vendredi 27 décembre 2013
culture chrétienne
Les beaux esprits auxquels la litote de la tolérance universelle évite l'effort de la réflexion (tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil), ont beau occuper les écrans nationaux, ils oublient que sans les quelque mille ans de culture chrétienne qui ont façonné leur ADN, ils ne seraient pas là, aujourd'hui, pour raconter leurs niaiseries. C'est cette longue maturation de valeurs héritées qui a fait notre civilisation. Celle-ci englobe, certes, le peuple des chrétiens de foi et de pratique religieuse, mais ne s'y limite pas. La foule en est nombreuse des hommes et des femmes, pétris de notre histoire commune et de ses valeurs, qui savent aussi en assumer l'héritage à côté de l'Église. C'est cela, le génie de la laïcité. La laïcité n'est pas la confiscation du pays par le clan des païens qui “toléreraient“ les croyants, mais l'affirmation d'un héritage commun qui appartient à tout le monde. Or, il existe dans le monde, ailleurs, d'autres civilisations, d'autres cultures. Elles sont le fruit d'autres cheminements de la pensée humaine. Elles ont nourri d'autres religions, d'autres valeurs. Et ces mondes ne sont plus compatibles, en leur état actuel. Cette évidence aurait dû amener nos édiles à un peu plus de réflexion quand ils ont ouvert sans discernement les portes de l'immigration massive à des fins bassement politiciennes. Ces civilisations exotiques pourront-elles, un jour, cohabiter harmonieusement avec la nôtre ? Sans doute. Mais il faudra qu'auparavant en soient éradiquées les hypothèques guerrières qui servent de paravent à tous les excès terroristes que l'on sait. Et avant, il y aura sur notre sol, beaucoup de luttes, beaucoup de sang versé. Faudra-t-il que l'on assiste, en désespoir de cause, au partage confessionnel de notre territoire, à la guerre civile et aux massacres comme aux heures sombres des guerres de religion du XVIe siècle, avant qu'un nouvel Henri IV vienne rappeler à nos concitoyens qu'il y a Dieu, et qu'il y a César ?
vendredi 20 décembre 2013
Europe…
Un excellent article du Figaro de ce jour, signé Isabelle Lasserre, nous décrit de façon saisissante comment « l'Europe avance vers son déclassement stratégique ». L’article peut se résumer ainsi : « tandis que le monde s'arme, l'Europe désarme. (…) Elle ne se sent concernée ni par les menaces qui pèsent sur elle, ni par la course aux armements alentour ».
Ceux qui, comme moi, ont quelques souvenirs des désastres qui suivirent la même inconscience du Front populaire en France, ne pourront qu’être très, très inquiets pour notre futur proche.
vendredi 13 décembre 2013
Démocratie
La vocation de ce blog n’est pas de faire de la politique, mais lorsque les valeurs essentielles sont en jeu, personne n’a le droit de se taire.
Or, voilà qu’après les coups portés à l’institution millénaire du mariage — institution sans laquelle nous ne serions pas là aujourd’hui pour en parler —, s’abat sur la France la menace d’une avalanche de lois assassines qui entendent donner le coup de grâce à nos valeurs traditionnelles. Réécriture de l'histoire de France pour en gommer tout ce qui fait ombrage à l’immigration massive. Abandon de la laïcité vestimentaire à l’école pour banaliser le port du voile islamique. Et dans le même temps, "interdiction" faite aux médias de dévoiler les nationalités ou ethnies des personnes, ce qui est pour le moins paradoxal — on porte ostensiblement le voile islamique, mais on interdit de dire qu’il est islamique ! —. Création d’une "cour des comptes de l'égalité" pour, à l’évidence, réprimer toute velléité de préférence nationale. Création d’un délit de harcèlement racial dont on voit l’usage qui pourra en être fait.
L’attaque est si violente, si subite et tellement accompagnée des clairons médiatiques qu’il faut se rendre à l’évidence. Nous ne sommes pas seulement face aux coups sournois de quelques rejetons du soixante-huitisme, macérés dans trente ans de socialisme, vidés et farcis de pensée unique par les gâte-sauce du petit écran, et qui traînent dans leur pauvre vie leurs miasmes de dépit, de jalousie et d’envie. C’est bien plutôt d’une stratégie politicienne qu’il s’agit, savamment orchestrée. Le pouvoir en place, culbuté par la débâcle économique, est électoralement KO, et il le sait. Il ne lui reste, pour tenter de survivre, que le coup de poker d’une opération suicide. Il escompte que l’annonce à tous vents de ces menaces scélérates provoqueront la ruée des électeurs vers le Front National. Il viderait ainsi l’électorat de son adversaire traditionnel qui risquerait d’obtenir au premier tour un score aussi médiocre que le sien. Alors, il lui sera facile, s’il est un tout petit peu moins mauvais dans les urnes, de rameuter à soi les électeurs en question pour le second tour.
Voilà le jeu sordide auquel s’emploie ce pouvoir aux abois. Oser prendre ainsi la France et les Français en otages pour satisfaire les ambitions politiques personnelles de quelques-uns est indigne des fonctions occupées par ceux-ci. Quand la politique devient le champ de bataille des rivalités personnelles, le marigot des luttes de crocodiles, où chacun s’emploie à tuer l’autre, quel qu’en soit le prix pour la Nation, la démocratie a vécu.
Il reste aux Français à ne pas tomber dans ce piège grossier.
dimanche 1 décembre 2013
Rien…
Lors d'un salon dédicace ce dimanche près de Châteauroux, une dame feuillette mes livres et écoute longuement mes explications. Avant de poursuivre, et pour ne pas l'importuner, je lui demande finalement ce qui l'intéresse dans les livres. Sa réponse me laisse comme deux ronds de flan : "je m'intéresse à TOUT, c'est-à-dire à RIEN"… J'ai donc décidé d'écrire un livre sur RIEN. Un point c'est TOUT !
jeudi 14 novembre 2013
Chômage
Le président de la République compte sur l’inversion de la courbe du chômage avant la fin de l’année, pour rebondir.
Mais, dans quinze jours, tout le monde ne pensera plus qu’à Noël ! Pas à embaucher ! Pas à créer une entreprise ! Et comment créer une entreprise, dans ce pays marxiste, quand les banques refusent d’ouvrir seulement un compte à un entrepreneur qui a été contraint, par les mêmes banques qui lui ont coupé les vivres, à fermer une précédente société ? L’homme est alors fiché comme un malfaiteur et rejeté par les ordinateurs sans intelligence qui, aujourd’hui, remplacent les banquiers.
Comment, si celui-ci parvient néanmoins à en créer une, perdurer face à la meute des tueurs de patrons qui, des 35 heures au matraquage fiscal, n’ont de cesse d’alimenter le chômage ?
Comment, si quelques employeurs pugnaces et chanceux survivent à ce massacre, compenseront-ils les naufrages qui sont annoncés pour la fin de l’exercice ?
Si, par impossible, la courbe s’inversait, ce ne serait à l’évidence pas parce que l’on aurait créé des emplois, mais parce que les manipulations de chiffres actuellement en cours auraient enfin produit leur effet. On verrait alors des chômeurs, lire ou entendre qu’il n’y a plus de chômage !
L’entourage politique du président dit que si le pari de cette inversion de courbe échouait, la situation deviendrait difficile. Difficile pour eux, en effet ! Mais, pour les Français, elle l’est déjà.
mardi 12 novembre 2013
Les sifflets du 11 novembre 2013
Les commentateurs de toutes parts s’étonnent, s’interrogent, s’indignent que des citoyens aient osé huer le président de la République lors des cérémonies d’hommage aux morts pour la nation considérées à juste titre comme sacrées. Du jamais vu depuis 40, et encore s’agissait-il alors de protester contre l’occupation allemande.
Ils dénoncent la confusion de la personne et de la fonction. Ils évoquent la perte de la légitimité de la fonction présidentielle amorcée sous le précédent président et amplifiée par l’actuel. Et, pour éviter d’avoir à réfléchir aux causes profondes de cette situation, ils accusent en vrac les activistes d’extrême droite, les ultranationalistes, les militants contre le mariage homosexuel, les royalistes, les catholiques intégristes.
Ils n’ont pas vu qu’une révolution scientifique et technologique de l’information et de la communication a changé le monde en quelques décades.
Nos parents n’avaient encore qu’une très vague conscience de leur appartenance à une humanité collective. Celle-ci était pour eux une idée abstraite, inaccessible. Ils ne s’y comptaient pas personnellement. Ils n’étaient occupés qu’à vivre, parfois à survivre. Dès lors, dans le président de la République, ils oubliaient l’homme et ne retenaient que la fonction. La même vision s’appliquait d’ailleurs à l’échelon local du maire, et même de l’instituteur. Il ne serait pas venu à l’idée des élèves de contester la personne de l’instituteur. Il était l’Instituteur, un point c’est tout.
Or voilà qu’une irrésistible vague de mutation technique a balayé tout cela en reliant soudain chaque homme, chaque femme, chaque enfant, directement et instantanément à la collectivité. Par Internet, les ordinateurs, les téléphones de poche, les réseaux, etc., chacun a brutalement pris conscience qu’il existait, qu’il comptait, qu’il faisait partie du tout. Voyez comment ceux qui n’avaient pas accès à ces outils modernes se battirent pour s’en procurer. C’était pour eux le lien de vie sans lequel ils n’étaient rien.
Dès lors s’est installée dans les esprits l’idée que le président, le maire, l’instituteur étaient aussi des hommes (ou des femmes), reliés comme eux, et à égalité, au même ensemble. La fonction s’effaçait devant le titulaire. Certes, celui-ci bénéficiait d’une situation d’autorité, mais, la méritait-il ? On découvrait ce que l’on sait déjà depuis longtemps dans les entreprises, à savoir que l’autorité ne découle pas de la fonction, mais de la reconnaissance des autres.
Alors, le chantier est devant nous. Il faut reconstruire nos démocraties à la mesure de cette nouvelle humanité connectée. Un chef d’État, désormais, devra être le meilleur d’entre nous. Et le peuple le jugera en direct, en temps réel, instantanément.
lundi 11 novembre 2013
Commémorations 2013
Que signifie cette commémoration à grand spectacle qu’inaugure aujourd’hui l’actuel président de la République ? Mis à part le 95e anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918 dont il est coutume de célébrer tous les ans la mémoire ; mis à part également un défilé de maquisards dans l’Ain, en 1943, trente ans plus tard ; que s’est-il donc passé d’exceptionnel en novembre 1913 ?
Rien ! En 1913, personne ne se doutait d’une prochaine guerre mondiale. L’assassinat du prince héritier d’Autriche, François-Ferdinand, par les nationalistes serbes aura lieu un plus tard, en juin 1914. L’ultimatum de l’Autriche à la Serbie qui déclenchera la guerre mondiale surprit tout le monde, en juillet 1914. Quant à la France, c’est le 1er août 1914 que sera ordonnée la mobilisation générale.
Quelle arrière-pensée pousse donc le président à anticiper l’histoire, à précipiter les cérémonies ? Est-ce la situation économique et sociale d’alors, quand le monde “dansait sur un volcan“, comme l’a mis en scène Arte, que l’on veut commémorer parce qu’elle ressemble étrangement à celle d’aujourd’hui ? Sinistre prémonition !
N’est-ce pas plutôt un calcul politicien pour tenter de tirer profit personnel de cérémonies qui devraient normalement attendre un an. Mais, dans un an…?!
La mémoire de nos aïeux qui sont morts dans la boue, dans des conditions atroces, mérite mieux que ces sordides manipulations.
samedi 9 novembre 2013
L'armée…
J'ai passé la journée en dédicace au salon du livre militaire à Tours. Je voudrais livrer ce commentaire : j'ai cru rajeunir de cinquante ans, quand, jeune officier du Génie, je partageais la vie des militaires en Algérie, au Sahara précisément. Même ambiance de sympathie, de droiture, de confiance naturelle. L'armée, une grande famille, ce n'est pas seulement une formule. Quelle contraste avec la société civile où tout le monde se jalouse, tout le monde ment, tout le monde triche !
Lisez ceci que les organisateurs avaient écrit dans leur plaquette de présentation du salon : "La culture militaire (…) permet le mûrissement d'aptitudes indispensables comme le discernement, la faculté d'analyse et la prise de recul, l'ouverture d'esprit et l'affinement de la pensée critique". Nos politiques, mais aussi et surtout ceux qui les élisent, devraient bien méditer ce texte, eux qui n'ont comme culture que le vidage de cerveaux de la télé ; comme discernement, que les consignes qu'on a ensuite déversé dans leur cerveau vide ; comme ouverture d'esprit, que la largeur de leur écran ; comme esprit critique, que les œillères de la pensée unique.
Lisez ceci que les organisateurs avaient écrit dans leur plaquette de présentation du salon : "La culture militaire (…) permet le mûrissement d'aptitudes indispensables comme le discernement, la faculté d'analyse et la prise de recul, l'ouverture d'esprit et l'affinement de la pensée critique". Nos politiques, mais aussi et surtout ceux qui les élisent, devraient bien méditer ce texte, eux qui n'ont comme culture que le vidage de cerveaux de la télé ; comme discernement, que les consignes qu'on a ensuite déversé dans leur cerveau vide ; comme ouverture d'esprit, que la largeur de leur écran ; comme esprit critique, que les œillères de la pensée unique.
dimanche 27 octobre 2013
Vous avez dit "réussite" ?
François Pineau raconte dans le magazine Match qu’il doit sa fortune à la rencontre de banquiers qui lui ont fait confiance. Aujourd’hui, ajoute-t-il, ce ne serait plus possible, ce sont les ordinateurs qui décident. Sans doute sa modestie l’empêche-t-elle de dire qu’il doit aussi sa réussite à son talent, peut-être son génie. Mais, s’agissant des banques, comme il a raison ! Et comme cela est grave ! Car cela veut tout simplement dire qu’en France, en tout cas, il n’y aura jamais plus de réussite personnelle, jamais plus de désir de réussir, jamais plus de ces industriels qui ont porté les emplois de millions de nos parents. Quel que soit le génie du bâtisseur, il a besoin de s’appuyer sur l’association confiante et amicale de bailleurs de capitaux. Comment se lier d’amitié avec un ordinateur ? On a voulu faire de la France un pays collectiviste où plus personne ne veut ni ne peut prendre de responsabilités. L’URSS est morte de cette erreur.lundi 21 octobre 2013
Faim et énergie
EDF et Areva, le groupe français leader mondial du nucléaire, ont reçu contrat de la Grande-Bretagne pour la fourniture et l’exploitation de deux centrales électriques de troisième génération, EPR.
L’atome civil, en France, c’est 2.500 entreprises et 220.000 emplois directs. Si l’Italie et l’Allemagne tournent actuellement le dos à cette filière énergétique, celle-ci couvre néanmoins 25% de la production d’électricité en Europe, sans émission de CO2.
Pourtant, deux milliards de personnes dans le monde n’ont pas encore accès à l’électricité. Un milliard de personnes souffrent aujourd’hui de malnutrition. Ce chiffre d’affamés sera de 4 milliards en 2050. Nous vivons à la cadence de 200.000 habitants de plus tous les jours. Une ville par jour ! La consommation d’eau a été multipliée par 7 en un siècle. Or 60% de l’humanité manque encore d’eau potable. Un enfant meurt de faim ou de soif, dans le monde, toutes les six secondes. C'est la moitié de la population de l'agglomération parisienne qui disparaît tous les ans ! La bombe de la famine va éclater dans les prochaines années.
L’enjeu de l’énergie est mondial. Avec 9 milliards d’individus sur Terre en 2050, il va falloir doubler la production d’énergie. Il y va de la survie de ces 9 ou 10 milliards d’êtres humains qui se bousculeront sur la Terre dans quelques dizaines d’années. Ils réclameront, pour survivre, une énergie que ne pourront fournir indéfiniment les combustibles fossiles, pétrole et gaz, accumulés par la nature pendant des millions d’années, et dilapidés en quelques dizaines d’années. Version moderne de la guerre du feu, les hommes s’entre-tueront pour l’énergie, pour vaincre la malnutrition ou le manque d’eau potable
Or la nature a mis à la disposition des Hommes une réserve colossale, inépuisable d’énergie. Sauront-ils l’utiliser avec sagesse ? Elle est dissimulée au plus profond de l’infiniment petit, au cœur du noyau des atomes dont tout, ici-bas, est construit. Les atomes sont les minuscules et innombrables accumulateurs qui stockent en leur sein la formidable dotation originelle d’énergie nécessaire à l’évolution de l’humanité. Un gramme de plutonium présente le même potentiel d’énergie qu’une tonne de pétrole. Si l’on savait récupérer toute l’énergie contenue dans un seul gramme de noyaux atomiques, on pourrait faire faire plusieurs fois le tour du monde au plus gros des Airbus.
Oui, mais la bombe…?
Ce n’est pas en privant l’humanité de son énergie vitale que l’on découragera la guerre, au contraire ! La lutte pour la survie poussera aux pires excès. Ceux qui ont inventé la bombe ne connaissaient pas les réacteurs électriques civils.
mardi 15 octobre 2013
"Notre-Père", nouvelle version.
L’affaire paraîtra futile aux beaux esprits qui ne voient pas plus loin que le bout de leur matière. Et pourtant ! Le Vatican va autoriser une nouvelle traduction de la prière universelle des chrétiens qui remplacera « ne nous soumets pas à la tentation » par « ne nous laisse pas entrer en tentation ».
Cette version postconciliaire aujourd’hui en usage m’a toujours gêné. Quelle audace, que de prier Dieu afin qu’il nous exempte de la tentation du mal ! « Ne nous soumets pas à la tentation » ! Le Christ lui-même fut soumis à la tentation ; et il la repoussa. De quel droit prétendrions-nous en être dispensés ?
La vérité est que Dieu ne nous soumet à rien. Il nous offre le bien. À nous de nous en servir. Mais, si nous refusons de faire ce bien, alors nous créons nous-mêmes le mal, l’absence de bien. On entend ceux-là dire que « s’il y avait un Dieu, il n’y aurait pas tout ce mal sur Terre ». Mais, s’il y a le mal, c’est notre faute, pas celle de Dieu !
La prière de ma jeunesse demandait au contraire que Dieu ne nous laissât pas « succomber » à cette tentation de fuir le bien. C’était un engagement d’une autre vigueur. La différence est fondamentale. Dans cette version ancienne, nous demandions la force de nous battre. Dans la version moderne, nous demandons le privilège de la paresse. Il est vrai qu'au milieu des années soixante, c’était le signe des temps. On sait ce qu’il en advint.
Si l’on revient enfin à l’acception originelle du Pater Noster, et si les chrétiens qui le formulent en mesurent le sens profond, alors on aura corrigé une grande erreur qui va bien au-delà du seul aspect sémantique.
mardi 1 octobre 2013
La vie : hasard ou intelligence ?
Un éminent biologiste, membre de l’Académie des sciences, expliquait récemment dans les colonnes d’Ouest France, à propos des cellules de notre organisme, qu’associées à des bactéries, elles avaient « inventé », il y a plus d’un milliard d’années, ce qui se passe en elles en matière de métabolisme à la base du développement de la vie.
Je me permets de suggérer de lire la partie IV de mon livre “L’Étoile de confiance“ (https://sites.google.com/site/etoiledeconfiance/). J’y ai décrit, le mieux que j’ai pu, ce stupéfiant métabolisme. Il est aussi invraisemblable d’imaginer qu’il ait pu naître du hasard des rencontres de molécules diverses, qu’il serait extravagant d’espérer recréer une tragédie de Shakespeare en jetant une pluie de lettres du haut de l’escalier. Sur ce sujet, comme sur celui de la genèse de l’Univers à partir de son instant zéro, ou sur celui du vertigineux infiniment petit qui nous fait basculer dans l’immatériel, on ne fera pas l’économie d’une Intelligence nécessaire.
vendredi 27 septembre 2013
“Débaptisation“ (suite)
Un “anonyme“ a bien voulu commenter un de mes anciens messages de ce blog, relatif à la “débaptisation“ ( http://bernardhuet.blogspot.fr/2013/05/debaptiser.html ) en définissant ainsi le baptême : « cet abus de pouvoir de faire subir, d'imposer, un acte sectaire à un bébé en faisant fi de sa conscience en devenir ».
J’aimerais savoir s’il qualifie aussi d’abus de pouvoir l’endoctrinement anticlérical subi par nos enfants à l’école faussement appelée laïque, relayé par certains partis politiques, confréries diverses et médias à la solde.
Mais, il me paraît plus utile de réfléchir un instant pour tenter de comprendre ce qu’est le baptême (lire aussi http://bernardhuet.blogspot.fr/2013/01/bapteme.html ) et à quel point l’idée de “débaptisation“ me semble saugrenue.
Et, pour comprendre, il faut remonter à la définition de l’Homme, à l’idée que l’on s’en fait. Deux chemins s’ouvrent alors à la réflexion.
Ou bien l’Homme n’est qu’un éphémère monceau de poussières ; agglomérat inutile, voire nuisible, de molécules chimiques associées au hasard des rencontres dans un univers vide de sens ; « assemblage d’atomes de carbone, d’oxygène, d’hydrogène, d’azote, de phosphore et de soufre. Rien de plus », comme l’a écrit Joël de Rosnay. Dans ce cas, en effet, baptiser ne sert à rien. Mais alors, pourquoi s’en offusquer au point de vouloir se “débaptiser“ ? L’eau du baptême n’a laissé aucune trace sur le corps. Il n’y a pas de tatouage à effacer. Cette hystérie ne serait-elle pas plutôt le signe que quelque chose d’autre chatouille la conscience du baptisé, qui ne siège pas seulement dans son corps ?
Ou bien l’Homme de chair, ce bébé qui vient de naître, est beaucoup plus que ce qu’il montre. Il est comme l’iceberg dont 90% de la masse est enfouie dans l’autre monde, le monde sous-marin. L’Homme visible n’est que l’image virtuelle de son au-delà de l’espace et du temps. Dans ce cas, l’immersion baptismale prend toute sa dimension. Elle est le geste rituel par lequel l’image nouvelle est lavée des salissures de sa représentation matérielle, afin qu’elle apparaisse dans la pureté de son essence immatérielle. (Une image virtuelle que nul n’observerait n’aurait aucune existence). En ce sens, le baptême s’apparente à un sacrifice — sacrifice : “faire sacré“, atteindre le divin —.
Ayant ainsi été “lavés“, offerts au regard des hommes dans la dimension du parfait, quel étrange nihilisme peut bien pousser certains à vouloir retourner dans leur fange, y mourir, y pourrir, c’est tout ? La science s’ouvre, aujourd’hui, à l’idée que la conscience dont parle mon correspondant anonyme n’est pas seulement la manifestation de quelque réaction électrochimique. Elle est la voix d’un ailleurs. Ce n’est pas faire fi de la conscience du bébé, que de la lui faire entendre.
jeudi 19 septembre 2013
La France est gouvernée au hasard
Il parait que Monsieur Bayrou est de nouveau dans l’opposition, après qu’il a voté et appelé à voter pour l’actuel Président de la République, et ce au motif que ce dernier n’a pas tenu ses engagements. Ainsi, Monsieur Bayrou n’a pas vu en temps utile que ce candidat-là ne tiendrait évidemment pas ses engagements ? Il n’a pas vu que ses promesses électorales étaient irréalistes ? Il n’a pas vu que le personnage n’était pas fiable ? Il n’a pas vu que son équipe était incompétente ? On peut comprendre qu’une certaine population peu apte à la réflexion politique et trop influençable par des médias intéressés fassent cette erreur, en trop grand nombre toutefois. Mais, quelqu’un qui se veut leader politique a-t-il droit à une pareille bévue ?
Le vrai scandale français, aujourd’hui, n’est pas que ce président-là soit mauvais, mais qu’il ait été élu ! Alors, il est peut-être temps de s’interroger sur l’absurdité du système électoral français qui, depuis quarante ans, livre la France au bon vouloir du hasard. Car, a-t-on remarqué qu’à chaque fois le Président désigné l’est par un petit poil qui s’ajoute, d’un côté ou de l’autre, aux cinquante pour cent fatidiques ? Et c’est ce petit poil, marginal et qui ne représente aucune tendance nationale, qui décide finalement du sort de notre quotidien et de celui de nos enfants pendant cinq ans et plus car, trop souvent, des disposition néfastes prises engagent l’avenir durablement. Ce petit poil, c’est un détail qui peut le déterminer. Ce peut être la dernière intervention télévisée de l’un ou l’autre des challengers, réussie ou ratée. Ce peut être un comportement, une attitude, un nœud de cravate qui déplaît. Ce peut être le temps qu’il fait le jour du scrutin. En un mot, c’est le hasard. Ainsi la France est gouvernée au hasard. On pourrait faire l’économie du second tour en tirant à la courte paille entre les deux finalistes, le résultat serait le même.
Alors, quand une charrette est est ainsi tiré tantôt à hue, tantôt à dia, au gré du hasard, il ne faut pas s’étonner qu’elle finisse au fossé, comme la France aujourd’hui. On entend souvent dire qu’il faudrait ajouter au système électoral une dose de proportionnelle, une dose de ceci, une dose de cela. C’est une dose, une grosse dose d’intelligence qu’il faudrait lui apporter.
Jadis, le pays était gouverné par les combinaisons d’une caste politique qui laissait à l’écart la volonté populaire. De Gaulle a voulu y remédier en mettant au centre du jeu le citoyen. L’intention était louable. Mais, le temps passant, et la maturité politique citoyenne ne s’améliorant pas, le pouvoir médiatique tentaculaire et insidieux a transformé ce qui aurait dû être un débat d’idées, d’opinions réfléchies, en un jeu télévisé comme une élection de miss. Cela occupe un dimanche, on passe une bonne soirée télé, et après on se plaint des élus.
Je ne sais dans quel état la charrette France sortira du présent quinquennat. Mais si elle en sort, il faudra d’urgence adapter les règles du jeu démocratiques aux conditions nationales et mondiales modernes.
dimanche 15 septembre 2013
Internet, la jungle.
Un homme, toulousain, vient de lancer sur “Le Figaro“ un cri d’alarme. Ses deux fils s’étaient engagés dans un groupe salafiste en Syrie. L’un a été tué. L’autre combattrait toujours dans la région d'Alep. L’un s'était converti à l'islam en 2010, au gré de rencontres à Toulouse et de consultations de sites Internet fanatiques. Son frère l’avait rejoint en 2012. Ils voulaient « mourir pour Allah pour aller au Paradis ».
« Ce ne sont pas mes fils qui sont partis en Syrie. Ils ont été conditionnés, mais je ne sais toujours pas où, ni comment. Qui a piloté tout ça ? Toutes ces questions me rendent malade. Les jeux vidéo ont certainement eu un impact nocif sur Jean-Daniel. Je regrette de ne pas avoir eu l'autorité nécessaire pour l'empêcher de s'abrutir devant l'écran. Il y jouait, en abusait. Ils ont été sensibles et fragiles à n'importe quel discours fanatique, car c'est cela qu'ils ont subi. (…) Je regrette de ne pas avoir su trouver les mots qui auraient pu les faire réfléchir différemment. Pourtant, j'ai passé des nuits avec eux au téléphone pour essayer de les ramener à la raison. Je ne les reconnaissais pas. Pourtant, j'ai toujours été proche d'eux, malgré ma séparation d'avec leur mère. Quand on voit ses propres enfants en tenue de guerre brandissant une kalachnikov et un coran sur des vidéos, on se dit que tout ça est irréel ».
Le même quotidien rapporte dans un autre article la comparution devant le tribunal correctionnel de Paris de deux jeunes djihadistes français arrêtés par les autorités pakistanaises.
« Des paumés, originaires de banlieue parisienne, cherchant un sens à leur existence (…), et qui rencontrent un individu qui, par son image, son érudition, sa faculté à convaincre, entraîne les autres, comme l'explique le procureur Benjamin Chambre ».
L’un d’eux explique :
« Je m'ennuyais beaucoup, je passais mon temps sur Internet. (…) Ce qui m'a le plus attiré, c'est qu'en parlant de ce sujet sur le Web, j'étais populaire, on me disait que j'étais courageux, j'avais une estime de moi encore jamais connue. (…) Je voulais juste tirer à la kalachnikov, me défouler un peu, pour faire comme dans le jeu vidéo Call of Duty. (…) On a utilisé des versets du Coran pour justifier nos actions, a-t-il reconnu, estimant qu'il ne serait pas tombé dans ce traquenard s'il avait mieux connu sa religion ».
Parents, je vous en conjure, ouvrez les yeux ! Vos enfants ne resteront pas ados longtemps. Demain, il sera trop tard. Et demain est déjà à la porte. À cet âge tendre où le cerveau est si malléable, vous n’avez pas le droit de les abandonner dans la jungle d’Internet. Ils ne sauront pas, seuls, y survivre au milieu des prédateurs de tous acabits. Des parents trop souvent absents, ou, lorsqu’ils sont physiquement présents, mentalement absorbés eux-mêmes par la télé ou Internet, créent le vide que leurs enfants combleront comme ils peuvent par le virtuel de l’écran. Comment “élever“ ses enfants, puisque l’Éducation nationale n’y procède pas ? “Élever“, c’est-à-dire faire prendre de la hauteur ! Il n’y a qu’une méthode : l’exemple. Les enfants assimilent et reproduisent naturellement ce qu’ils voient quotidiennement. Ce que vous voudriez que vos enfants fissent, faites-le vous-mêmes.
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