mercredi 28 octobre 2009

Créateur ?


1°) L’argument, selon lequel il ne peut y avoir de Créateur sinon il faudrait un créateur de créateur, est une fantaisie orientale. La création est un phénomène temporel par définition, puisque, pour qu’il y ait création, il faut bien un avant et un après-création. Le temps, comme l’espace, fait donc partie de la création. Or le Créateur ne peut être dans sa création, sauf à se créer Lui-même. Il est donc hors du temps et, pour Lui, il n’y a ni début ni cause. Le Créateur n’a pas besoin de créateur.

2°) Je ne peux expliquer Dieu à l’aide de ma raison, alors j’en conclus que Dieu-Créateur n’existe pas. Mais ma raison ne fonctionne que dans mon univers d’espace-temps à quatre dimensions. Et le Créateur est à Lui seul un univers transcendant, ou plutôt une dimension transcendante de mon univers. Pour le connaître, il me faut donc faire appel à autre chose que la raison. La science d’aujourd'hui soupçonne de plus en plus l’existence de cette ou de ces dimensions cachées de notre univers. Alors, qu’elle ne détourne pas le regard !

samedi 23 mai 2009

Vide spirituel...

Notre monde occidental est confronté à un double vertige :
1°) Vertige d’une totale désorientation spirituelle, résultat calamiteux de cinquante ans de pensée prête à l‘emploi. Qui fait encore l’effort d’un cheminement personnel de pensée, attribut pourtant exclusif de l’être humain, nécessaire à son épanouissement, à sa réalisation ? Nos enfants seront-ils condamnés à vivre par procuration, définitivement privés de ce précieux libre arbitre ?
L’engouement de nos concitoyens, observé depuis peu, pour les religions ou philosophies orientales donne la mesure cette peur du vide qui s’empare d’eux. Que cherchent-ils, sinon à se remettre en chemin par eux-mêmes ?
Les Églises de la chrétienté ne semblent pas avoir pris la mesure de ce désarroi. En choisissant d’adapter la liturgie à la pensée préfabriquée, un certain clergé des années soixante à ouvert, béant, le fossé qui sépare désormais la véritable foi mystique, du succédané des célébrations spectaculaires et conviviales. Les polémiques déclenchées par les récents rappels du pape au sujet de la dignité de la personne humaine, sont à la mesure de la béance de ce fossé.
2°) Et dans le même temps, vertige des découvertes scientifiques formidables qui, devant nos yeux incrédules, entrouvrent la porte d’un désormais inéluctable prolongement spirituel de notre univers matériel.
Les scientifiques de l’infiniment petit viennent de construire un gigantesque accélérateur de particules à l’aide duquel ils comptent bien percer le mystère de la dimension zéro, en cassant la matière jusqu’au plus infime, jusqu’à l’élément primitif, jusqu’à la particule originelle d’où, pensent-ils, tout est parti, et ainsi expliquer le monde en se passant de Dieu. Mais voilà, si la science veut atteindre la dimension zéro, il lui faudra casser et casser encore et encore... Jusqu’où ? Il arrivera un moment où cette matière cédera la place à autre chose. À quoi ? C’est ce que la science matérialiste redoute de découvrir, ce qu’elle a rejeté pendant des siècles.
Les scientifiques de l’infiniment grand, quant à eux, viennent de satelliser des télescopes en orbite autour de la Terre, merveilles de technologie à l’aide desquels ils comptent bien percer le mystère du temps zéro, en captant les vestiges du big-bang, ce fameux point sans dimension et sans âge, qui “explosa” il y a quatorze milliards d’années, en une inflation vertigineuse pour créer l’univers. Mais voilà, si la science veut atteindre le temps zéro, il lui faudra franchir le seuil de la matière, pour affronter le souffle de l’Esprit. Le grand défi qui s’ouvre à l’Homme en ce troisième millénaire est d’oser jeter un œil de l’autre côté du big bang. Qu’y verra-t-il ? À quoi ressemble la Pensée ?
Face à ce double défi, comment se diriger ? La science avance en aveugle, qui pose questions sur questions. Les religions sont devenues des ONG qui ne regardent plus le ciel. “Un jour, disait Albert Schweitzer, viendront les ingénieurs des constructions de l’esprit ; ils uniront l’enseignement de Jésus à ce que nous apprend aujourd’hui la science”.`C’était il y a un demi siècle. Ce jour est-il arrivé ?

mercredi 5 novembre 2008

La sagesse de Sirach

Voici ce qu’écrivait aux alentours de l’an 180 avant Jésus-Christ, un certain Jésus, fils de Sirach, de Jérusalem. Ce manuscrit, écrit à l’origine en hébreu, fut traduit en grec par Ben Sira, petit-fils de l’auteur. Des fragments du texte original ont été découverts au Caire en 1896.

Heureux l’homme qui médite la sagesse,
et qui réfléchit à la science ;
...
Écoute-moi, mon fils, et apprends la sagesse ;
et rends ton cœur attentif à mes paroles.
Je te découvrirai une doctrine pesée dans la balance,
et je te ferai connaître une science exacte.
...
La science du sage abonde comme une eau qui déborde,
et son conseil est une source de vie.
L’intérieur de l’insensé est comme un vase fêlé ;
il ne retiendra aucune connaissance.
...
J’ai consigné dans ce livre
un enseignement d’intelligence et de science,
...
Approchez-vous de moi, ignorants,
et établissez votre demeure dans la maison de l’instruction,
puisque vous manquez de sagesse,
et que vos âmes ont grandement soif.

mardi 13 novembre 2007

La mort n'a jamais tué personne

Einstein a trouvé le secret du monde. Mais celui de la mort il l’aura appris humblement en franchissant la frontière. Lorsque les chercheurs des temps à venir auront démonté tous les mécanismes de la Création, il restera cet ultime secret de Dieu”(*)
Bienfaisant voyage de Pégase qui nous a fait découvrir, à la fois dans le cosmos, dans l’atome et dans nos cellules, que la vie n’était pas seulement matière qui remue, mais pensée et énergie véhiculées jusqu’à nous, depuis l’origine du créé, par la dite matière finalement subalterne et temporaire. Le corps n’est que l’expression passagère de cette Pensée, la seule accessible à nos sens infirmes. L’être est ailleurs et transcende la matière.
Seuls meurent ceux qui le veulent bien, ceux qui se sont convaincus et ont tenté de convaincre les autres que leur être n’était qu’assemblage chimique, fruit de transformations au hasard, sans but ni raison. Ces morts qui sont morts avant d’être morts et que d’autres morts enterrent:
Qu’on veuille bien considérer qu’au delà de l’apparence matérielle de la vie, il y a la dotation primordiale d’une énergie transcendante gigantesque, d’un germe vivant, d’un Esprit, d’une Pensée, d’un dessein. Que la matière n’est qu’un état temporaire de cette énergie, un avatar de la vie, un stade de l’évolution créatrice en marche. Que la mort de cette matière n’est qu’un nouveau stade de l’évolution, qu’elle n’a pas les moyens d’en interrompre le cours. Cette mort là n’est pas mortelle et ne me fait pas peur.
Si mourir c’est “rendre l’âme”, alors c’est la rendre à Celui qui nous l’a prêtée. Or pourquoi la rendre si elle devait être détruite? Non, la vie n’est pas jetable. S’il faut rendre son âme à Dieu, c’est sans doute qu’Il lui réserve un destin à sa mesure. Non la mort n’est pas une fin, mais un commencement.
(*)GIilbert CESBRON, "la regarder en face", Laffont.