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samedi 30 novembre 2024

Accident Palmade


L'enfant que portait l'une des victimes de l'accident, à six mois de grossesse, a été extrait par césarienne. Les médecins ont tenté pendant une demie heure de le réanimer. Ils ont hélas échoué. La Justice a dès lors statué selon sa jurisprudence : « Un enfant qui n'est pas né vivant n'existe pas en tant que personne légale » ! Qu'était alors cet enfant dont le petit corps a été enterré ou incinéré, je ne sais ? Un non-être ? Un rien ? Un déchet biologique ? 

On a aboli la peine de mort en France. Quoi de pire que celle qu'on invente aujourd'hui pour la remplacer, la peine de non vie, la peine d'inexistence ?

Comment peut-on, sans trembler, prononcer une telle sentence, à la seule lecture bureaucratique d'une phrase aussi ambiguë et contestable extraite d'un amoncellement de dossiers clos ? L'intelligence artificielle ne ferait pas pire. L'ordinateur décidera-t-il seul, un jour, de notre existence ? 

Or, les médecins qui ont échoué à ranimer ce bébé auraient très bien pu réussir. L'enfant inexistant serait-il alors soudain devenu un être humain ? Et ces médecins seraient-ils devenus, quant à eux, semblables à Dieu, créateurs de la vie ?

Saint Louis, toi qui rendais sous ton chêne la justice de l'Esprit, si tu es près du Père, prie pour qu'Il nous rende un peu de Sa lumière. 

mercredi 16 août 2023

L'ordinateur de Dieu...

 

Comment Dieu ou ses saints peuvent-ils entendre en même temps toutes les prière de quelques milliards de croyants ? C'est oublier que l'Au-delà, le royaume du Ciel, est hors du temps et de l'espace. Tout y est "un". L'avant et l'après ne font qu'un éternel maintenant. L'ici et l'ailleurs se concentrent en un point sans dimension qui, pourtant, contient tout. Prier, c'est oublier un instant son corps de chair enchainé dans son espace-temps, pour laisser son âme pénétrer dans le Tout en Un de Dieu. Alors, pour les milliards de créatures qui prient ensemble dans l'espace, l'écoute de Dieu est immédiate. Nous sommes très fiers de nos ordinateurs, et bientôt de ce que nous nous entêtons à appeler bien imprudemment l'intelligence artificielle. Croyons bien que l'ordinateur de Dieu est immensément plus performant, que nous y sommes tous en mémoire, et que la connexion est instantanée. 

vendredi 10 février 2023

La vie est un combat. L’arme gagnante


Ma jeunesse est sortie de la deuxième, et j’espère seconde, guerre mondiale qui ne laissa aucune famille sans ses morts militaires ou civils, au front ou sous les bombes. Alors, oui, pour ma génération et celle de mes parents, la vie n’avait d’autre visage que le celui d’un combat. Mes grands-parents et ancêtres connurent d’autres guerres qui virent les pères partir, et ne pas revenir, qui virent les veuves empoigner la charrue. Oui, pour eux aussi, la vie fut un combat. Mes aïeux, aussi loin que je peux remonter, en plus d’autres guerres, de révolutions, de massacres en tous genres, connurent les famines qui ne leur laissaient que les fougères et les orties pour nourrir leurs enfants. Pour eux aussi, la vie était un perpétuel combat. La célèbre peinture de l’angélus par  Millet qui décora mon enfance a imprimé dans mes neurones cette éternelle image de la vie : la prière au travail dans le combat quotidien.
Aujourd’hui, on voudrait que la vie fût une jouissance avec assistance ! Et s’il y a des malheureux, eh bien ! c’est la faute à l’assistance ! Je me demande si. dans ce basculement de notre société dans l’assistanat généralisé, quelque chose n’a pas sombré qui faisait l’ossature morale de notre peuple. Car le combat de la vie n’a pas pour seuls ennemis les forces du mal extérieures. Il doit aussi faire face aux maux qui ruinent de l’intérieur la personne humaine, que sont la paresse, la fuite, le mensonge, le déshonneur. 
Mais alors, comment sortir vainqueur de ce combat ? Le vainqueur est celui qui garde la tête haute, même s’il est la victime. Entre le voyageur dépouillé au bord du chemin. et les voleurs enfuis, qui garde la tête haute ?
Mes enfants et moi-même avons connu ce combat qui vit la mise à mort et le dépeçage d’une entreprise. De cette curée, qui sortit la tête haute ? Est-ce le banquier qui, en refusant d’apporter son concours temporaire de trésorerie à une entreprise qui ne présentait aucun risque financier, mais avait comme seul tort d’être étranger à certains réseaux, signa l’arrêt de mort ? Est-ce la pauvre clique des éternels aigris qui, en répandant leur fiel parmi les investisseurs, rendirent toute solution impossible ? Est-ce l’autorité publique qui, plutôt que de laisser les opérateurs en place, qui n’avaient rien à se reprocher, terminer le programme, firent appel à un personnage qui sera, plus tard, mis en examen ? 
La vieillesse apporte une étrange sensation. Celle d’entrevoir sourdement, au tréfonds de sa carcasse de chair, l’écho d’un autre soi-même, qui fait fi du temps et de l’espace. Il semble bien que l’homme de chair soit la matérialisation temporaire d’une Pensée, elle-même image de l’Esprit. C’est cette Pensée qui sauve. Il faut s’enfoncer au tréfonds de son infiniment petit qui, seul, ouvre l’immatériel de la Pensée qui vibre en chacun de nous, pour qui sait l’entendre. Cette introspection s’appelle la prière. La force de la prière est l’arme gagnante dans le combat de la vie. Alors le temporel s’ouvre à l’éternité. Elle nous fait entrer dans le secret de notre autre vérité, et nous dévoile, l’espace d’un instant, les bienfaits de sa bénédiction.

vendredi 29 avril 2022

Ainsi va la vie. Elle passe... et l'on passe à côté !

Des étagères encombrées de boîtes de diapositives, qui n'a pas cela chez soi ? Une vie saisie sur ces petits carrés de pellicule ; les évènements de famille ; les enfants au berceau ; les voyages autour du monde, pour ceux qui purent se les payer... Et maintenant, qui les regarde ? Personne ! Les enfants ? Ils n'auront de toute façon pas le matériel pour les "visionner". Les scanner ? On peut, mais quel travail fastidieux ! Nous voulions les immortaliser, ces évènements... Mais, ils sont morts ! Les avons-nous vécus, au moins, ces moments heureux passés l'œil rivé sur l'oculaire ? Je me souviens d'un ami avec qui je visitais un pays lointain, moi, la caméra au poing, lui, les mains dans les poches. Je m'étonnais qu'il n'eût pas d'appareil photo. Il me répondit : pour quoi faire ? Je n'ai personne à qui les montrer ! Mes yeux et ma mémoire en garderont bien plus que toi... Ainsi va la vie. Elle passe... et l'on passe à côté !

Aujourd'hui, les nouvelles générations ne passent pas dans la vie, appareil photo à la main, mais "smartphone" sous le pouce. Ils traversent la ville l'œil rivé sur leur minuscule écran. Prendre l'air à la campagne ? Ils ne regardent que ledit écran... Dans le train, le bus, ou même en voiture, même chose...À table ? Doit-on poser son téléphone à gauche ou à droite de l'assiette ? Si on leur demande ce qu'ils ont vu dans la journée ? Rien ! Ainsi va leur vie. Elle passe... et ils passent à côté ! 

mardi 27 août 2019

On ne naît pas sans père !

La PMA, jusqu'alors conçue comme aide médicale aux couples de parents faisant face à des problèmes de procréation naturelle, fait l'objet d'un projet gouvernemental d'extension aux femmes seules et aux couples de femmes, avec remboursement par la Sécurité sociale. D'où la nécessité d’une redéfinition de la filiation pour les enfants qui naîtront d’une PMA dans un couple de lesbiennes. Aux dernières nouvelles, on n'écrira plus "parent 1 et parent 2" sur l'acte de naissance d'un bébé né ainsi, mais "mère et mère"… Ainsi en a décidé le ministre de la Justice (la ministre dit-on dans le langage convenu des médias dociles). Lequel, de préciser : « sans doute mettrons-nous la mère qui accouche en premier puis l’autre mère ensuite » ! Le ministre en question pense sans doute que les deux partenaires auront accouché l'une après l'autre du même bébé.
Eh bien, non ! Madame le Ministre ! Un être humain ne naît pas de deux femmes, mais d'une cellule mâle et d'une cellule femelle qui fusionnent. Ainsi nous l'apprend la biologie cellulaire la plus élémentaire. C'est à l'instant mystérieux de cette fusion intime que l'essence de l'être devient existence. Ainsi s'exprimait déjà Platon. C'est cette fusion créatrice que le matérialisme borné de ce régime inculte, mais autoritaire, veut ignorer. C'est l'existence même du père qu'il veut effacer des mémoires. Alors, l'être humain, ramené à la dimension d'un objet qui vit, mais ne le sait plus, d'un animal fabriqué en laboratoire, bientôt en usine, fournira la matière première à un chiffre d'affaires prometteur.
Eh bien, non, encore ! On peut naître de père caché — je connais un très bon livre sur le sujet (1) —. On peut naître de père inconnu. On peut naître de père décédé. Mais, on ne naît pas sans père ! C'est une bien grande vanité que de croire que l'on puisse ainsi être issu du néant par la seule volonté humaine. Avant, il n'y avait rien, et voilà que tout à coup, il y a moi ! Mais, si je suis issu du néant, c'est que celui-ci me contenait ! Alors, il n'était pas le néant… Rien ne peut provenir du néant ni y retourner, ou bien ce n'est pas le néant. Alors, de quoi suis-je issu ? Quelque chose (ou quelqu'un) ne peut provenir que d'autre chose  — encore un bon livre (2) —. Autre chose qui n'existe pas dans notre univers matériel d'espace-temps. Autre chose qui procède de l'essence immatérielle du Tout. La naissance à l'existence est la matérialisation dans le temps de ce Tout de l'Esprit, lui-même hors du temps. Elle s'opère à l'heure de la rencontre des gamètes. Un jour, peut-être, la science nous apprendra ce qui se passe alors au sein de ces deux cellules, aux confins de l’infiniment petit, sur ce seuil de l'Au-delà.
Je n'ai pas vocation à traiter ici de la libido des uns et des autres. Chacun, en ce domaine, est libre. Mais vouloir, pour s'en justifier — alors que personne ne demande de justification — attenter à la loi de la nature, est, comme tout sacrilège, œuvre imbécile.

  1. https://sites.google.com/site/jlfalcozenfantdeperecache/
  2. https://sites.google.com/site/pourquoiquelquun/

jeudi 14 février 2019

Vieillesse

Au hasard des lignes d'un manuscrit dont j'aurai le plaisir d'éditer le livre dans les prochaines semaines(*), voici un passage dont je veux vous faire part :
« En poussant ce "portillon blanc" du dernier âge, j’ai le choix entre deux états d’esprit. 
Le premier, sinistre, a bien été décrit par Victor Hugo : « L’hiver, point de chaleur, point de lumière, point de midi, le soir touche au matin, brouillard, crépuscule, la fenêtre est grise, on n’y voit pas clair. Le ciel est un soupirail. Toute la journée est une cave. Le soleil a l’air d’un pauvre. L’affreuse saison ! L’hiver change en pierre l’eau du ciel et le cœur de l’homme ». 
Le second état d’esprit, optimiste, que je préfère et retiens, est celui du Pape François qui lors de l’audience générale du 23 mars 2015, a très simplement et justement fleuri la vieillesse, en affirmant qu’elle était "une grâce, une mission et une vocation" ».
L'auteur écrit par ailleurs : « …dernière saison, celle de la simplification qui rejette le superflu, de la purification, de l’essentiel, l’âge de la connaissance, de la reconnaissance et de la sagesse ».
(*) Aux Éditions France-Loire

mercredi 14 mars 2018

Euthanasie et "suicide assisté"

Cela fait quand même drôle d'entendre parler les autres de la façon dont ils vont vous "euthanasier" un jour… Car, ce sont les jeunes qui en bavardent. Les vieux ? On ne leur demande pas leur avis ! Au fond, je me demande si le souci de ces bavards n'est pas de s'éviter — à eux ! — la souffrance de voir un des leurs souffrir. Dans une civilisation (??) qui ne fait pas de différence entre un être humain et un singe évolué, voilà où l'on en arrive !
Alors, avant qu'il soit trop tard, permettez à une victime potentielle de dire deux mots sur le sujet.

1 À propos de la sémantique, ceux-là nous expliquent qu'euthanasie et suicide assisté, ce n'est pas la même chose. Que dans un cas, c'est le malade qui avale lui-même la pilule qu'on lui fournit ; que dans l'autre, c'est le médecin qui fait la piqûre. Ne soyez pas trop hypocrites quand même ! Dans les deux cas, il y a quelqu'un qui met volontairement fin à une vie d'autrui. C'est de cela qu’il s'agit. 

2 Sur le fond, de quoi parle-t-on ? Du droit au suicide ? Que je sache, on n'a jamais mis quelqu'un en prison après qu'il se fut suicidé ! Mais, il s'agit du "suicide assisté", répliquera-t-on. Désolé, mais un suicide, c'est lorsqu'on se tue soi-même. Si quelqu'un d'autre le fait à votre place, cela s'appelle un meurtre. N'inventons pas des mots pour dissimuler les faits.

La question est donc celle-ci : aura-t-on le droit bientôt de mettre fin à la vie d'autrui ?
— Seulement, rétorquera-t-on, dans le cas où, d'une part cette personne le demande et, d'autre part est atteinte d'une maladie incurable qui la fait souffrir de façon insupportable.
Quand on parle de droit, il faut préciser de quel tribunal il s'agit. 
S'agit-il du tribunal de sa conscience ? Si tel est le cas, aucune loi humaine n'apportera la réponse. On peut se demander, d'ailleurs, si cette revendication d'une législation civile ne cache pas le besoin de s'affranchir de ce tribunal de la conscience. C'est très dur de décider seul, "en son âme et conscience". Si la loi le faisait à notre place… 
Mais si le "droit" dont on parle est celui du tribunal des hommes, alors il faudra que celui-ci se prononce au préalable, d'une part sur l'irréversibilité de la maladie, d'autre part sur le caractère insupportable de la souffrance. 
Sur la première question, on a déjà vu des guérisons avoir lieu contre tous dires d'experts. Mais, passons ! Si tel est le cas, ce sera simplement une bavure.
Sur la seconde question, c'est plus compliqué. À partir de quel degré de douleur l'euthanasie deviendrait-elle licite ? Et comment le mesurer ? Il n'y a pas d'échelle de Richter de la douleur, et il n'y a pas d'appareil pour la mesurer. Et puis, le caractère "intolérable" est variable d'un individu à l'autre. Enfin, puisque l'égalité est à la mode, qu'en serait-il de l'égalité devant la mort, entre un grand souffrant, et un autre souffrant seulement un petit peu moins ? Une actuelle et dramatique affaire montre que tout cela est utopique, que les tribunaux n'ont d'autre souci que de se déclarer incompétents. Mais alors, si ce n'est pas le juge qui décide, qui d'autre osera prétendre à la légitimité dans la décision de mort ? Nous voilà revenus devant le tribunal de la conscience. On n'y échappe décidément pas !

Pourquoi cette question — grave ! — se pose-t-elle finalement à l'homme moderne ? Parce que celui-ci a franchi sans s'en rendre compte la ligne rouge du savoir interdit. Il sait désormais, non pas créer la vie, mais provoquer à sa convenance la création de la vie, l'entraver ou la modifier. Et à la fin de celle-ci, il sait la prolonger artificiellement, puis y mettre fin à son gré. Le vieux rêve de l'Homme jouant à être Dieu est en train de se réaliser. Une fois, déjà, l'Homme mangea le fruit de l'arbre de la connaissance. Il en perdit le paradis de l'insouciance. Une ère de mutation de même ampleur s'ouvre-t-elle devant nous ? L'interdit divin aura-t-il, dès lors, été transgressé : "Maintenant, qu'il n'avance pas sa main, qu'il ne prenne pas aussi de l'arbre de vie, pour en manger et vivre éternellement" (Genèse 3,21-22). Voilà pourquoi, ce n'est pas sur le "droit" de donner la mort qu'il faut légiférer, mais sur la faute d'entrave inutile à ladite mort naturelle, opérée par des manipulations artificielles finalement coupables. Secourir le mourant par des soins palliatifs anti douleur est un devoir, jusqu'au coma provoqué s'il n'y a plus d'autre solution. Mais, pour le reste, laissons Dieu donner la vie et la reprendre Lui-même.

Je ne sais ce que Dieu qui tient mon âme entre Ses mains entend faire de mon corps. Mais, quand l'heure d'ici-bas sera venue, que personne ne s'aventure à décider à Sa place !

mercredi 6 décembre 2017

L'essentiel

Vous connaissez sans doute cette belle histoire que je retrouve à l'instant sur un bulletin paroissial de ma Bretagne. Un professeur fit un jour devant ses élèves la démonstration suivante. Il prit un bocal de verre qu'il emplit de galets. Puis, il demanda à ses élèves si le bocal était bien plein. Oui, répondirent ceux-ci. Il prit alors un récipient de sable qu'il versa dans le bocal, entre les galets, et reposa la question. Cette fois, les étudiants ne s'y laissèrent pas prendre et dirent non. En effet, le professeur prit un verre d'eau qu'il versa dans le bocal sans qu'il en débordât une goutte. Alors, il posa une autre question : quelle est la morale de cette histoire ? Cela prouve, dirent les uns, que lorsqu'on n'a plus le temps, il reste toujours un peu de temps ; ou bien... etc. Rien de tout cela, répondit le professeur. Cela montre seulement que si vous vouliez emplir le bocal en commençant par l'eau, puis en y versant le sable, et enfin les galets, vous ne parviendriez jamais à tout y placer. Il en est de même pour votre vie, continua le sage professeur. Si vous voulez bien remplir votre vie, ne commencez pas par y mettre les futilités. Vous n'auriez alors plus la place d'y loger l'essentiel. Posez-vous seulement la question : quel est l'essentiel ?

samedi 25 novembre 2017

La femme

N'en déplaise aux bobos du moment, la femme n'est pas l'égale de l'homme, elle passe en premier. Pas seulement parce que, par courtoisie, les anciens qui savaient vivre la laissaient passer en premier, cédaient le passage ou leur place assise ; pas seulement parce que, par chevalerie, nos ancêtres mouraient pour ses beaux yeux ; mais parce que la femme est notre origine sur terre. Sans la femme, pas d'homme ! Alors, oui, la femme se respecte. La femme est notre sanctuaire. Marie fut le plus merveilleux de ces sanctuaires. Mais, pour moi, toutes les femmes s'appellent Marie.

dimanche 28 décembre 2014

2014 est morte. Vive 2015

Je vais vous dire une banalité qui, pourtant, me laisse songeur. Cette année 2014 qui s’achève, une de plus, qui fut notre compagne pendant quelques dizaines de semaines, est morte et ne reviendra jamais. Combien de milliards d’années nouvelles lui succéderont, qui ne seront plus jamais elle ? 
— C’est vrai pour toutes les années, direz-vous.
— Justement ! C’est cela qui me laisse songeur. Pourquoi ne rencontrons-nous, chacun, qu’un petit bout du temps seulement ? Et, qu’est-ce donc que ce temps si long qui ne coule que dans un sens ? Serait-il là, sans nous ? Quelle est la réalité de ce qui ne peut être observé ?
— Le temps dans l’Univers, nous dit la science, est une donnée subjective liée à l’observateur. Il s’étire avec la vitesse et passe plus lentement au rez-de-chaussée qu’au sommet d’un gratte-ciel…
— Eh bien ! Ce temps à géométrie variable l’est aussi pour chacun de nous. Le chemin de la vie gravit une montagne dont la pente est raide jusqu’à l’âge adulte. Puis, la pente s’adoucit, et le temps s’arrête tout doucement pour ceux qui cheminent dans leurs dernières années.

Alors, accueillez l’année 2015 en pensant que jamais personne ne la vivra après vous. Et qu’ainsi, elle vous soit reconnaissante. Ce sera mon vœu pour vous.








mercredi 24 octobre 2012

Quand tu manques…


"Quand tu manques d'élan, écoute Strauss, le père et le fils.
"Quand tu manques de flamme, écoute Brahms ou Dvorak.
"Quand tu manques de cœur, écoute Schumann ou Debussy.
"Quand tu manques de tendresse, écoute Chopin.
"Quand tu manques de lyrisme, écoute Tchaïkovski.
"Quand tu manques de joie, écoute Offenbach ou Satie.
"Quand tu manques de densité, écoute Wagner.
"Et quand tu manques d'amour et de bon sens, écoute Édith Piaf."(*)

(*) Père Michel-Marie Zanotto-Sorkine - «Au disble la tiédeur - Robert Laffont

vendredi 2 mars 2012

Thérèse d'Avila :


« Tout allait de mal en pis, c’est le signe que prend le ciel pour vous acculer et brusquement tout conclure au mieux. (…) Les difficultés d’un jour annoncent la réussite insoupçonnée du lendemain »


vendredi 25 novembre 2011

Hymne à la vie


Un ami de longtemps… longtemps, m'envoie ce poème de sa main. Je ne résiste pas au désir de le partager :

Arrive un âge dans la vie
Où l’homme doit se résigner,
Accepter ce qui est parti,
Voir cette vie s’amenuiser.
Mais, s’il a toujours cette chance
de voir, d’entendre et de penser
Ce qui peut être d’importance
Ce qu’il faut savoir oublier.
Heureux quand sa main peut écrire,
Sa voix, des mots pour nous charmer,
Ses yeux comme autant de sourires,
Son cœur capable encor’ d’aimer.
La vie est un amas de bagages
Qu’au fil des ans on abandonne,
Les illusions telles des nuages 
S’envolent sous le vent d’automne.
Le crépuscule est un chemin,
Ultime auberge des envies,
Un clair-obscur dans le lointain,
Prémices à l’éternelle nuit.
La vie est comme une bougie
Sa flamme luit, chancelle, s’éteint,
Mais, tant qu’elle n’est pas finie
Vivons sans penser à demain.
Marchons au soleil qui se lève.
Cueillons des fleurs dans la rosée.
Rêvons au couchant sur la grève.
Aimons tant que l’on peut aimer.

mercredi 9 novembre 2011

11 novembre 2011


Voilà que d’aucuns prédisent les pires catastrophes, ou les plus grands bonheurs selon l’humeur, vendredi 11 novembre 2011, au motif qu’en abrégé, cela s’écrit 11 11 11… Et que dire, quand il sera 11 heures, 11 minutes et 11 secondes ? Surtout si, à cette heure-là, nous sortons de chez nous, au numéro 11 ou 111…
Allons ! La main de l’homme est-elle si influente dans l’univers que les événements s’y réfèrent ? Notre petit doigt gouverne-t-il le cosmos ? 
Car enfin, si ces chiffres du calendrier présentent cette singularité, c’est parce que notre arithmétique compte en base 10. Et nous comptons en base 10 parce que nous avons dix doigts. Que nous n’ayons eu que quatre doigts à chaque main, comme certains animaux, et nous aurions compté en base 8. 
Dès lors, 11 se serait écrit 13, 111 se serait écrit 157, et 1111 se serait écrit 2127. Rien de remarquable alors !

samedi 20 août 2011

La vie.

Il volette d’un bouton d’or à l’autre, le papillon blanc. 
Gauche, comme encombré de ses ailes immenses.
Dame, essayez de voler avec des voiles qui à votre taille devraient faire dix mètres !
S’il se pose sur la fleur pour en sucer le suc, la frêle tige s’en abaisse jusqu’au sol. 
Est-ce sous le poids de l’insecte, si léger pourtant, ou pour lui faire une révérence gracieuse  ?
Il repart, tournicote comme ivre et se pose à nouveau.
Le voilà qui s’approche, se risque en tremblant sur l’accoudoir de mon siège.
Il tend en l’air ses deux ailes, les tape l’une contre l’autre, 
comme pour en faire tomber la poussière de pollen dont il s’est repu.
Et le voilà parti jusqu’au bouquet de lavande odorante.
Quel est cet ovni grotesque qui s’est posé sur mon épi où je dormais ?
C’est une coccinelle qui s’enfuit devant l’intrus,
en dévalant la longue tige jusqu’au sol protecteur. Quelle glissade !
Tiens, je ne suis pas seul ! Un autre papillon blanc !
Voilà les deux qui enroulent leurs vols chaotiques,
en une danse endiablée jusqu’à la cime des arbres.
Jusqu’au ciel où ils cacheront leurs amours ?
Non, Messieurs de Rosnay Reeves, Coppens,
la vie, c’est autre chose qu’une cellule qui s’est mise un jour à bouger !
La vie n’est pas que “carbone, azote, phosphore, soufre, et rien de plus“ !
Carbone, azote, phosphore, soufre, peut-être…
Mais pas “rien de plus“ : tout le reste !

dimanche 22 août 2010

Kipling

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou, perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;
Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leur bouche folle,
Sans mentir toi-même d'un seul mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer, observer et connaître 
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage 
Sans être moral ni pédant ;
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite 
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire 
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un Homme, mon fils.

Rudyard Kipling

mercredi 5 novembre 2008

La sagesse de Sirach

Voici ce qu’écrivait aux alentours de l’an 180 avant Jésus-Christ, un certain Jésus, fils de Sirach, de Jérusalem. Ce manuscrit, écrit à l’origine en hébreu, fut traduit en grec par Ben Sira, petit-fils de l’auteur. Des fragments du texte original ont été découverts au Caire en 1896.

Heureux l’homme qui médite la sagesse,
et qui réfléchit à la science ;
...
Écoute-moi, mon fils, et apprends la sagesse ;
et rends ton cœur attentif à mes paroles.
Je te découvrirai une doctrine pesée dans la balance,
et je te ferai connaître une science exacte.
...
La science du sage abonde comme une eau qui déborde,
et son conseil est une source de vie.
L’intérieur de l’insensé est comme un vase fêlé ;
il ne retiendra aucune connaissance.
...
J’ai consigné dans ce livre
un enseignement d’intelligence et de science,
...
Approchez-vous de moi, ignorants,
et établissez votre demeure dans la maison de l’instruction,
puisque vous manquez de sagesse,
et que vos âmes ont grandement soif.