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mercredi 31 décembre 2025

Marie, mère de Dieu !

En ce 1er janvier les chrétiens fêtent la Vierge Marie, mère de Dieu ! Voila qui interpelle, et voilà qui fit polémique au cours des âges. Comment une créature de Dieu peut-elle enfanter son Créateur ? Et pourtant, l'Église a fait sien ce mystère depuis le concile d'Éphèse en 431. Elle célèbre cet évènement majeur chaque 1er janvier. Essayons de comprendre.

1°) Marie est enceinte de Jésus. Jusque là, tout le monde comprend. Mais elle est vierge ! Là, on ne comprend plus. Évidemment, on peut toujours nier ce fait. Alors, inutile de poursuivre la lecture. Or Dieu a décidé d'apparaître dans sa création. Il aurait pu choisir de se montrer tout-à-coup, quelque part sur Terre, sous les traits d'un homme adulte, et de dire « Je suis Dieu ». Aurait-Il été reconnu comme tel ? Il a choisi de s'incarner en un embryon dissimulé au sein de sa servante du Temple, Marie. Dieu est Esprit ; son apparition, son surgissement en Marie, n'est pas un acte physique, et n'altère donc en rien la virginité de celle-ci. Dieu, Esprit, pense Jésus, et engendre ainsi son fils qui devient son incarnation.

2°) Neuf mois plus tard, Marie contemple à ses pied, sur la paille de l'étable où elle a trouvé réfuge, son divin bébé qui n'a toujours pas altéré sa virginité. Dieu, Esprit, a choisi d'apparaitre cette fois sous les traits d'un nouveau né. Alors commence la vie terrestre de Dieu fait homme. 

3°) Trente-trois ans plus tard, la Résurrection, le "re-surgissement" de Dieu hors du tombeau, révèlera aux incrédules que Jésus était bien Dieu.

Alors, Marie mère de Dieu ? Oui, à l'évidence ! 

dimanche 21 décembre 2025

Noël 2025. Ode à Marie, princesse.

 

La piété populaire se recueille tous les ans sur le souvenir ému de la Sainte Famille entourant Jésus sur la paille d'une étable, parce qu'elle n'avait pas trouvé refuge dans les auberges de Bethléem. Comment imaginer que, dans ce peuple hébreu profondément ouvert à Dieu, il ne se soit trouvé personne pour venir en aide à une jeune femme devant accoucher ? 

En réalité, ce pays de Canaan qui ne s'appelait pas encore Palestine, où se produisit le big bang chrétien qui vit le Dieu unique surgir en sa création, regroupait des peuples nomades en deux royaumes, Israël au Nord, Juda au Sud. L'Empire romain avait envahi ces deux pays, destitué les princes souverains, et nommé à leur place un homme à eux, Hérode. Le prince déchu du royaume d'Israël s'appelait Joachim. Avec sa femme Anne, ils se désolaient de ne pas avoir de descendance. Esséniens, ascètes volontaires du judaïsme, leur foi les sauva qui leur accorda tardivement une fille. Ils la nommeront Marie, Mariam en araméen qui était leur langue et qui veut dire "la petite princesse" selon l'excellent ouvrage de Pierre Perrier. ("Marie, mère de mémoire" - Ed Jubilé). Ainsi, la petite Marie deviendrait princesse héritière du royaume d'Israël. Mais, pour cela, il lui fallait un époux. Or, ses parents, soucieux de son avenir, avaient confié leur petite princesse au service du Temple. Siméon le Grand-prêtre en fut son tuteur, et Hillel, le doyen et le plus savant des rabbins de Jérusalem, fut son précepteur. Ce sera Siméon qui choisira Joseph parmi les prétendants possibles, pour devenir le mari de la princesse de Galilée. Or Joseph était, de son côté, le prince héritier du royaume de Juda. Hérode l'avait destitué en assassinant son père. Par ce choix, Siméon réunissait pour l'Histoire les deux royaumes du Nord et du Sud en une même main, celle de la descendance attendue de Marie. Lui savait que de Marie naîtrait le Messie tant attendu, et futur roi des Juifs. 

On comprend pourquoi Marie et Joseph se gardèrent bien de faire publiquement état de leurs titres aux portes des auberges. La violence anti chrétienne actuelle a commencé dès le premier jour : « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive ». (Matthieu X, 34-42)

C'est ainsi que Marie, princesse servante du seigneur, adorait à ses pieds, sur la paille d'une étable où elle avait trouvé refuge, le divin bébé qui n'avait pas altéré sa virginité. C'était l'Esprit qui avait pris chair en elle. C'est encore l'Esprit qui se montrait à elle en ce jour saint. Ce sera à nouveau l'Esprit qui resurgira du tombeau du Christ trente-trois ans plus tard.

lundi 23 décembre 2024

Le sens de Noël

M'est-il permis d'exprimer ici ce que tout mon être profond tente de me dire à propos de ce énième Noël pour moi ? 

C'est Élisabeth, la cousine de la Vierge Marie à qui celle-ci rendait visite, enceinte elle aussi, qui m'a donné la clef pour comprendre l'énorme évènement qui advint ce jour-là. Quand elle entendit Marie, l'enfant qu'elle portait tressaillit en elle, et elle s'écria : « D'où m'est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi » ? Comment Élisabeth savait-elle que le bébé que portait sa jeune cousine était son Seigneur, l'Esprit, Dieu fait chair dans le sein d'une jeune vierge de ce monde ? Le bébé qu'elle portait elle-même, lui, le savait qui avait tressailli à son approche. N'est-ce pas la preuve que les bébés humains, dès leur conception, sont les envoyés d'un l'Au-delà où s'exprime la vibration de l'immatériel, de la Pensée, de l'Esprit, vibration qu'ils perçoivent encore dans le secret de leur vie utérine ? Jean, l'enfant d'Élisabeth, avait reconnu Dieu en celui de Marie. Rien ne peut se comprendre dans le mystère de Noël, sans ce cri révélateur : « D'où m'est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi » ?

En ce Noël 2024, je fêterai la naissance de Jésus le Christ, bien sûr ! Mais ma pensée ira aussi vers Marie, cette jeune vierge de Galilée, bénie entre toutes les femmes de la Terre, à qui fut donné le privilège inouï de recevoir en son sein l'Esprit fait chair. 

dimanche 24 novembre 2024

Hosties volées

Je veux m'adresser aux voleurs d'hosties qui ont agi il y a quelques jours à Tours. 

Les ciboires que vous avez volés pourront peut-être vous rapporter quelques sous chez un brocanteur sans scrupules, mais cela en valait-il la peine – au sens pénal – ? 

Mais, parlons des hosties dont vous vous êtes emparés, et qui sont sans doute, à vos yeux, l'attribut de votre gloire. Vous saviez peut-être qu'il y a deux sortes d'hosties ; celles qui sortent de la fabrique, et ne sont qu'une petite galette de pain ; et celles que le prêtre a ensuite "consacrées". Celles-ci s'identifient dès lors au corps de Christ, c'est-à-dire à Dieu incarné. Comment ce mystère est-il possible ? Par la volonté du Christ lui-même qui, il y a deux mille ans, en a transmis le pouvoir à ses disciples jusqu'aux prêtres d'aujourd'hui : « Ceci est mon corps... Vous ferez cela en mémoire de moi ». En volant ces hosties-là, c'est bien Dieu que vous avez voulu voler ! 

Or, il y a quelque chose que vous n'aviez pas compris. C'est que l'hostie consacrée, si elle est bien devenue puissance divine incarnée, ne se révèle pour vous pleinement ce qu'elle est, que lorsque, d'une part, elle vous est remise par les mains du prêtre, disciple mandaté par le Christ et muni des pouvoirs, et que, d'autre part, vous la recevez comme telle, c'est-à-dire conscient de Ce que vous recevez. La foi est un mystère interactif ! Que diriez-vous d'un voleur démuni de tout odorat, qui voudrait voler un parfum ? Il briserait le flacon, mais n'en sentirait rien ! Que diriez-vous d'un autre, peut-être sourd, qui voudrait détruire une musique ? Il  briserait le disque, mais n'atteindrait pas la mélodie ! 

Messieurs les voleurs, vous ne saviez pas tout cela ? C'est pourquoi nous ne vous en voulons pas. S'il en est encore temps, rendez les hosties au premier prêtre que vous rencontrerez. Il vous en offrira peut-être une, une seule. Alors, vous en sentirez le parfum céleste ; alors, vous en entendrez la divine symphonie.

lundi 29 juillet 2024

Le sport et la bêtise

Les vraie victimes de ces scènes odieuse du spectacle d'ouverture des jeux olympiques 2024 de Paris sont : 1- Le sport. 2- La France. 

1- Qu'est-ce que le sport, sinon la sanctification de la beauté du corps humain ? On l'a appelé jadis la culture physique. Un art qui consiste à magnifier et préserver cette beauté jusqu'au podium de l'excellence. La laideur des chairs avachies dans la parodie grotesque du célèbre tableau de Léonard de Vinci n'est-elle pas d'abord une insulte à ce sport mondial ?

2- Deux milliards deux cent millions de chrétiens à travers le monde, près du tiers de sa population, se sont sentis insultés par ces déjections de bêtise. Mais, ce ne sont pas les chrétiens que celles-ci salissent ! Le Christ fut-il sali par les insultes qu'une populace lui adressait sur la croix de son supplice ? Quant à l'odieuse caricature de la reine décapitée, qui pensaient-ils salir ? L'amalgame que fait aujourd'hui le monde est entre les auteurs de ces méfaits et les Français. L'insultée, c'est la France !

Voilà où conduit le handicap de spiritualité dont souffrent trop de nos concitoyens. Magnifier le corps, oui ! Mais n'oublions jamais que le corps n'est qu'un aspect d'une autre vérité : l'esprit. 

samedi 30 mars 2024

Catéchumènes

12000 adultes et adolescent ont demandé le baptême cette année en France, soit 31% de plus que l'année dernière. Certes, ce pourcentage ne veut rien dire, mais 12000 personnes, c'est 240 autocars ! 

J'ai relevé une phrase dans l'éditorial du Figaro de ce jour : "Tous témoignent de la découverte du Dieu fait homme, dont ils ont senti la présence dans leur vie, une rencontre qui les a comblés pleinement". J'ai souvent écrit ici et ailleurs que, si la croyance est le fruit de la raison, la foi est le fait d'une rencontre. Il est rassurant de vérifier, de temps en temps, que l'on pense juste. Certes, une telle rencontre est plus facile à discerner, à saisir, pour ceux qui, baptisés à la naissance, ont eu la chance de grandir dans une famille déjà baignée de l'Église du Christ. Pour ceux qui, au contraire, sont aujourd'hui les victimes du matérialisme borné enseigné depuis cinquante ans par l'anarchie soixante-huitarde recyclée en gauchisme fanatique, la reconnaissance sur leur propre chemin d'Emmaüs du visage de Dieu est une belle prouesse qu'il faut saluer. Cette foi-là est indestructible, et elle se multipliera d'elle-même. Je suis sûr que le point de bascule a été atteint. 

lundi 7 août 2023

JMJ 2023

Il y a deux ans l'Église subissait l'agression odieuse d'une soi-disant commission "indépendante", avec son fameux "rapport" sur des actes de pédophilie dont celle-ci serait coupable. On commence à lire ici ou là que les accusations proférées concernait moins de 3% des membres du clergé. Je l'avais écrit ici en son temps. C'est, bien sur, encore trop pour l'Église, mais c'est loin de la marée noire honteusement suggérée par certains médias pourris. Qui connait une organisation civile s'occupant des jeunes où les actes en question font moins de 3% ? Et si la vertueuse commission faisait un "rapport" sur l'enseignement de la pornographie à l'école ? 
Deux ans après, l'Église rassemble, en ces JMJ 2023, un million et demi de jeunes autour du pape, à Lisbonne. La claque est sonore, à tous ceux qui pensaient abattre l'Église. Mais, surtout, je veux souligner la vraie dimension de l'évènement, bien au delà de la comptabilité. Un phénomène essentiel pour l'avenir de l'Église, c'est à dire de notre culture, s'est produit. Ces jeunes catholiques n'étaient pas seulement des pèlerins, mais bien des combattants. Ils sont allés là pour se battre. Ils continueront de se battre. Face à eux, l'ennemi ne sait montrer qu'une nébuleuse de confréries sournoisement dissimulées. Il faudra bien, un jour, que ledit ennemi brandisse son étendard. Alors éclatera aux yeux de tous la faiblesse de sa troupe. Restera la foule suiveuse. Elle ira, comme toujours, vers le plus valeureux. Ainsi triomphera à nouveau l'Église. N'oublions jamais ceci : l'Église est l'œuvre du Christ ; et le Christ est présent ici-bas en l'Esprit. Croit-on qu'Il va regarder sans agir ? 

dimanche 30 juillet 2023

JMJ dans l'Église

Un excellent papier de Jean-Marie Guénois dans Le Figaro de ce samedi 29/7/2023 m'a réjoui le cœur. 

On y apprend d'une part que 41000 jeunes Français  sont partis à la rencontre du pape pour les JMJ de Lisbonne. En colonne par deux, cela fait une procession de vingt kilomètres ! Vous avez dit l'Église en déclin ?

Or, ces 41000 jeunes cathos se décrivent « engagés dans leur foi catholique, où le sacrement de la communion eucharistique tient une place prépondérante… et n'a rien à voir avec un souci rigoriste d’ observance ritualiste... un impératif catégorique d’obéissance à une règle ». il s’agit plutôt, disent-ils « d’un besoin spirituel profond, en relation personnelle avec le Christ ». 

Là est l'essentiel. Voilà, s'il en était besoin, une résurrection formidable qui s'annonce et va bousculer la doxa gauchiste post-soixante-huitarde qui a voulu faire de l'Église du Christ une ONG de plus. « 7 % seulement des jeunes interrogés dans le sondage de La Croix se reconnaissent dans la définition d’une Église qui serait un hôpital de campagne accueillant tous les blessés de la vie ». 

Ce n'est en effet pas ça, ou pas seulement ça, être catholique. Être catholique, c'est avant tout participer au bouleversant mystère de l'Eucharistie par lequel, depuis  plus de vingt siècles, le Christ nous offre l'Esprit du Père contenu en Lui. « Vous ferez cela en mémoire de moi »...

S'il s'avère que les jeunes d'aujourd'hui prennent conscience de leur réelle attente de spiritualité, l'importent massivement dans l'Église, et y trouve la réponse dans la Sainte Hostie, alors l'Église renaîtra comme un rosier que l'on croyait fané, et où se montrent tout à coup les resplendissantes couleurs de l'Esprit.  

mercredi 21 juin 2023

À propos des réformes dans l'Église

Dans le projet de réforme du pouvoir dans l'Église en faveur des laïcs, projet préparatoire du prochain synode, je ne vois rien du sort réservé au sacrement fondateur, pourtant fondamental, qu'est l'Eucharistie.  « Vous ferez cela en mémoire de moi », a commandé le Christ. À qui Jésus conféra-t-il ce pouvoir inouï de transférer l'Esprit de Dieu qui était en Lui, dans le pain et le vin consacrés, afin qu'Il se répande dans le monde ? À ses disciples, puis aux disciples de ses disciples. Qui sont aujourd'hui ces disciples des disciples, sinon les prêtres ? Va-t-on dès lors vers une Église à deux têtes, les prêtres d'une part, sans lequel il n'y aurait pas d'Eucharistie, donc pas d'Église ; les laïcs d'autre part, qui de synodes en groupes d'influence pourraient désormais régenter la vie pastorale ? 

Je serais très inquiet, si je n'avais pas une confiance inébranlable en l'Au-delà qui laissera pas l'Homme faire n'importe quoi. 

vendredi 6 janvier 2023

Épiphanie

La fête catholique de l’Épiphanie, en ce 6 janvier, revêt à mes yeux la solennité d’un sacre. L’Épiphanie célèbre le "phénomène" inouï (même racine) de l’entrée de Dieu en sa Création ! Excusez du peu… C’est, en un seul jour, la synthèse de l’Annonciation faite à Marie par l’archange Gabriel ; de Noël où Marie découvrait à ses pieds l’Enfant-Dieu qui ne l’avait pas traversée ; de Pâques qui commémore le martyre de Jésus sur la Croix et fête sa résurrection parmi les siens trois jours après ; de l’Ascension, enfin, où le Fils rejoignit le Père pour l’éternité. L’Épiphanie ne fait pas double emploi avec toutes ces fêtes, elle les englobe dans une commémoration commune, celle de la foi chrétienne. C’est considérable ! Il n’y eut pas de jour historique de l’Épiphanie. Celle-ci resta l’actualité des hommes pendant trente-trois ans, et dure maintenant éternellement. Alors, direz-vous, que viennent faire les rois dans tout cela ? Il fallait bien un jour pour établir cette fête. Sans doute apparut-il que le jour où, selon les Écritures, des rois vinrent se prosterner devant l’Enfant symbolisait parfaitement la royauté du Christ. L’Épiphanie est ainsi, à mes yeux, la véritable fête du Christ-Roi. 

vendredi 23 décembre 2022

Jésus, Dieu fait chair.

Il y a vingt siècles, l’Esprit créateur surgissait en sa création. L’évènement inouï se produisait sur notre Terre. À l’échelle des temps cosmiques, nous en somme presque contemporains. Un embryon humain, engendré au sein d’une jeune vierge, Marie, princesse héritière du royaume d’Israël, se révélait tout-à-coup avoir transgressé la loi humaine de la reproduction sexuée. Neuf mois plus tard :
« Marie abaissait ses regards sur son Dieu dont elle était devenue la mère, et qui, fragile nouveau-né, était couché sur la terre devant elle ». (Anne-Catherine Emmerick - “La vie de la Sainte-Vierge“ )

Alors, apparut le miracle : 

« Ce nouveau-né ne connut nulle souillure de sang, l’accouchée n’éprouva nulle douleur. La vierge a enfanté et, après l’enfantement, continue d’être vierge. » (Évangile du Pseudo-Mathieu)

Voilà qui laisse les uns incrédules, les autres émerveillés, et les chrétiens, à genoux ! La foi est une rencontre qui n'a pas besoin de la raison pour savoir. Mais, la raison, en sous-main, manifeste sa soif de comprendre. Comment comprendre ? Comment un embryon peut-il s'engendrer en une femme, se former et naître sans "traverser" sa mère, laissant celle-ci dans sa virginité originelle ? Deux mille ans après l'évènement, la science des hommes nous apporte un début de réponse.

La substance de toute chose ou de tout être ici-bas, lorsqu'on la pourchasse dans son infiniment petit, échappe à sa matérialité, devient quantum d'autre chose qui n'est ni ici ni là, mais partout ; qui n'est ni maintenant ni après, mais toujours. Ceci n'est pas un roman de science-fiction, mais l'enseignement d'expériences de laboratoires, les lois de la physique des particules découvertes au siècle dernier. Il existe un au-delà de la matérialité, riche du Tout en Un, qui se révèle sur l'écran de notre espace-temps dès lors qu'il y a quelqu’un pour l’observer. Les particules vibratoires de l’immatériel se montrent tout à coup corpuscules de matière, à qui sait les voir. Les scientifiques du subatomique savent tous cela. La matière, en ce monde, est issue de l'immatériel ! Cela dérange le positivisme inconditionnel, car alors, on commence à comprendre.

Quelle peut-être la substance de ce Tout immatériel, sinon pensée, esprit qui, dès lors, conduit à l'Esprit ? L'Esprit, se révéla ainsi à Marie totalement attentive. Elle vit, elle entendit ce que personne d'autre n'aurait vu ni entendu. Alors, en elle, pour elle, les particules immatérielles de la Pensée de l'Au-delà se montrèrent corpuscules de chair. L’Esprit avait engendré l’embryon divin.

Mais, alors, pourquoi le saint bébé, une fois constitué en Marie, surgit-il parmi nous sans déchirer la virginité de sa mère ? La science moderne des quanta nous apprend que dès qu'il y a "décohérence" des états superposés de cet Au-delà, celui-ci livre à notre monde des particules démunies de leur dimension du Tout en Un. C’est en se succédant dans le temps que celles-ci nous enseigneront le Tout qui les a quittées, à la manière des images d’un film qui, en se déroulant devant nos yeux, nous révèlent finalement le scénario complet. Mais, l'Esprit ? L'Esprit n'est-il pas libre de transcender cette règle ? L'Esprit ainsi engendré en Marie n'a-t-il pas le pouvoir de reprendre son habit de vibration immatérielle pour renaître aux yeux des hommes sur la paille de la sainte crèche ? Plus tard, un second surgissement, un "resurgissement", une "résurrection" ébranlera à nouveau les lois de l’espace-temps. Le corps martyrisé, détruit de Jésus se sublimera, laissant en place le linceul, pour renaître, vivant, au milieu des hommes.

Grâce à la science, le mystère christique n’est peut-être plus tout à fait inaccessible aux hommes de notre siècle. Un jour viendra où Jésus sera l’évidence de l’incarnation divine. 

Je vous souhaite un joyeux et fervent Noël chrétien. 

dimanche 11 décembre 2022

Marie, princesse !

Petit rappel à l'occasion de ce Noël 2022, issu de l'excellent livre de Pierre Perrier "Marie, mère de mémoire" aux Éditions du Jubilé :

En 37, Hérode fait assassiner le Prince Joseph, descendant de David, héritier du trône de Juda (royaume du Sud). Sa veuve donne cependant naissance à un fils prénommé également Joseph (notre saint Joseph) qui devient ainsi le prince héritier. Elle se réfugie à Nazareth. 

À Nazareth réside Anne et Joachim héritier quant à lui de la dynastie d'Israël sur le royaume du Nord. Joachim et Anne donnent naissance à Marie qui devient donc princesse héritière du royaume du Nord.

Marie est confiée au Temple, et reçoit l'enseignement de haut niveau de Siméon Boethos (le vieillard Siméon), Grand-prêtre, tuteur de Marie, et de Hillel, le doyen des rabbis de Jérusalem, son enseignant. L’auteur du livre commente : Marie est peut-être ainsi la femme la plus cultivée d’Israël en son temps.

Marie met au monde Jésus conçu de l'Esprit Saint. Joseph épouse Marie, et reconnait l’enfant. 

Jésus est donc ici-bas le prince héritier des deux royaumes : Israël par sa mère et Juda par son père adoptif.

Voilà, direz-vous, qui pèse bien peu dans la nature vraie de Jésus incarnation de Dieu. Certes ! Mais il est troublant d'imaginer Marie, princesse et élève des plus grands précepteurs, mettant au monde  dans une étable Jésus, prince en ce monde et Fils de Dieu. 

vendredi 25 novembre 2022

La paix du Christ

 Petit à petit, réapparait dans nos églises la pratique, abandonnées avec la covid, de se donner "la paix" entre voisins. À l'appel de l'officiant, on voit se déclencher un joyeux désordre. On s'interpelle d'un rang à l'autre, voire à travers la nef. On se serre la main, on se congratule avec ostentation. Cela a un petit air de fête des voisins... Certains attendent ce moment avec impatience, maugréant si l'on ne s'y plie pas, ce qui est souvent mon cas.

Le but de cette pratique est-il de rappeler la parole du Christ à ses disciples avant son arrestation et sa condamnation à mort : « Je vous laisse la paix, je vous donne Ma paix » (Jean, XIV, 27). Mais, de quelle paix s'agit-il ? Cette paix est en lui. Tout au long de sa vie terrestre, Jésus répand autour de lui une inébranlable paix divine. C’est cette force divine de paix qui soigne, qui guérit par lui, qui ressuscite même ! Cette paix dominera son arrestation, son jugement indigne, sa crucifixion, ses dernières paroles. Elle est, cette paix, celle de l'Esprit de Dieu dont il est l'incarnation. Dieu est paix ! Or, Jésus décide de nous transmette cet héritage de paix par l'intermédiaire de ses disciples. Il le fera lors de la Cène d'adieux : Dieu Lui-même, jusqu'alors présent dans son corps et dans son sang sera, par sa volonté, offert désormais à toute l'humanité, dans le pain et le vin consacrés. C'est dans ce sacrement de la sainte Eucharistie que s'opère aussi le don de la paix de Dieu. 

Alors, que viennent faire, avant, ces manifestations intempestives de "cordialités" anglo-saxonnes ? La messe n'est pas un réseau social ! C'est dans le recueillement profond qu'il faut accueillir cet héritage de la paix du Christ, don de sérénité divine.

samedi 3 avril 2021

« Ceci est mon corps »

 Il y a deux mille vingt et une années, Jésus partageait son dernier repas avec ses douze disciples. Il sait que demain il va mourir martyrisé sur la croix du supplice. Il ne fait rien pour s'y soustraire. Telle est la volonté de son Père qui est en lui. 

« Il prend le pain, il rend grâce, il le rompt et le donne à ses disciples, en disant : prenez et mangez-en tous : ceci est mon corps livré pour vous. De même, il prend la coupe. De nouveau il rend grâce, et la donne à ses disciples en disant : prenez et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang qui sera versé pour vous ». 

Il faut décrypter ce qui s’est passé ce jour-là, pour mesurer l’ampleur du "big bang" christique qui, il y a vingt siècles, a fondé l’humanité chrétienne. En deux mille ans, la science des hommes a beaucoup appris. Elle a appris, entre autres choses, que l'orgueilleuse matière qui se croit seule vérité n'est que la perception qui nous est laissée d'une vérité plus profonde, immatérielle, vibration omniprésente d'un au-delà d'Esprit, de Pensée. Le mystère de l'incarnation se laisse désormais un peu deviner. 

Jésus qui sait son corps habité de Dieu, son Père comme il aime dire — si l’on rejette a priori cette vérité première, plus rien n’a de sens — sait aussi que ce corps de chair, demain, ne sera plus. Pourtant, sa mission divine n'est pas achevée. Elle commence. Alors, par un acte volontaire de consécration, il transfert la force de l'Esprit qui est en lui, à la nourriture qu'il distribue. Le pain est devenu sacré. Il nourrira de Dieu les douze apôtres qui l'entourent. « Ceci est mon corps. Mangez-en tous » ! Que leur commande-t-il ? Certainement pas de se nourrir de chair humaine, mais de laisser entrer en eux l’Esprit qui vibre au plus profond de son propre corps, et qui, désormais, siège pour toujours au tréfonds de ce pain sacré. Demain, sur la Croix, Jésus ne sera plus que chair humaine martyrisée. L'Esprit est désormais dans le pain consacré qui nourrira l'humanité. La terrible plainte du Christ prend ainsi tout son sens : « Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? »


Mais, Jésus n'en reste pas là. Il ajoute : « Vous ferez cela en mémoire de moi ». Vous ferez quoi ? Eh bien, je vous délègue le pouvoir d'offrir vous aussi mon corps, c'est-à-dire l'Esprit de mon Père, à travers le pain et le vin qu'à votre tour vous consacrerez. L'Histoire nous confirme que les douze eurent en effet des disciples auxquels ils transmirent cette délégation de pouvoirs qu'ils avaient reçue. Et il en fut ainsi jusqu’à nous.

Là se trouve l'acte fondateur de l'Eucharistie. Dans la profondeur immatérielle de l'hostie qu'offre le prêtre aujourd'hui, siège bien l'Esprit de Dieu matérialisé dans le corps du Christ.


mardi 2 mars 2021

Notre année cosmique

Vous connaissez sans doute ce petit jeu de pensée qui consiste à concentrer sur une seule année les quatorze milliards d'années d'existence de notre Univers.  

Plaçons le big bang  à zéro heure du premier janvier, et notre "aujourd'hui" à minuit du 31 décembre.

Notre Terre ne prend forme que le 3 septembre. Deux tiers des temps cosmiques se sont déroulés sans notre fameuse « planète ».

La vie apparaît sur cette Terre le 18 septembre, et notre plus ancienne ancêtre supposée, au joli nom de Lucy, ne verra le jour que le 31 décembre à 22 heures et 7 minutes seulement ! L'être humain est un passager embarqué deux heures avant l'arrivée… 

Mais, voyons maintenant les cinq dernières secondes. À 22 heures, 59 minutes et 55 secondes de ce même 31 décembre, Jésus vient nous rejoindre. Les deux mille ans qui nous en séparent sur le calendrier du temps universel ne comptent que pour cinq secondes dans notre année cosmique ! 

Dans un Univers qui compte aujourd’hui quatorze milliards d’années d’existence, nous avons le privilège inouï d’être quasiment contemporains du Christ ! Nul ne sait combien de temps durera encore cet univers qui nous héberge. Mais, si dans quelques nouveaux milliards d'années, quelqu'un dessine à son tour son année cosmique, il nous placera dans les parcelles de seconde où il situera l'évènement inoubliable qui vit Dieu se faire homme dans le Christ.

Cela méritait bien d'être souligné.

jeudi 24 décembre 2020

Noël 2020

 

Ce soir, des milliers de personnes qui ne fréquentent les églises que pour la messe de minuit, découvriront ce qui est, depuis quelques dimanches, coutumier pour les chrétiens pratiquants. Ils se passeront les mains au gel hydro-alcoolique, au lieu de se s’offrir mutuellement l’eau bénite. Ils déploreront sans doute de devoir rester debout quand un siège sur deux est laissé obligatoirement vide, et un rang sur deux inaccessible. Ils chanteront, s’ils chantent, à travers leur masque. Ils communieront, s’ils communient, par dessous le masque. Ils seront privés de la poignée de mains, pour certains tant attendue, du signe de la paix. 

De quoi gâcher la fête ! Car la messe de minuit fait partie de la fête !... Mais, quelle fête ? La fête de la famille, diront certains. Ou bien, la fête des enfants, avec le père Noël. D’autres évoqueront, plus précisément, l’anniversaire de la naissance de Jésus.

Rien de tout cela ! Ou pas seulement cela ! Noël, pour les chrétiens, fête le "surgissement" de Dieu dans sa Création ! Rien de moins ! Comprendre cela fait trembler, non pas d’effroi, mais de bonheur. Ne pas le comprendre enlève tout sens à "la fête". Cet évènement inouï n’ôte rien à la Résurrection tout autant surnaturelle de Pâques, mais au contraire, la prépare. Surgi une première fois parmi les hommes du sein d’une vierge, Dieu surgit une seconde fois du tombeau. "Resurgir", n’est-ce pas une "résurrection" ? Pâques, bientôt,  légitimera Noël. Aujourd'hui, Noël rend Pâques digne de foi.

dimanche 8 novembre 2020

La messe ne se « regarde » pas...

Pourquoi je ne me satisferai pas d’un ersatz de messe à la télé ? Pour deux raisons. 

La première, anecdotique, mais sincère, est que le média télévision est tellement sali par les excès de manipulation mensongère des chaines publiques françaises, qu’y présenter la sainte Hostie me fait l’effet d’un sacrilège.

La seconde, fondamentale, est qu’une messe ne se « regarde » pas. Une messe n’est pas un spectacle ! La messe est un acte de foi que le fidèle accomplit par la communion, dans l’Eucharistie, sous l’intercession du prêtre officiant. Le sacrement de l’Eucharistie est un mystère interactif, qui requiert la présence physique du recevant pour que se réalise la présence physique du Christ qui se donne. Il faut avoir vécu une fois au moins cet instant sublime de l’entrée du Christ en soi, pour comprendre ce qu’à voulu dire Jésus : « Ceci est mon corps. Prenez et mangez en tous. Vous ferez cela en mémoire de moi ».

samedi 28 mars 2020

Confinement

Les chrétiens de France vont donc connaître une année 2020 sans semaine sainte, sans célébration pascale. Jour béni de Pâques où Jésus martyrisé resurgissait du tombeau en Christ désormais éternellement présent ! Jamais encore notre pays n'avait connu une telle privation. Même pendant la dernière guerre mondiale, j'étais enfant, mais je n'ai pas souvenir que l'occupant eût fermé les églises.  Chacun tentera sans doute de fêter dans son confinement cet évènement inouï fondateur de sa foi. Mais, je ne serais pas étonné que, lorsque les chrétiens seront sortis de ces épreuves, ils retrouvent en masse le chemin de leurs églises. Je ne serais pas étonné que cette peine du Ciel déclenche le ressort du retour à une pratique religieuse fervente. Je ne serais pas étonné que 2020 soit une grande année du christianisme.

jeudi 13 février 2020

Ordination d'hommes mariés

« Le pape n’adopte pas l’ordination des hommes mariés ». Réaction des uns : il a fermé la porte. Réaction des autres : il n’a pas fermé la porte… Mais, la porte avait-elle été ouverte ? Quelques évêques "progressistes" en réunion avaient tenté de l'ouvrir à propos de l’Amazonie. Mais, le célibat des prêtres est une affaire de foi. On ne manipule pas ainsi, en quelques réunions de quelques évêques, la foi de près d’un milliard et demi de catholiques ! Une foi qui révèle aux catholiques croyants que le prêtre est, ici-bas, le représentant du Christ, au sens propre, c'est-à-dire l'exemple, le modèle. Certes, représentant, exemple, modèle, bien imparfait puisque tout ce qui ne touche qu'à l'homme ne peut hélas prétendre à la perfection divine. Mais, au moins, ne faisons pas du prêtre un modèle volontairement différent. Le Christ a rejeté pour lui-même toute idée de vie personnelle, afin de s'offrir sans partage à son destin. Il ne faut pas chercher ailleurs l'évidence du célibat nécessaire du prêtre de l'Église du Christ. Merci au pape François pour sa sagesse. Merci au pape précédent Benoit XVI pour son enseignement (lire son denier livre en coauteur avec le cardinal Sarah).

jeudi 6 février 2020

L'éros et l'agapé

Dans une chronique du Figaro, #LucFerry revient avec brio, comme toujours, sur le mariage des prêtres. Il construit sa démonstration sur l'opposition apparente de l'éros (l'amour physique, pour ceux à qui nos racines grecques ne parlent pas) et l'agapé (l'amour spirituel). Il rappelle que Benoît XVI, pourtant peu suspect de gauchisme moderniste, avait jadis rapproché les deux, au motif que l'amour érotique coupé de l'amour de l'esprit ne peut que conduire à la pornographie. Et l'auteur de la chronique conclut : « Pourquoi faudrait-il priver les prêtres de cette merveilleuse réconciliation (…) si leur mission est de délivrer le merveilleux message d'amour du Christ » ?
Or, si le mariage des prêtres fut avéré dans les temps anciens, il ne l'est plus aujourd'hui parce qu'au fil des siècles, nous avons mieux compris comment se relient l'ici-bas à l'Au-delà, l'Homme à Dieu, le prêtre au Christ. L'Église (catholique, s'entend) n'est pas une ONG dont les prêtres seraient les animateurs ! Le rôle du prêtre, son but, sa raison d'être n'est pas l'agapé ! En tout cas, pas seulement ! Le Christ, en effet, n'en a pas manqué, qui a répandu l'amour tout autour de lui, et jusqu'au bout du monde et des siècles. Mais, que je sache, Il n'a pas, pour autant, eu besoin d'éros. Il en a même chassé vertement le démon depuis sa montagne. Alors, ce qui est demandé au prêtre consacré, aujourd'hui, c'est de faire comme Le Christ — excusez du peu ! — dans la mesure du possible humain, bien sûr.