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dimanche 15 janvier 2023

Vidéos et images subliminales : danger !

Les nouvelles technologies offertes par les smartphones ont fait basculer la communication entre les êtres, de l’écriture à la vidéo. On n’aime plus lire, cela prend trop de temps, demande trop d’effort mental. Une vidéo, c’est prêt à consommer, c’est instantané, cela dit tout en un clin d’œil. Oui, mais le malheur est que cela en dit plus que l’on ne croit. 

Les logiciels amateurs permettent maintenant à quiconque de fabriquer de très bonnes vidéos en travaillant à volonté les images qui constitueront le film diffusé. On peut y inclure des images étrangères à la prise de vue, déplacer des séquences, inclure des textes etc.

Or, les sciences cognitives connaissent mieux depuis une vingtaine d’années le fonctionnement du cerveau qui ingurgitera de telles vidéo. L’œil reçoit quantité d’informations superposées qu’il transmet au cerveau. La plus grande partie en seront traitées par les milliards de neurones du cortex de manière "automatique", avant d’atteindre le niveau de la conscience. Si vous posez le doigt sur la plaque de cuisson, votre cerveau donnera immédiatement l’ordre de le retirer avant que vous n’ayez pris conscience que vous vous brûlez. Mais le cerveau fait aussi le tri dans cet afflux d’informations. Seules quelques unes atteindront ce que l’on appelle la conscience, les autres ne seront jamais "vues" par l’observateur. Ainsi, une seule image de cinéma d’une quarantaine de millisecondes incluse dans une séquence sera bien saisie par l’œil et traitée par le cortex, mais n’atteindra jamais le stade de la conscience. On l’appelle subliminale, c’est à dire "en deçà du seuil de conscience". Si je glisse plusieurs très courtes photos de choucroute dans ma vidéo qui vous parle de la pluie et du beau temps, vous aurez tout à coup envie de manger une choucroute, sans savoir d’où cela vous vient. 

On imagine le parti qui peut en être tiré aujourd’hui par la faune de politiciens, faiseurs d’opinions et mercantis de tous poils, pour manipuler les cerveaux à volonté. Certes, le phénomène n’est pas nouveau pour la télé d’État. Déjà, il y a quarante ans, les images subliminales avaient fait polémique pour l’élection présidentielle. Le scandale avait été vite étouffé, mais n’imaginons pas que, depuis, les opérateurs aient été touchés par la grâce, et se soient interdit ces procédés peu honorables, même si des moyens techniques permettent maintenant de les déceler. Quant aux médias nouveaux que sont les réseaux sociaux, on ne voit pas pourquoi ils seraient épargnés par ce virus de la manipulation par l'image.

Autre chose est la communication par l’écriture. Là, pas de manipulation possible. L’auteur d'un texte ne peut qu’y exprimer sa pensée, avec talent ou maladroitement, c’est selon, mais nul ne peut tricher avec les mots. Voilà pourquoi, sur les réseaux sociaux, je ne m’intéresse qu’aux textes écrits, en écris mol-même, et ne regarde jamais les vidéos ni n’en produis.

 

samedi 8 octobre 2022

Le roman artificiel

Les nouvelles technologies fondées sur l'utilisation d'ordinateurs de plus en plus puissants vont permettre bientôt, si ce n'est déjà, de demander à la machine de rédiger elle-même un roman. Il suffira pour cela de lui faire ingurgiter de force des milliers d'œuvres littéraires de référence, puis de lui demander d'écrire un roman d'amour en deux cents pages qui se passe à tel endroit, le tout à la manière de tel écrivain à succès.

La mode veut que l'on appelle cela "intelligence artificielle". Je crois que l'on a sombré, au contraire, dans le puits sans fond de la non-intelligence. Car, l'intelligence n'a rien à voir avec la performance électronique d'une machine. L'intelligence est spécificité de la personne humaine, don à la créature qui trouve sa source dans l'immatérialité de l'être. C'est cette intelligence-là, naturelle, voire surnaturelle, que l'écrivain tente de transmettre par sa plume, comme le compositeur le fait avec les notes, et l'artiste avec son pinceau. La machine n'y aura jamais accès. 

Par ailleurs, s'ouvre avec ces techniques l'épineuse question des droits d'auteur. Quel droit aurait le commanditaire d'une telle construction préfabriquée de s'en prétendre l'auteur ? Où serait, dans cette suite de mots arrangés par la machine, la pensée de l'auteur, c'est-à-dire son intelligence ?

Les écrivains crient au plagiat. Les éditeurs montent aux créneaux. Les lecteurs choisiront ce qu'ils veulent consommer. Ou bien l'artifice de l'intelligence électronique retombera tout seul comme une mauvaise mayonnaise, ou bien l'intelligence humaine est décidément en voie de disparition. 

mardi 9 mars 2021

Chrétiens et musulmans

J’ai voulu, il y a deux ans, témoigner par un livre (*) comment, près de deux ans passés au Sahara dans les années soixante, m’ont appris que christianisme et islam peuvent se retrouver dans l’amour. C’est dire si, aujourd’hui, l’énorme retentissement du voyage du pape François en Irak me remplit de joie.

(*) "La rose de Timadanine" Éditions ID France-Loire



samedi 22 août 2020

Le livre et "l'Intelligence" artificielle


Voilà que les apprentis démiurge de « l’intelligence artificielle » prétendre écrire des livres tous seuls, « presque » aussi bien que des vrais ! Savent-ils ce qu’est un livre ? C’est la pensée d’un auteur, plus ou moins bien exprimée, mais pensée quand-même. Savent-ils ce qu’est la pensée ? C’est la dimension cachée de l’être humain, qui s’exprime depuis son au-delà. C’est l’indiscible qui tente de se faire entendre à travers les mystérieuses particules quantiques de la créature humaine. Croit-on pouvoir brancher un ordinateur sur l’Au-delà ?

mardi 23 juillet 2019

Français de souche

Retour du Festival International du Livre Militaire à Coëtquidan, au cœur de l’antique, immense et mythique Forêt de Brocéliande aujourd’hui réduite à quelques hectares sauvegardés. 
Par delà les superbes prises d’armes et cérémonies militaires qui marquèrent ces journées consacrées aussi à la remise des épées aux nouveaux officiers promus, c’est à cette forêt disparue que mes pensées allèrent pendant deux jours. Sur ma table, il y avait l’un de mes livres "Français de souche"(*) que je dédicaçai  de nombreuses fois. Pas vraiment un livre militaire, mais un livre concernant tous ces jeunes officiers, certainement. Ce livre, j’aurais pu l’appeler "Breton de souche", puisqu’il relate l’histoire de plus de cent de mes ancêtres au fil de onze générations, tous laboureurs depuis cinq siècles en cette forêt d'alors. Dans la Forêt de Brocéliande, personne n'entrait, personne n’en sortait. N'y survivaient que des Bretons de souche depuis, sans doute, le paléolithique... Puis, un roi de France, un jour, annexa l'Armorique. Alors, les Bretons de souche devinrent des Français de souche… 
Le polémique actuelle sur la question des souches est niaise ! Il y avait, parmi les militaires qui visitaient les stands, des visages de toutes souches, tous, pourtant, intégrés à la patrie française, et fiers de leurs galons. Ils s’arrêtaient pour me parler de leurs souches à eux, ici ou là, la main sur mon livre. Non, vraiment ! La bobocratie ambiante n’a rien compris ! Je songeais aux milliers des autres descendants inconnus de ces aïeux-là, que je pouvais aujourd’hui côtoyer, cousins sans le savoir. Eh oui ! Honorer ses souches, c’est s’ouvrir aux autre ! Le contraire de l’enfermement sur sa petite personne !
(*)Pour en savoir plus :
https://sites.google.com/site/idfranceloire/catalogue/bernard-huet-francais-de-souche

samedi 16 mars 2019

Le livre

Le Figaro du 14/03/2019 écrit : « Les ventes de livres en 2018 n'ont reculé "que de" 0,9%… Mais, le BD et mangas ont progressé de 11%… les "-sciences humaines (écologie, féminisme, changements de société) ont progressé de 4,8% … le fantastique, aussi, fait un bond dans sa tranche ». 
Il faut bien en conclure qu'autre chose a baissé. L'article le confirme : « La littérature générale recule de 5,4% » ! 
Or, selon Valérie Trierweiler dans Paris Match, « Le temps de lecture moyen par Français et par jour est de... deux minutes » ! Étant donné qu'il y a quand-même de nombreux gros lecteurs, cela laisse imaginer le nombre de personnes qui ne lisent jamais. 
Quant au Figaro il conclue : « Le lent effritement du marché est dû à des achats en diminution chez les gros lecteurs ».
Donc, deux phénomènes qui se cumulent, bien que différents : 
1°) Les "gens", comme l'on dit, c'est à dire les lecteurs occasionnels ne lisent plus.
2°) Les gros lecteurs lisent moins.
Jadis, tout le monde lisait un peu, même à la campagne, même les personnes peu instruites. On lisait volontiers le journal qu'on se passait de ferme en ferme. Ou bien l'almanach. Ou bien le bulletin de Monsieur le Recteur. Aujourd'hui le smartphone cannibalise tout le temps disponible. C'est sans doute sans remède.
Quant-aux gros lecteurs, c'est une autre affaire. S'ils lisent moins, n'est-ce pas simplement parce que ce qui leur est offert est de plus en plus médiocre ? Les éditeur et les libraires, plus soucieux de leur chiffre d'affaires que de la promotion des belles lettres, ne s'intéressent qu'à ce qui a été "vu à la télé" quel qu'en soit le contenu, et ignorent superbement quantité d'écrivains, bons mais inconnus. Peut-être n'ont-ils pas le temps de faire le tri, mais le problème est là. 

lundi 4 février 2019

Le livre

Autrefois, un livre imprimé ne pouvait être modifié qu'en réédition. Aujourd'hui, on imprime à la demande. L'auteur est donc fondé à corriger son texte à volonté, l'amender, le compléter, etc. (On imagine "Les misérables" versions 1, 2, etc...?). Quant à l'avènement du livre électronique — inéluctable à terme malgré les réticences actuelles compréhensibles — il bouleversera par sa malléabilité totale le concept du livre, avec en plus le droit de réponse du lecteur !
Mais, si le livre papier doit un jour disparaître au profit de l'électronique, comme la pierre gravée a disparu au profit du papyrus et du parchemin, puis ceux-ci au profit du papier imprimé, j'espère au moins que l'écriture ne disparaîtra pas au profit de l'image fixe ou animée. De même que la parole est le propre de l'homme, l'écriture est la créatrice de sa pensée, et le vecteur indispensable à sa transmission. L'image, même animée (laquelle n'est alors qu'une succession d'images fixes) est figée sur un état, une situation, l'atmosphère d'un instant. Elle enferme la pensée dans ce qu'elle est à cet instant. L'écriture transcende l'image en laissant l'imagination construire celle-ci. Si l'écriture meurt, la pensée mourra, et l'Homme avec.

mercredi 17 octobre 2018

#Généalogie


Depuis que j'ai écrit mon livre sur la découverte de mes #aïeux bretons que je fis en remontant jusqu'au XVIe siècle (avant, je ne sais pas)  ("Français de souche" Éditions id France Loire), je suis fasciné par désir — impossible à réaliser, hélas ! — de reconstituer le chemin qui me relie forcément au premier couple humain. Car, si l'homo sapiens a 200.000 ans, Lucie et les Australopithèques en ont trois millions, et Toumaïe, sept millions, paraît-il. Ceux-ci n'étaient pas encore des hommes au sens propre. Il a donc bien fallu qu'une mutation se produise quelque part sur la Terre pour qu'un premier spécimen humain, mâle ou femelle, apparaisse. Or, un mutant n'est plus fertile avec les congénères dont il est issu. Il a donc fallu qu'une seconde mutation improbable se révèle pour offrir le partenaire fertile. Miracle ! Mais, encore fallait-il qu'il fût du sexe opposé. Miracle à la puissance deux ! Et que l'évènement eût lieu tout près de la grotte du premier mutant. Miracle à la puissance trois ! Qu'on ne me dise pas qu'un tel triple miracle aurait pu se reproduire ailleurs en même temps ! C'est cet impossible hasard qui rend plausible le merveilleux récit de la #Création divine, le sixième "jour". Et depuis ? Eh bien ! depuis, il y a forcément un fil généalogique, une succession de grands-mères ou de grands-pères, qui relie chacun d'entre nous à ce premier couple. Vertigineux !

jeudi 4 janvier 2018

Légitimité

Si vous prétendez écrire un livre sur une religion, mais que vous n'êtes pas un clerc patenté, le grand public ne vous délivrera pas de légitimité, et passera outre. Seuls vous liront les esprits accomplis et cultivés. Ils restent nombreux, Dieu merci. Si vous prétendez écrire un livre sur l'Histoire, mais que vous n'êtes pas un historien médiatisé, le grand public ne vous délivrera pas non plus de légitimité. Mais nombreux resteront les esprits curieux qui y trouveront enseignement. Si vous prétendez écrire un livre qui traite du cosmos, alors que vous n'êtes pas astrophysicien : qui traite de l'infiniment petit, alors que vous n'êtes pas ingénieur atomiste ; qui traite de la vie, alors que vous n'êtes pas biologiste ; qui traite de l'école, alors que vous n'êtes pas enseignant ; qui traite de cuisine, alors que vous n'êtes pas cuisinier ; qui traite de jardin, alors que vous n'êtes pas jardinier ; qui traite de… ; le grand public ne vous délivrera pas de légitimité, et passera outre. Au fond, ce public-là est dans la vie comme à l'école : tant que c'est la maîtresse qui parle, on l'écoute ; sinon… Eh bien ! J'écris pour les gens qui sont sortis de l'enfance !
 https://sites.google.com/site/bernardhuetauteur/
  

samedi 11 novembre 2017

Grammaire Femen

L'adjectif et le sujet doivent être, en français, du même genre (masculin ou féminin) et du même nombre (singulier ou pluriel). L'affaire se complique s'il y a plusieurs sujets mixtes. Il est alors convenu d'accorder avec le masculin qui joue le rôle de neutre : "Les habitants et habitantes de ce pays sont beaux".
Certaines femmes découvrant tout à coup dans cette règle une agression insoutenable contre l'égalité des sexes (?) voudraient imposer que l'on accordât désormais avec le sujet le plus proche : "Les habitants et habitantes de ce pays sont belles".
Le problème est que la courtoisie qui voulait jusqu'alors que l'on plaçât en premier les dames amène à écrire : "Les habitantes et habitants de ce pays sont beaux". Patatras ! L'accord new-look de proximité ne fonctionne plus ! 
Mais il y a plus cocasse. Comment s'en sortir pour écrire dans l'égalité des sexes : "Les beaux habitants et habitantes de ce pays" ?… En nous en tenant sagement à notre belle langue qui, associée à la courtoisie encore, sait écrire : "Les belles habitantes et habitants de ce pays".

vendredi 10 novembre 2017

"Écrivaine", "auteure"…


"Écrivaine", "auteure", quelle horreur que ces mots !  Ce n'est pas en fabriquant de tels substantifs et adjectifs monstrueux que les défenseurs de la condition féminine — contre quel assaillant, d'ailleurs ? — vont résoudre leur problème. Car, c'est justement parce que personne n'a en tête de brimer les uns, les unes ou les autres que les mêmes mots, "écrivain", "auteur", désignent indifféremment un homme ou une femme. Et c'est, à l'inverse, en leur affectant un vocabulaire spécial que l'on ghettoïse les femmes, ce qui est un comble ! La littérature ne se mêle en rien du sexe de l'auteur. Les belles lettres sont féminines autant que masculines. Faudra-t-il désormais que l'écrivain masculin trempe son plume ?

samedi 19 août 2017

Fin du monde

C’est curieux comme les prédictions de fin du monde annoncent toujours celle-ci un peu après l’apparition sur terre de leur auteur. Moi, et la fin du monde ! Que ces vaniteux se rassurent, l’univers a encore beaucoup à faire sans eux. Je me permettrai d’ailleurs de leur faire observer que leur personne est distante, dans le temps, de 14 milliards d’années de l'instant zéro dudit univers. Mais aussi qu’une colossale inflation des premiers instants nous a tous projeté à 46 milliards d’années-lumière du commencement, ce qu’on appelle l’horizon cosmique, car au-delà nous ne pouvons rien savoir. C’est dire que si la fin de mon monde se produit aujourd’hui, à mes pieds, l’extrémité de l’Univers n’en sera informée que dans 46 milliards d’années. C’est dire encore que la fameuse fin du monde a peut-être déjà eu lieu il y a des dizaines de milliards d’années, et nous n’en savons encore rien. Alors, attendons ! 
Lire : "Pourquoi quelque chose, pourquoi quelqu'un ?" de Bernard HUET, aux Éditions id France Loire

mardi 20 juin 2017

Le livre électronique

Ainsi, Victor Hugo, lu sur un écran, n’est plus Victor Hugo ! C’est en tout cas la vision que la Commission de Bruxelles avait (*) de la littérature, qui imposait une TVA de 20% sur les livres électroniques, quand celle-ci est à 5,5% sur les livres papier, au motif que, si le livre papier est un bien culturel, le livre électronique n’est qu’un service. Le patrimoine culturel, pour les édiles de l’Europe, c’est le papier et le carton, pas ce qui y est écrit. L’art, pour ces gens-là, c’est ce qui s’accroche au mur du salon, qui va bien avec les rideaux ; ou bien, ce qui se montre dans la bibliothèque, avec un joli dos. Qu’on me permette de penser que le patrimoine culturel réside dans la pensée qui est écrite, et non dans le support. Faut-il écrire sur les parchemins du IIe siècle, ou sur les papyrus égyptiens, pour que la Commission de Bruxelles considère qu’il s’agit de patrimoine culturel ? Et quand, demain, l’écriture numérique sera remplacée par un autre média, ladite Commission cédera-t-elle encore aux lobbies des boutiquiers pour punir l’innovation technologique qui leur crée problème ? Ne comprend-on pas que la différence entre l’animal et l’homme est que, chez celui-ci, l’inné n’existe pas ; que l’humanité ne progresse que grâce à la diffusion de son savoir acquis au fil des temps, et qu’il n’y aurait ni Commission, ni Europe, ni France aujourd’hui, si la littérature en était restée au support des tables gravées par des scribes. L’écriture électronique, qui balbutie encore, est un formidable outil de diffusion mondiale de culture pour les siècles à venir. Son destin mérite d’être remis en des mains éclairées.
(*) Directive non suivie par la France, où le taux de TVA reste, depuis 2016, à 5,5 % quel que soit le support.

dimanche 23 avril 2017

Penser autrement, et l'écrire

“Tandis que tu possèdes encore le pouvoir de la parole, 
utilise-le dans l'allégresse ! 
Demain, lorsqu'apparaîtra l'ange de la mort, 
tu n'auras d'autre choix que le silence.”(Saadi : Le jardin des roses). 

J’ai parlé. 
Cinq livres (*) ne m’ont pas suffi pour tout consigner. 
Puis, je suis resté éloigné de la cour des médias, tant m’était suspecte la culture des hauts rangs du podium. 
Alors, il y a des personnes qui ne parviendront pas à pénétrer, seules, le sens de ce que j’ai tenté, maladroitement sans doute, de dessiner dans mes livres. 
Que ceux qui s’inspirent néanmoins d’une autre vérité, emportent quelques pétales de mon jardin.


samedi 15 avril 2017

Résurrection

"Le corps de Jésus n'était plus là, mais le linceul était resté, tel qu'il était quand il enveloppait le cadavre, simplement affaissé sur lui-même, comme s'il s'était vidé de l'intérieur ; comme si la chair, subitement, était devenue autre chose. Autre chose qui ne fût pas matière ; comme si le corps s'était dématérialisé à l'intérieur du linceul."
"Jésus "resurgit" au milieu des hommes. Ce n'est pas le corps supplicié de Jésus qui se relève du tombeau, ranimé par sa force spirituelle, mais bien une nouvelle image qui "surgit" une deuxième fois sur l'écran de la vie. La Résurrection est une nouvelle naissance de l'immatériel dans la matérialité."
"La réalité matérielle se déchire devant Jésus pour afficher une nouvelle image du Tout. C'est la science qui, deux mille ans après les faits, nous a enseigné que la localisation matérielle des êtres et des choses est une réduction d'une autre vérité transcendante. Soyons au moins logiques, et regardons les faits sous cet éclairage. Alors, la Résurrection perd sa magie, pour devenir le processus normal de la physique divine"
"La Résurrection est un colossal big bang qui fait "surgir" Jésus, flux de Dieu, en chaque être qui sait voir avec les yeux de l'esprit." 

mardi 21 mars 2017

Salons du livre : salons des écrivains, ou salons des libraires ?

La presse fait état d’une baisse sensible de fréquentation du Salon du livre de Paris en 2016, de 27.000 entrées, avec155.000 visiteurs contre 200.000 escomptés. Mis en cause, le prix d’entrée jugé excessif (39 € pour les quatre jours, 12 € pour le samedi ou le dimanche). Certes, ce paramètre compte, mais est-ce la vraie raison ?
On y apprend par exemple qu’il a été interdit aux visiteurs d'apporter leur propre exemplaire déjà acheté pour obtenir une dédicace de l’auteur présent. Voilà qui caricature à souhait la dérive mercantile de trop de ces salons — pas tous, heureusement ! —. Les auteurs qui pratiquent un peu de communication annoncent pourtant souvent : “Je dédicacerai tel jour à tel endroit…”. Faut-il sous-entendre : “Je dédicacerai le livre que vous achèterez au libraire présent” ? Dès lors, les visiteurs de ces manifestations sont en droit de faire observer qu’on ne paye pas pour entrer dans une librairie.
Parallèlement, est-il justifié de faire payer un écrivain qui vient dédicacer ses livres vendus par ledit libraire ? L’auteur d’un livre est-il un fournisseur qu’on pourrait soumettre à la pression d’un supermarché ? Ferions-nous payer Balzac, Sand, Hugo s’ils offraient leur temps pour une journée dédicace ? Oh ! je sais ! l’auteur lambda n’a pas cette stature ! Il n’empêche, sans auteur, pas de littérature, pas de livre et pas de libraire. Mais alors, direz-vous, si personne ne cotise, qui paiera les frais du salon ? Eh bien ! ceux qui y font commerce ! Les libraires, et les éditeurs — dont je fais modestement partie — ! À eux de faire leur compte d’exploitation, et de décider s’ils font ou non l’investissement.
Seulement, voilà ! Les frais de ces salons-là sont énormes. Pourquoi ? Parce qu’en plus des dépenses matérielles, il y a les “peoples”; ces vedettes de l’audiovisuel que l’on s’arrache à grands frais pour attirer les foules. Il n’y a rien de littéraire dans cette démarche, sinon par nègre interposé. L’événement n’est plus un salon littéraire, mais une foire commerciale. Dès lors, est-il tellement illégitime de faire payer le badaud qui ne se déplace que pour voir, pour toucher, telle ou telle célébrité de la télévision ; pour emporter comme une relique quelques gouttes de son encre sur un bouquin qu’il ne lira jamais, quand il ne demande pas l'autographe sur un prospectus gratuit ?
La chaîne du livre, dont on se gargarise à l’excès, pourrait-elle remettre enfin ses maillons dans l’ordre, au bénéfice de sa raison d’être : la rencontre, le dialogue, entre un auteur et un lecteur ?

dimanche 22 janvier 2017

Tablette électronique

De temps en temps, on voit apparaître sur les réseaux sociaux des charges musclées contre l’usage des tablettes électroniques. De prétendus experts — pour quels lobbies travaillent-ils ? — nous expliquent, à grand renfort de mots pseudo-savants, que celles-ci font du mal aux enfants, etc. Ils n’y voient que des instruments de jeux ! Elles font, ces tablettes, bien moins de mal que la télé. Est-ce glorieux de devenir ces zombies effondrés sur leur canapé, que l’on gave comme des oies d’une pâtée cérébrale prédigérée ? Les tablettes ont au moins l’avantage de laisser à chacun le libre arbitre de ce qu’il consomme ; de le faire échapper ainsi à l’endoctrinement forcé. La tablette électronique est l’antidote contre l’audiovisuel subliminal. On peut y lire une bibliothèque mondiale, comme si l’on avait tous les livres entre les mains. C’est certes plus fatigant que de boire des images, mais autrement enrichissant. On a sous les yeux, par quelques clics, une encyclopédie gigantesque qui ne laisse aucune question sans réponse. On peut écrire ses idées, ses pensées, au gré de sa propre réflexion, et non plus de celle d’un présentateur appointé. Un jour, alors, on relit tout cela, et l’on prend envie d’écrire un livre. Beaucoup de personnes ont fait cette expérience ; de tous âges. Ils en sont heureux, et leurs lecteurs aussi. Le besoin de s’exprimer est évident dans de l’explosion des blogs, réseaux sociaux et autres forums. L’électron saura-t-il y débusquer les talents que l'actuelle légitimité édito-médiatique refuse de considérer ?  Il faut encourager les jeunes à s’en servir ainsi. La tablette peut devenir alors un palliatif à l’Éducation nationale inopérante, voire dévastatrice. Une révolution se prépare peut-être, comme celle de Guttenberg au XVe siècle, qui succéda au parchemin, au papyrus, à la tablette en pierre…

mercredi 6 juillet 2016

À lire pendant l'été

 "Une quête de spiritualité en dehors de toute transcendance", tel est le credo du Grand-Orient selon leur grand maître. On voit bien de quel piège intellectuel les francs-maçons tentent de se sortir par cette contorsion de langage.
La spiritualité caractérise ce qui n'est pas matière. La transcendance ajoute à cette spiritualité une notion de dépassement, de supériorité, d'au-delà. S'il fut un temps où l'au-delà de la matière pouvait n'être considéré qu'en tant qu'hypothèse, indémontrable, et donc aisément réfutable, la science, aujourd'hui, farouchement matérialiste pourtant, nous a ouvert béantes les portes d'une autre vérité que la matière et son énergie. À force de fouiller toujours plus avant dans l'infiniment petit, elle a découvert qu'en deçà d'une certaine petitesse, vertigineusement infime il est vrai, il n'est plus possible de localiser les choses, qu'ici et là se confondent avec partout, qu'avant et après ne font plus qu'un avec toujours. L'espace, le temps et la matière ne peuvent plus se comprendre à l'aide de nos concepts. S'ouvre un univers qu'on ne sait plus définir, sinon par un seul de nos mots : l'esprit. Le mur du matérialisme érigé autour de la franc-maçonnerie s'effondre. Comment sauver les meubles ? En s'appropriant cette notion nouvelle de spiritualité, en en faisant l'otage de la matière qui saura bien, un jour, nous la révéler comme un de ses sous-produits. Après tout, la masse manquante de l'univers n'est-elle pas une forme inconnue de quelque chose ? Et le boson de Higgs n'est-il pas le Créateur universel ? Le “maçoniquement” correct est sauf. "Ni dieu ni maître" peut rester au fronton du temple. Seulement, voilà ! En posant le pied sur le seuil de la spiritualité, la science a un peu poussé la porte. Et derrière, il y a ce qui ressemble bien à une transcendance, à un maître, à un Dieu !



mardi 31 mai 2016

Français de souche



Au Chapiteau du Livre de Saint-Cyr-sur-Loire, je dédicaçais, entre autres, mon dernier livre "Français de souche". J'ai vu quantité de personnes s'arrêter à la vue du titre, feuilleter et engager la conversation. Eux aussi ont des ancêtres, d'ici ou de là. Ils me félicitent d'avoir le courage d'en parler. Eh ! Oui ! On en est là ! La police de la pensée veille. Ils hésitent, puis achètent finalement le livre. Une dame me dit : "vous n'encaisserez que la semaine prochaine ?" Eh ! Oui ! Encore ! Nous sommes à la fin du mois. Pourtant, quand même, deux femmes m'invectivent. Je comprends qu'elles ne connaissent pas leurs origines, et peut-être les méprisent. C'est vrai, je n'avais pas pensé à ces cas douloureux. Mais, est-ce une raison pour agresser ? 

jeudi 5 mai 2016

Incarnation > Résurrection > Ascension

Voici que l'on parle beaucoup de la résurrection du Christ, parce qu'un film occupe en ce moment les espaces publicitaires des médias. C'est heureux, le sujet vaut bien que l'on en parle. Mais, attention ! La résurrection en question n'a rien à voir avec un retour à la vie, une réanimation, comme le fut celle de Lazare. Un même mot désigne deux évènements différents. Lazare, mort, redevint miraculeusement un vivant mortel. Jésus, quant à lui, redevint ce qu'il était, l'incarnation de Dieu. Car, le mystère ne peut s'appréhender en morceaux. Il faut lire le livre en entier. L'Histoire commence par l'incarnation de Dieu dans le bébé de Bethléem. Dieu surgit dans le sein de Marie. Faire l'impasse sur ce coup de tonnerre de l'Au-delà, c'est s'interdire de comprendre la suite. Or, les hommes tueront sauvagement Jésus. Mais, que devient dès lors Dieu incarné en lui ? Il resurgit ! Il ne surgit pas une deuxième fois parmi les hommes sous la forme d'un embryon à naître. Il resurgit sous les traits de Jésus martyrisé, descendu de la croix du supplice. Voilà le sens de la résurrection : résurgence, re-surgir ! Mais alors, ils ne manqueront pas les sceptiques inconditionnels qui diront qu'il s'agit là d'hallucinations collectives, que les disciples d'alors étaient tellement traumatisés par la mort de leur idole qu'ils la virent partout autour d'eux. C'est là qu'intervient le troisième volet du mystère global. Dieu, invaincu dans l'attentat des hommes, transparaît dans toute sa puissance à travers le corps de Jésus, en s'affirmant présent dans la réalité immatérielle de chaque homme. L'ascension du corps de Jésus, ce n'est pas un envol dans l'espace. C'est la matière qui se déchire. C'est l'Au-delà qui s'offre à la foi de chacun. Lire : "Jésus, 2000 ans après".