mercredi 18 juillet 2012

Merveilleux boson qui ouvre l'au-delà


Revenons un instant sur cette affaire de boson magique. On a découvert la particule originelle dont l’Univers est issu ; celle, parmi les dix à la puissance quatre-vingts particules élémentaires qui constituent la substance du monde, qui apporte aux autres leur matérialité : leur masse. 
Nous avons tous appris à l’école que les choses ont une masse. Nos professeurs faisaient de louables efforts pour nous expliquer que cette masse n’avait rien à voir avec le poids qui est une notion liée à gravitation, laquelle s’exerce précisément sur ce qui a une masse. On tournait en rond. La masse semblait être une propriété intrinsèque de tout objet, et personne n’était en mesure de comprendre d’où elle venait. 
Or, cette question n’était pas anecdotique, qui renvoyait directement à la question explosive de création. En effet, sans masse, pas de matière, plus de matérialisme ! Enlevez leur masse aux choses, il ne reste que pensée, esprit… Un boulevard pour les tenants d’une création divine, qu’il fallait fermer d’urgence. Donc, si l’on voulait expliquer le monde par la seule science de la matière, il fallait dire qui, ou quoi, fournissait aux dites particules cet attribut bienvenu sans lequel nous ne serions pas là pour en parler.
Quelqu’un, un physicien britannique, Peter Higgs, eut l’idée que cette masse observée n’était autre qu’une inertie due à l’encombrement du vide qui, dès lors, ne serait pas vide, mais empli d’une multitude de particules spécifiques, élémentaires parmi les plus élémentaires, insaisissables, invisibles, mais bien réelles. Un peu comme une foule  qui vous empêche de marcher sur un trottoir, vous rendant lourd, inerte. On baptisa ce nouveau venu du vilain nom de boson, et un avis de recherche fut lancé.
La question était tellement capitale pour le monde scientifique, athée, positiviste, que l’on n’hésita pas à investir plusieurs milliards d’euros pour construire un gigantesque accélérateur de particules au sein duquel on escomptait bien déloger, s’il existe, cet élément suprême de sa cachette au cœur de la matière, en fracassant celle-ci sur elle-même.
Et, on l’a trouvé, le boson !
Enfin, presque.
Déjà, les couteaux sortent.
— Les uns disent : voyez ! Il n’est plus nécessaire d’aller chercher Dieu. Le boson explique tout. C’est lui qui crée tout seul la matière du monde, par sa seule présence.
— Les autres répondent : peut-être est-ce là l’explication scientifique du phénomène de masse. Pourquoi pas ? Mais, d’où sort-il votre boson miracle ? 
— Vous n’avez rien compris, rétorquent les premiers. Le vide est un vide qui n’est pas vraiment vide. Il est empli de potentialités d’existence qui ne demandent qu’à se matérialiser, pourvu qu’on leur en fournisse l’énergie. Or, ce boson que l’on vient de déceler est justement ce qui fournit cette énergie.
— Il n’empêche, qui l’anime lui-même ? Serait-il le “boson de Dieu“ ? Votre découverte, qu’il faut néanmoins saluer sur le plan scientifique, se retourne contre votre théorie. Si nous avons bien compris, cette potentialité d’existence dont vous parlez semble bien qualifier aussi le fameux boson de Higgs. D’ailleurs, sa durée de vie est si courte, si imperceptible, qu’il semble impossible de l’isoler en entier. Tout au plus peut-on en déceler les résidus de sa désintégration. Il est, ce boson, à cheval sur la frontière entre la matière et la non-matière. Il n’est ni particule ni onde. Il est à la fois onde et particule. Il est le passeur qui relie les berges de la pensée au rivage du monde matériel. Il est la preuve, s’il en fallait une, qu’il n’y a pas de fossé entre le monde d’ici-bas, et l’au-delà dont celui-ci est issu.
— Ce que vous dites là n’est plus de la science, mais déjà de la métaphysique, bientôt du spiritualisme.
— Ne voyez-vous pas que cette science, dont il faut vous louer, vous conduit tout droit à l’Esprit ? D’ailleurs, ce monde que vous voudriez cantonner de force dans sa dimension matérielle, à quoi servirait-il ? Si vous pouvez répondre à cette question, alors nous serions disposés à vous rejoindre. Sinon, il faut chercher plus loin, au-delà…Teillhard de Chardin ne disait pas autre chose quand il écrivait, en 1934 : « Ou bien il y a une issue quelque part, pour la pensée et la personnalité, ou bien le monde est une terrible méprise ».

mardi 17 juillet 2012

Décadence


En moins de deux générations, la France est devenue un tout petit pays. Elle ne compte, aujourd'hui, que pour moins d'un centième de l'humanité. Dérisoire ! 
Elle fut, jadis, une grande nation internationale. Non pas par le nombre de ses habitants comparé à la population mondiale, mais par son rayonnement culturel et moral, par l'héritage millénaire qu'elle portait. Une ou deux générations ont suffi pour ruiner cette richesse. 
La décadence a commencé dans ce pays quand la crise nerveuse de 68 a montré l'état avancé du cancer de la paresse ; paresse physique, paresse intellectuelle, paresse morale. L'origine en est sans doute à rechercher dans l'épouvantable saignée que fut le drame de la guerre, et dont 68 fut, vingt ans après, le ressac. En 45, les enfants qui naquirent des ménages restés indemnes furent des demi-dieux. Leurs parents voulaient qu'ils ne connussent pas les malheurs qui furent les leurs, les angoisses, les privations. Dans l'euphorie de la paix retrouvée, ils les élevèrent dans l'illusion d'un monde désormais sans contraintes, sans interdits, sans sanctions. Faut-il le leur reprocher ? Vingt ans plus tard, ceux-ci découvraient qu'on les avait trompés, que la vie était une compétition, un chemin semé d'interdits. Que faire ? Reconnaître qu'ils étaient dans l'erreur, et s'adapter à la dure vérité de la société ? Courage hors de portée ! Alors, ils dépavèrent les rues et hurlèrent leur haine.  
La crise, cependant, fut muselée dans ses apparences, mais le mal continua de ronger le corps social, pour ne pas dire socialiste. Pendant quarante-cinq ans, les valeurs vitales de l'héritage furent détruites, une à une, sournoisement. Que reste-t-il aujourd'hui du sens des responsabilités, de l’effort, de l’ambition, de l’audace ? Qui possède encore un reste d’esprit critique ? Qui ose encore employer le mot “morale“ ?
Et ces Gaulois décadents continuent de se prendre pour le monde, en contemplant leur nombril. 
L’avenir ? Il appartient désormais à ceux qui ouvrent la fenêtre et regardent dehors.

jeudi 5 juillet 2012

Coucou, le revoilà le boson…


On l’a trouvé ! 
Ce jeudi 5 juillet 2012 marquera l’histoire du monde. On aurait enfin trouvé le boson miracle, cette particule infime qui permet d’expliquer le monde en se passant de Dieu !
Jusqu’alors, on savait qu’il y avait un univers matériel, on vit dedans, on en fait partie. La matière, on la voit, on s’y cogne, elle existe bien ! Cette matière, on en avait répertorié à peu près tous les constituants : pas moins de 1080 particules infimes, de toutes sortes (un nombre inimaginable ; 10 multiplié 80 fois par lui-même ; un 1 suivi de 80 zéros ; essayez de l’écrire puis de le lire ; à côté, le nombre de grains de sable du Sahara est dérisoire). D’elles étaient faits tous les atomes et leur noyau, les cailloux et les montagnes, les océans et l’atmosphère, la Terre et les étoiles, l’Univers entier.
Or, certains osaient encore prétendre qu’il y avait aussi un univers immatériel, un univers de pensée, d’esprit en quelque sorte, inaccessible. Un au-delà dont serait issu notre univers de matière, d’espace et de temps. Billevesées que cela, scientifiquement et gravement incorrect, qui menait tout droit à l’idée d’un Dieu créateur. 
Ils disaient, ceux-là, qu’on pouvait bien casser et casser la matière jusqu’à trouver la plus petite des particules primordiales, il faudrait encore expliquer ce que celle-ci faisait là. 
Or, les deux partis butaient sur la même question, posée différemment. Comment, pour les uns, l’immatériel pouvait-il se transformer en matière ? Comment, pour les autres, la matière pouvait-elle naître de rien ?
Réfléchissons : qu’est-ce qui caractérise la matière par rapport à l’immatériel ? C’est la masse. Non pas le poids qui met en jeu un autre phénomène, pas trop connu non plus, la pesanteur, mais la masse, c’est-à-dire une sorte d’inertie qui s’oppose au mouvement. L’immatériel est partout, la matière est ici ou là. D’où vient cette masse ? 
Le monde scientifique, évidemment tenant de l’hypothèse sans Dieu, se dit alors que si l’on pouvait prouver que cette masse est encore une affaire de matière, il ne serait plus nécessaire de passer par la case création divine pour expliquer le monde. 
Un physicien anglais, Higgs, émit l’hypothèse qu’une particule spéciale, répandue dans tout l’univers, serait peut-être la cause de cette inertie, un peu comme une foule qui vous empêche d’avancer sur le trottoir. D’où le nom de boson de Higgs, ou encore de particule de Dieu qui fut malicieusement donné à l’objet recherché, puisqu’il “fabriquait“ la matière. 
Voilà comment il fut décidé de frapper un grand coup. On construisit entre France et Suisse, à cent mètres sous terre, le gigantesque accélérateur de particules du CERN : un tunnel en anneau de vingt-sept kilomètres, garni d’instruments. Coût : quatre milliards d’Euros. Durée des travaux : douze ans. Puis on fit tourner dans les deux sens et à des vitesses folles des particules de noyaux d’atomes et l’on observa les débris des collisions. Le boson en question devait bien se trouver là.
Les responsables de cette expérimentation dantesque se devaient d’annoncer un résultat. Voilà qui est fait : l’équipement « a parfaitement rempli son office », dit le communiqué de presse : on a trouvé la particule originelle que l’on cherchait.
Enfin, on ne l’a pas vraiment trouvée, on a décelé d’autres particules issues de sa propre désintégration. Car la durée de vie du dit boson est infime.
Bon, on n’est pas totalement certain qu’il s’agisse bien du boson recherché, mais « quasiment sûr ».
Enfin, l’essentiel est que l’expérimentation continue…
Il n’empêche, l’aventure est passionnante. En effet, si on la trouve, cette particule, on expliquera merveilleusement ce passage fabuleux de l’immatériel à la matière, de la Pensée à la substance. C’est en se projetant sur l’écran de l’espace et du temps que l’Esprit crée son image, infinité de particules qui, tels des pixels, engendrent la vision de la matière. Les tenants du positivisme strict auront raté leur coup, mais la science aura fait faire un bond à la compréhension de la création du monde.

samedi 30 juin 2012

Démocratie (suite)


Donc, c’est fait. Des couples homosexuels vont pouvoir, en France, adopter légalement des enfants. 
Ce n’est pas sur le fond de l’affaire que je veux écrire ici — il y aurait fort à en dire et gageons que l’Administration qui est si lourde à décider, pour accorder le droit à l’adoption à des couples mariés parfaitement honorables, va subitement accélérer ses procédures en faveur de cette adoption homoparentale ! —. C’est la dérive de la démocratie que je veux dénoncer une fois de plus. Voilà une décision que l’immense majorité des Français récuse, et qui pourtant se trouve imposée le plus légalement qui soit ! Il aura suffi qu’un clan, décidé à prendre le pouvoir par tous les moyens, sache manipuler les médias et surfer sur l’inculture populaire crasse, pour que la lubie d’un lobby minoritaire se retrouve imposée à la majorité qui n’en veut pas. Pour glaner quelques voix de plus, le candidat a promis cette mesure, sans scrupules, sans chercher à en mesurer la portée, ce n’était pas son souci, il voulait des voix.  Quelle est la légitimité d’un gouvernement, dit démocratique, qui fait fi de la demande générale, au profit de telle ou telle minorité  qui le tient en otage  ?
Si le système permet cela, alors la porte est désormais béante, ouverte à tous les excès de ce genre, sans plus aucun garde-fou légal. Euthanasie, commerce d’embryons, manipulations génétiques, libéralisation de la drogue, tout devient possible, inéluctable même, par le seul jeu du mécanisme démocratique. Comment en est-on arrivé là ?
Je l’ai déjà écrit ( http://bernardhuet.blogspot.fr/2012/06/democratie.html ), la démocratie n’est un bon système politique que si le peuple souverain est suffisamment cultivé, éclairé et sage. Or, voilà quarante ans, en France, que les médias de l’audiovisuel, et les groupes de pression divers travaillent à en obtenir le contraire, y compris en agissant au niveau pourtant sacré de l’éducation des enfants. Un peuple abêti, sans repères, sans foi, sans pensée personnelle, est un troupeau bien plus docile pour consommer ce que d’autres lui préparent.
Mais, attention ! Le jour n’est pas loin où, si rien n'est fait, cette parodie de démocratie de l’inculture ouvrira l’autre porte, celle de l’intégrisme aveugle qui rétablira par la force, et durablement cette fois, sa loi. Que faire pour remettre au pouvoir, dans ce pays, l'intelligence républicaine ?

jeudi 21 juin 2012

Démocratie


L’histoire retiendra de ces élections françaises de 2012 la démonstration que le processus démocratique du vingtième siècle ne fonctionne plus, est perverti, a vécu. 
Il faut se rendre à l’évidence : le pouvoir absolu peut désormais être pris, en toute légalité, par une partie d’un parti, un clan qui ne représente en rien la majorité d’opinion de la nation.
Je dis “une partie d’un parti“ car, si l’on se réfère aux sordides règlements de comptes qui se sont opérés au sein de celui qui l'a emporté, sur fond de querelles domestiques, le moins que l’on puisse dire est que l’unanimité n’y est pas. Si l’on ajoute les multiples oppositions personnelles au candidat, déclarées au cœur même dit parti, les partis d'opposition, et les dix-neuf millions d'abstentionnistes, le score de la majorité nationale en faveur du candidat élu à la fonction présidentielle est loin, très loin d’être atteint. 
Ainsi, des clans peuvent désormais se créer qui, pourvu qu’ils aient quelque adresse et beaucoup d’adresses, peuvent manipuler le corps électoral pour donner un instant l’illusion qu’ils représentent la majorité, et prendre le pouvoir. C’est grave. 
Pourquoi cette affaire me fait-elle penser à l’Iran ? Ce pays que j’ai eu le bonheur de visiter il y a quelques années est merveilleux, d’une richesse historique et culturelle inouïe. Ses habitants, les Iraniens d’aujourd’hui, descendants des Perses conquérants du monde, sont des gens adorables de gentillesse et de fierté. Or, il y a trente ans, une perversion identique de la démocratie a porté au pouvoir absolu un intégrisme islamique dont les électeurs ne peuvent plus aujourd’hui se libérer.
— Oh ! Direz-vous, l’aventure reste heureusement, chez nous, confinée entre Français. Certes, mais demain ? 
Quand le général de Gaulle a institué, il y a cinquante ans, le suffrage universel pour l’élection présidentielle, il a mesuré sa décision à l’aune de sa personne. Le risque de déviance, alors, n’existait pas. Sans doute n’imaginait-il pas que l’environnement géopolitique et technologique allait se bouleverser aussi profondément, qui rendrait le mécanisme électoral inopportun et dangereux. Et que dire de cette autre décision malencontreuse qui a voulu la concomitance des deux élections, celle du pouvoir exécutif et celle du pouvoir législatif ? La plus élémentaire prudence aurait voulu, au contraire, que le temps séparât ces deux échéances, pour gommer l’effet de liesse et donner le temps de la réflexion.
Car, en un demi-siècle, deux mutations profondes ont transformé le monde. La première est l’émergence, ou la réapparition, d’un intégrisme international agressif et guerrier qui menace toutes les démocraties. La seconde est le bond en avant prodigieux des techniques de communication et donc de manipulation des foules qui met ces mêmes démocraties à la merci de toutes les aventures. 
Que faire pour conjurer ces dangers considérables et assurer paix et bonheur pour nos enfants ? La vieille litote selon laquelle la démocratie n’est peut-être pas un régime satisfaisant, mais est le moins mauvais n’est plus admissible. On ne peut plus se contenter de cette galipette et vivre en fermant les yeux, comme si le danger n’existait pas. 
Certains exhumeront alors le vieux modèle de la royauté par lequel un rempart quasi divin protégeait le bon peuple. On ne refait pas l’avenir avec les oripeaux du passé. En France, nos ancêtres ont coupé la tête de leur roi. Ce n’est peut-être pas ce qu’ils ont fait de plus intelligent. Mais, c’est fait. 
Il faut peut-être revenir un instant à l’esprit originel de la république. La république, c’est l’affirmation du peuple comme souverain de sa nation. Mais, le peuple dont il s’agit ne se confond pas avec les citoyens pris isolément. Ce peuple-là est une personne morale nouvelle, née de la mise en commun des intérêts de tous les citoyens, comme l’est une société anonyme, issue de l’assemblée des actionnaires. C’est cette personne morale qui est le souverain, et non pas tels ou tels des citoyens, même regroupés en partis. Une élection n’est pas une joute où celui qui gagne prend le pouvoir pour lui et ses amis. Ce n'est pas le clan qui gouverne. C'est le peuple ! Une candidature doit revenir ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : une offre de service pour accepter la délégation temporaire du pouvoir d’agir, détenu par le peuple, personne morale, et cela avec obligation de résultat.
Dans ces conditions, toute démocratie, en tant que mode de gouvernement, a besoin de se fonder sur le savoir. On n’imagine pas un souverain démuni de toute connaissance, gouvernant dans l’ignorance de son environnement géopolitique, économique et financier, social et humain. Comment orienter l’avenir d’une nation quand on ne sait pas lire le présent ? Pourtant, le peuple souverain est, par le plus grand nombre de ses éléments, totalement dépourvu des compétences indispensables. Il est extraordinaire que, s’agissant de démocratie, personne ne s’inquiète que le pouvoir y soit systématiquement placé en des mains non éclairées. Il est même scandaleux de voir comment l’information audiovisuelle travaille à entretenir cette inculture populaire, sans doute pour d’autres raisons. Ce pouvoir populaire devient, dès lors, un pouvoir fictif, qui ouvre la porte à tous les scandales auxquels on assiste aujourd’hui, de détournement de démocratie.
La démocratie, donc, peut rester un bon système politique, pourvu que le pouvoir soit entre les mains d’un peuple suffisamment cultivé, éclairé, sage. Or, en France, il ne l’est pas. Que faire ? Nous en reparlerons.

dimanche 17 juin 2012

Les enfants d'aujourd'hui…


Le magazine “Le Point“ rapporte cette semaine l’histoire d’un enfant déporté à Auschwitz en 44. Il avait 12 ans. J’en avais 7. L’homme qui raconte ainsi son enfance, Karol Pila, a aujourd’hui 80 ans. 
Le récit du calvaire de ce gosse est atroce. Pourquoi la même compassion ne se retrouve-t-elle pas totalement, pour le vieil homme qui raconte ?
L’âge m’a appris bien des choses, celle-ci entre autres : il faut voir en chaque homme la totalité qu’il est, enfant et adulte d’un même regard, bébé et vieillard à la fois, embryon et mort, peut-être. 
Quelqu’un demandait à Jésus, parlant d’une femme qui eut plusieurs époux : 
« duquel, au temps de la résurrection, sera-t-elle la femme ? » 
Bien sûr, la réponse ne put qu’être adaptée à l’entendement de l’époque : 
« Ceux qui ont été trouvés dignes d’avoir part au siècle à venir ne prennent point de femme et n’ont point de mari ». 
Ce qui ne voulait pas dire que seuls les célibataires seraient élus, mais qui voulait faire comprendre que, dans le royaume de l’au-delà, la notion d’êtres multiples s’efface devant l’omniprésence du Tout, comme s’efface la notion d’âge. Le temps n’y a pas cours. Tout est Un, l’ici et l’ailleurs, l’avant et l’après. 
Les enfants d’aujourd’hui sont aussi les vieux de demain. Il faut les regarder ainsi. Alors, quelle écrasante responsabilité est la nôtre !

vendredi 15 juin 2012

Le neutrino qui fait flop


Le coup de tonnerre du neutrino plus rapide que la lumière (voir mon message, ici, de novembre dernier : http://bernardhuet.blogspot.fr/2011/09/le-neutrino-plus-rapide-que-la-lumiere.html ) était un pétard mouillé. Les chercheurs du CERN qui avaient annoncé un peu prématurément cette "découverte" avaient tout simplement été abusés par un "branchement défectueux d'un câble de synchronisation optique de mesure du temps" ! Donc la vitesse de la lumière reste à ce jour encore tenant du titre. Le nouvel Einstein n’est pas né. (info : http://www.lepoint.fr/science/neutrinos-einstein-avait-raison-08-06-2012-1470832_25.php )
Vous me permettrez de tirer quand même un enseignement de cette bévue. Les chercheurs sont tellement pressés d'annoncer des scoops, soit parce qu'il leur faut "publier" pour avoir des subsides, soit parce que leur ego est ainsi fait, que plus rien, dans leurs publications, n'est digne de confiance.

mercredi 13 juin 2012

Les enfants de syrie


« Des enfants utilisés par l’armée régulière comme boucliers humains (…) placés devant les vitres des autocars transportant les militaires pour pénétrer dans le village. Certains d’entre eux ont été ensuite abattus. (…) Des enfants, à partir de 9 ans, ont été arbitrairement arrêtés, emprisonnés, torturés, mutilés, violés. » 
Ces informations rapportées par Le Figaro de ce jour proviennent d’un rapport de l’ONU ! Si elles sont avérées, le monde entier est complice qui bavarde et regarde ailleurs.

vendredi 25 mai 2012

La vie est un combat


Tel était le titre d’un petit livre, hélas perdu, qui me fut remis lorsque j’étais enfant. Était-ce au catéchisme ? Était-ce lors de ces cours de morale qu’on nous dispensait alors, quand le mot n’avait pas encore été rendu tabou par une modernité dépravée ? Qu’importe, son enseignement m’a imprégné et ne m’a jamais quitté. C’est sans doute pour cela qu’après une déjà longue traversée, je rentre au port, en pas trop mauvais état. 
Bien sûr, il s’agissait du combat contre soi-même. Contre ses propres trahisons, ses faiblesses, ses lâchetés. La vie, alors, est en effet un combat de tous les matins. 
Mais, qu’on ne s’y méprenne pas ! Chacun n’est pas le seul mouton noir au milieu d’un troupeau de vertu. S’il faut se battre contre soi-même, il faut aussi se battre contre les autres. Oh ! Certes pas dans un esprit belliqueux ! Mais, lorsque l’employé de banque vous “conseille“ son placement, n’allez pas imaginer qu’il s’est levé ce matin en disant « de qui vais-je faire le bien aujourd’hui ? ». Il pense à ses quotas, à sa prime peut-être, aux consignes reçues de sa hiérarchie. Lorsque le journaliste de la télé anime un rendez-vous politique, ne vous imaginez pas non plus que son seul souci soit de bien vous informer. Il veille à l’impact de son émission de propagande, dans la ligne de ses propres opinions et des directives de sa chaîne. Et puis, lorsque votre boucher vous fait l’article de son pâté savoureux, ce n’est pas seulement pour votre bonheur, c’est aussi et surtout parce qu’il faut bien qu’il vende sa terrine.
L’angélisme niais répandu par le politiquement correct n’est pas seulement sot, il est dangereux. La vie est un combat, qui l’oublie ne rentrera pas au port. Ballotté, endommagé, brisé par les éléments hostiles de cette vie-là, il s’échouera quelque part, victime oubliée d’un discours imbécile. 
La vie est un combat, c’est tellement vrai que Jésus, lui-même, n’eut pas d’autre commandement. « Aimez-vous les uns les autres » résume tout son enseignement. Or, pour qu’il en vînt à offrir sa vie pour son aboutissement, il fallait bien que cela ne coulât pas de source. Un jour peut-être, la vie ne sera plus un combat. Mais en attendant…

jeudi 24 mai 2012

Être édité


Le Figaro Littéraire rapporte que 54% des auteurs des livres édités sont des enseignants, des journalistes, ou issus des métiers du livre, ou du spectacle. Étonnant ! Si vous n’êtes pas compris dans ces professions-là, vos chances d’être édité sont d’emblée amputées de plus de la moitié. Si malgré tout vous persistez, alors, qu’au moins vous fassiez partie de quelque club de pensée, confrérie ou lobby autorisés vous assurant du label d’ayant droit. Sinon… 
 Est-ce à dire que seules savent écrire ces personnes-là ? Je ne sache pas que l’Enseignement soit expert en la matière, ni que les journaux soient des modèles de bon langage, ni que les syndicats du livre concentrent les cerveaux, pas plus que le show-biz. 
La vérité est que pour être édité, il faut être apte à être vendu. Je n’en ferai pas le reproche aux éditeurs qui sont aussi et avant tout des commerçants. Le temps de l’éditeur mécène, promoteur de littérature, est depuis longtemps révolu. Or, pour être vendu, il faut être susceptible d’être lu. Et pour être lu, il faut être en situation d’être vu à la télé. CQFD, la boucle est bouclée, on n’en sort pas !
Sauf, peut-être, par la petite porte qui s’entrouvre du livre électronique, mais qui pourrait bien rapidement livrer passage aux foules qui ont quelque chose à dire et qui savent comment l’écrire.

mardi 22 mai 2012

Le coq gaulois


Pourquoi le coq gaulois me fait-il penser aux fêtards de la Bastille ? Devinez… Parce qu’il chante, les deux pattes dans la… gadoue. Est-ce pour cela qu’il fut souvent l’emblème des Français ? Les Romains comparaient déjà les Gaulois (Gallus) au coq, parce coq se dit aussi gallus, et que les Gallus braillaient comme des gallus. À la révolution, le coq fut réintroduit en remplacement de la fleur de lys. Il sera éclipsé par l’aigle impérial, puis on le reverra sur les drapeaux et les uniformes, sous Louis-Philippe. La guerre de 14 en fera l’emblème du courage français face à l’aigle prussien, c’est pourquoi on le voit souvent sur les monuments aux morts. 
Par ailleurs, ce gallinacé, donc, trône au sommet de la plupart des clochers de nos villages. Regardez en passant. Mais, c’est pour une tout autre raison. Il rappelle à chacun combien il est facile de trahir, nous remettant en mémoire la terrible parole de Jésus à Pierre : « Avant que le coq ait chanté deux fois, trois fois tu me renieras ». Certains politiciens devraient bien lever les yeux de temps en temps vers nos clochers.

dimanche 20 mai 2012

Le Drapeau

Voici ce qu’écrivait Genevois en 14, “montant à la guerre“ avec ses hommes : « Là-bas, dans le layon que nous suivons, deux hommes ont surgi… Je discerne leur face ensanglantée, que nul pansement ne cache. Le premier crie vers nous : "Rangez-vous ! Y en a d'autres qui viennent derrière." Il n'a plus de nez. À la place, un trou qui saigne, qui saigne. Avec lui, l'autre dont la moitié inférieure du visage n'est qu'un morceau de chair rouge, molle, pendante… »
Plus tard, l’armée allemande continuant sa marche vers le Sud, présentera son flanc au camp retranché dans Paris. Joffre, alors, contre-attaqua et les repoussera. Un officier ennemi dira à ses juges qui l’interrogeaient : « Qu'avez-vous à me reprocher ? Qu'après une retraite infernale, avec les effroyables souffrances endurées, il y eût au monde un seul soldat encore capable de se relever et d'attaquer, et que ce soldat fût français, cela, on ne nous l'avait jamais appris dans aucune de nos académies de guerre ».
Il y a bien d’autres choses que nos contemporains n’ont jamais apprises, même quand ils sont ministres.
Le Drapeau est le linceul de ces hommes. Le profaner est coupable. Laisser faire est indigne.

mercredi 9 mai 2012

Flatulences des dinosaures et réchauffement climatique !


Un article du Figaro de ce jour en témoigne. Je retiens quelques chiffres :
1 - La population de ces mastodontes est évaluée à une dizaine au km2.
2 - Chacun produisait 5 fois plus de méthane qu’une vache ou qu’une chèvre.
3 - Le méthane est 25 fois plus puissant que le CO2, comme gaz à effet de serre.
4 - Au total, 520 millions de tonnes de ce méthane par an empestaient alors la sainte planète.  
Or :
1 - La population des hommes est actuellement de 47 au km2 de terres émergées : 5 fois plus que les mammifères en question.
2 - Les performances de certains individus en la matière valent bien celles des chèvres, savoir le cinquième des dinosaures.
3 - Donc la production globale de méthane humain est du même ordre de grandeur que celle des dinosaures antiques, et dès lors bien responsable du réchauffement climatique actuel.
Il est urgent que les écolos sauveurs de planète se saisissent du problème.

mardi 1 mai 2012

Salons du livre


Touraine, terre d'écrivains, Balzac, Ronsard, Rabelais, Descartes… 
La mode des soi-disant salons du livre qui prolifèrent dans tous nos villages, dans tous les quartiers de nos villes, devient une insulte à la littérature. 
Un salon du livre n’est pas une foire à la brocante ! Un écrivain n’est pas un camelot qui accroche le passant pour vanter sa machine à couper les frittes ! Un lecteur n’est pas un badaud en “sur-vet“ qui trimballe ses gosses après le repas. Et lorsque l’édile local vient saluer un écrivain, il serait inspiré d’élever le débat au-dessus du niveau de la TVA sur les livres !
L’écriture est un art, au même titre que la peinture, la musique, etc. Le livre est un message personnel, sans voile, qu’un auteur offre à ses lecteurs afin que s’ouvre un dialogue de pensée. Le salon est une rencontre entre ces deux personnes, celle qui a lourdement travaillé à réaliser l’œuvre littéraire, et celle qui en a reçu le message, ou qui souhaite s’enquérir de son contenu. La dédicace qui accompagne traditionnellement cette rencontre est le souvenir vivant de cet enrichissement commun.
Les auteurs ne devraient accepter d’être présents à ces manifestations que si elles garantissent ce respect des lettres.

samedi 21 avril 2012

La haine.


Cette campagne électorale restera dans l’histoire comme celle qui a révélé le vrai visage de trop de citoyens, le hideux visage de la haine. 
“J’ai la haine“, chantaient certains au siècle dernier. Il voulaient tout casser. Ce n’est plus nécessaire. Ils regardent maintenant avec étonnement ce pays honni qui s’effondre tout seul, miné par le même mal.
On ne débat plus en politique, on se hait. On hait les riches ? Mais, comme tout le monde a plus riche que soi, ou qui semble l’être, c’est de la haine généralisée de l’autre qu’il s’agit. Et, comme le pauvre hait le riche, le riche par réaction hait le pauvre. Le sans-abri hait le bien logé. Le locataire hait le propriétaire. Le copropriétaire hait le promoteur. Le promoteur hait son banquier. Le banquier hait son client, ce quémandeur. On hait le voisin qui a une plus belle maison, une plus belle femme… On hait la voiture de l’autre, plus neuve que la sienne, ou qui pollue. L’employé hait son employeur. L’artisan hait les multinationales. Le secteur public hait le privé, qui hait à son tour le fonctionnaire. 
Beau résultat de 40 ans de “soixante-huitisme“ qui prêcha la paix et l’amour libre, mais répandit la haine.