
La paresse du rasoir est-elle le double signe de la paresse de la rigueur  et de la paresse de la vigueur ?

mercredi 17 juillet 2013

Harry Potter et le pseudonyme


L’auteur de “Harry Potter“ a publié récemment un roman sous un pseudonyme inconnu. Résultat, un flop : un petit nombre de lecteurs apprécient l’ouvrage, les critiques sont bonnes, mais les ventes ne décollent pas. Puis le “grand“ public apprend la véritable identité de l’auteur : aussitôt, les ventes explosent ! 
C’est ainsi ! Pour le plus grand nombre, l’on n’achète pas un livre pour ce qu’il contient, mais pour la notoriété médiatique de l’auteur. Quant à formuler une appréciation sur l’ouvrage, on s’en remet aux médias qui diront ce qu’il faut penser.
On savait déjà que règne dans l’édition la dictature de la légitimité professionnelle, sociale ou corporative de l’auteur. Ne parlez pas de philosophie si vous n’êtes pas un intellectuel autoproclamé. N’écrivez rien sur la science ou la métaphysique si vous n’êtes pas chercheur ou enseignant. Ne vous mêlez pas des affaires de l’embryon et de la vie si vous n’êtes pas médecin, professeur de quelque chose. Le lecteur a peur de celui qui n’est pas dans la bonne case. 
On sait désormais qu’en plus, le public veut lire du “Untel,“ et veut que cela se voie. Et si Untel se dissimule, son livre ne se vendra pas. 
Voilà pourquoi j’applaudis à l’avènement du livre électronique. Ce diabolique ustensile va faire sauter la dictature du littérairement correct en replaçant au premier plan le contenu du livre, et non plus le pedigree de l’auteur. Le libre accès, moins onéreux, à la formidable production littéraire mondiale, affranchi du filtre commercial de l’édition, va provoquer une véritable renaissance de la lecture et, souhaitons-le, de l’esprit critique.

mardi 16 juillet 2013

L’embryon est-il un être humain ?


Si l’embryon humain n’était pas un être humain, quelqu’un peut-il m’expliquer par quel mystère il le deviendrait un jour ? Quel événement inouï devrait alors se produire chez la mère qui le porte, dans son corps ou dans son âme, pour que, tout à coup, l’amas banal de cellules de chair qui s’accroche à son utérus se mutât en petit des hommes ? Il conviendrait alors, ce jour-là, de fêter comme il se doit ce quasi-miracle. 
À quelle heure, au fait ? Car, si un embryon est un être humain à un moment donné, qui peut prétendre qu’il ne l’était pas une heure avant?
Dire aussi que l’embryon n’est pas une personne, mais seulement une personne en devenir, je ne sais quelle “potentialité“ d’être, est une grotesque hypocrisie. Car, si vous le supprimez, cet embryon, c’est bien un être humain qui ne sera pas. Le résultat sera rigoureusement le même. Changer le qualificatif de l’embryon tué ne change rien, dans les faits, à l’acte de tuer. 
Enfin, rappelez-vous, Jésus aussi fut un embryon !

samedi 29 juin 2013

Le nombril des Français


Dans une chronique de Natacha Polony publiée dans Le Figaro de ce jour, on peut lire cette anecdote : « Mais ça ne nous intéresse pas, on n'était pas nés », répondit un jour un étudiant à l'auteur de ces lignes, lors d'un cours sur le Front populaire. Et l’auteur de conclure : L'horizon de la vie de ces jeunes gens, c'est leur nombril.
Je crois que l’on trouve là le vertigineux raccourci du mal français. Trente ans de formatage idéologique scolaire de nos enfants ont engendré une population (peut-on encore parler d’un peuple ?) qui n’a plus de racines, que ni le passé ni l’avenir n’intéressent, qui pousse comme des poulets dans leur case, l’œil rivé sur leur gamelle du jour. Ils ne savent pas qu’alors, ils servent eux-mêmes à alimenter le banquet de ceux qui les ont enfermés ainsi. 
Comment faire sortir le troupeau de sa cage, et lui faire redécouvrir la vraie vie d’homme ou de femme libres ? Libres de penser autrement. Libres d’oser. Libres d’être heureux.
Faites passer : évadez-vous !

jeudi 20 juin 2013

Cumul des mandats


Voilà que ce gouvernement a trouvé un autre truc pour occuper les gens et les empêcher ainsi de voir le désastre. Il s’agit du non-cumul des mandats électif. La ruche médiatique s’agite. Chacun y va de son commentaire. Je vais encore être en opposition avec cette pensée unique là. En quoi cela gène-t-il qu’un homme ou qu’une femme qui a l’envergure,  la compétence, la puissance de travail, la vision de l’avenir, le tout assis sur le sens de l’honneur et de l’honnêteté, mette ces qualités exceptionnelles au service de plusieurs collectivités ? C’est encore cet état d’esprit réducteur vers le bas qui cherche à écrêter tout ce qui dépasse et à aligner tout le monde sur la médiocrité ambiante. Ce n’est pas le cumul des mandats qu’il faut combattre, mais le cumul de la sottise (pour être poli), le cumul de l’imposture, de la tricherie, du brigandage politicien.

vendredi 14 juin 2013

Papa, maman


J’observais un couple, sur la plage, jouant avec son chien. « Va voir papa ! », disait la femme. Et le chien se précipitait vers “papa“ qui, à son tour, disait : « va voir maman ! ». Et le chien courrait ainsi de l’un à l’autre sous les rires attendris du “papa“ et de la “maman“. Cela prête à rire ? Moi, je n’ai pas ri… Manifestement, ce couple reportait sur l’animal une certaine privation d’enfant. De quelle nature ? Je l’ignore. Mais la scène exhalait le salé sucré fait de joie et de tristesse mélangées. L’animal, lui, était heureux entre ses deux “parents“. 
Pourquoi ai-je alors pensé à ces couples nouvelle vague, faits de deux pères ou de deux mères qui, je veux bien l’admettre, souffrent peut-être aussi de l’inassouvissement du désir d’enfant ? Mais, c’est leur choix de vie. Or, pour certains d’entre eux, un chien ne suffit pas. Il leur faut un enfant d’Homme, un vrai. Ont-ils pensé que, si l’animal de mon histoire semblait heureux de ce manège, un enfant, à sa place, ne l’aurait pas été ? Lui auraient-ils crié : « va voir parent 1, va voir parent 2 » ? Ceux qui ont un peu de cœur comprendront cela. Hélas, ce sont les autres qui font la loi, pourvu qu’ils soient riches.   

mercredi 5 juin 2013

Chaque seconde, une messe…


Le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine utilise une formule-choc dans cette admirable homélie qu’il consacre au sacrement de l’Eucharistie : « chaque seconde, quelque part dans le monde, une messe est dite » ! J’ajouterai qu’il n’y a même pas assez de secondes dans chaque journée, pour les 277 000 prêtres du monde.
Chaque seconde donc, pour reprendre la formule, un prêtre célèbre l’Eucharistie, c’est-à-dire le sacrifice du corps et du sang de Jésus Christ présent sous les espèces du pain et du vin.  Alors, de deux choses l’une : ou bien l’on est totalement fermé au vertigineux mystère christique, et alors, cette information donne au moins la mesure de l’universalité de l’Église catholique ; ou bien l’on est pleinement doté de la foi chrétienne, et alors on chancelle sous l’immensité de cette révélation : toutes les secondes, Dieu pénètre dans sa création ! 
Car la religion du Christ n’est pas une philosophie de vie à laquelle on souscrirait, comme l’on milite au sein d’un parti politique. L’Église du Christ n’est pas une ONG à laquelle on apporterait son obole pour qu’elle répande le bien dans le monde. La messe n’est pas une célébration initiatique où l’on viendrait une fois par semaine, le plus près possible de l’autel, recevoir les bénéfices d’une bénédiction ésotérique. La sainte Hostie n’est pas un cachet que l’on absorberait pour se protéger du diable.
La messe est un Saint Sacrifice. Elle renouvelle à chaque fois, en vrai, la mort du Christ, puis sa résurrection en chacun d’entre nous. Et ce miracle inouï se reproduit toutes les secondes…
Hélas ! Sous couvert d’une réforme conciliaire mal comprise, ou volontairement détournée de sa pensée constituante, la vérité profonde des rites jusqu’alors pratiqués lors des offices catholiques a souvent été oubliée, et la puissance de la contemplation qui en émanait, anéantie. Un succédané de protestantisme mâtiné de club de rencontre l’a parfois remplacé, voie royale vers le puritanisme le plus superficiel. Où est Dieu dans tout cela ? Ce Dieu qui nous ouvrait les bras, dès le seuil du sanctuaire franchi. Ce Dieu qui nous arrachait au quotidien de la vie, dans la violence des chœurs et des orgues ; qui nous ouvrait, béante, la porte du monde de l’amour. Où est-Il ce fils crucifié, ce Dieu un instant fait homme, cet homme totalement Dieu, dont la présence vraie emplissait nos âmes ? Qui ressent encore sa présence brûlante dans l’hostie ? Qui a conscience qu’à l’instant de l’Eucharistie, le prêtre, représentant désigné du Christ, acquiert le pouvoir inouï d’emplir nos âmes de sa présence vraie ? Qui vit vraiment cet instant préservé, merveilleux, sacré, lors duquel éclate en chacun l’éblouissante vérité des deux mystères de la foi : l’incarnation, irruption vraie de Dieu dans sa création, et la résurrection, présence désormais éternelle du Christ au cœur des âmes ?
Alors, non, devant pareille charge spirituelle on ne s’ennuyait pas à la messe ! Et, si l’on veut que, de nouveau, les églises se remplissent, non pas de touristes du dimanche en quête de rencontres, mais de fidèles, de croyants, de pratiquants, alors il faut y replacer Dieu pour qui rien n’est trop beau, ni le cérémonial, ni la majesté du lieu, ni la profondeur du prêche ; ni surtout, l’état de grâce de chacun pour Le recevoir, pour “communier“, au sens propre.