mercredi 22 juin 2011

Éloge de la vitesse

Voici un article du Figaro de ce jour sur un sujet “tabou“.  
« Sept conducteurs sur dix victimes de somnolence. (…) La somnolence reste la première cause des accidents mortels sur autoroute. (…) Un décès sur trois est lié à l’assoupissement. (…) Bien des conducteurs croient encore que l’état de torpeur va disparaître si on augmente le son de la radio. (…) ».
Et pour conclure cette révélation extraordinaire : 
« l’Asfa (…) suggère (…) l’introduction de la somnolence comme facteur d’accidentalité dans les fichiers statistiques nationaux » ! 
Vous avez bien lu : lorsque les statistiques nous assènent les pourcentages de soi-disant fréquences d’accidents, il faut savoir que l’on a préalablement introduit dans l’ordinateur la liste des causes “politiquement correctes“ qu’il lui est permis d’analyser ! L’administration n’a jamais tort.
Sortons un peu de la mauvaise foi et convenons que si l’on s’endort au volant, c’est tout simplement parce que l’on se traîne pendant des heures à 130. Et certains voudraient encore ralentir à 110 ! 
Il existe pour chaque conducteur, selon les circonstances et le moment de la journée d’ailleurs, une vitesse physiologique optimale à partir de laquelle se déclenche et se maintient un niveau de vigilance maximum. Tout conducteur (compétent et expérimenté) le sait bien. Cela s’appelle piloter une voiture. On est moins en danger à 170, éveillé, qu’à 130, endormi. 
S’y ajoute un autre effet pervers de la limitation autoritaire et uniforme. Un automobiliste qui n’a jamais dépassé le 130 de toute sa vie, conduit perpétuellement à la limite de ses moyens. Que le moindre incident se produise, et il n’a aucune expérience de ce qu’il faut faire, aucun réflexe salvateur. Qu’à l’inverse, celui-ci, dans un pays de liberté, ait appris à maîtriser un véhicule à 180, sur une portion de route le permettant, alors il se trouvera en situation de pilotage sécurisé à 140 ou 150, et parfaitement éveillé et attentif.
Le Figaro termine son excellent article en disant que « conscient du problème, le gouvernement (…) a notamment décidé de renforcer les sanctions (…) ».
Consternant !

dimanche 19 juin 2011

Des hommes et des ordinateurs.

Je procédais, il y a quelques instants, à la correction d’un texte à l’aide d’un de ces logiciels spécialisés, au demeurant souvent efficaces. Pourtant, à plusieurs reprises celui-ci me signala des fautes d’accord qui n’en étaient pas, ou, à l’inverse, passait outre à d’autres qui l’étaient assurément. C’est que souvent, il peinait à trouver le sujet, le complément, le temps de la phrase, dans une construction grammaticale un peu inattendue pour lui. Parfois, il avait raison, et il mes suffisait de déplacer une virgule ou d’en placer une autre, pour que tout rentre dans l’ordre. Mais, souvent il avait tort. 
J’ai alors réalisé que l’art de l’écriture ne se satisfait pas des règles de grammaire, qu’il lui faut, comme pour une symphonie, la liberté de musarder en dehors du sentier balisé, de revenir sur ses pas, de franchir un obstacle. Dès lors que le lecteur a pris le rythme, la ballade est aisée et la lecture exquise. On dit que le texte est “bien écrit“.
Mais alors la syntaxe ne réside plus seulement dans l’application de règles logiques, les seules que l’ordinateur peut apprendre. Il faut nécessairement avoir lu le contexte qui précède, l’avoir compris et l’avoir retenu, pour pouvoir suivre sans trébucher une nouvelle phrase à l’articulation imprévue. Et cela, un ordinateur, même des plus performants, ne le peut pas. Quel ordinateur est capable de comprendre le sens de “je t’aime“, et de le garder en mémoire pour éclairer la suite ?
La même limite affecte d’ailleurs les logiciels de traduction. Combien de transpositions informatiques de textes étrangers dans notre langue maternelle nous apparaissent médiocres, sans âme, à refaire ? Traduire un texte d’une langue littéraire dans une autre, c’est d’abord le comprendre dans la profondeur des sentiments que son auteur a voulu y mettre ; et c’est ensuite le réécrire en mettant en œuvre toutes les ressources de la langue nouvelle. Aucun ordinateur ne saura le faire, car aucun ne saura lire dans la pensée de l’auteur.
Quand, dans une société, l’ordinateur prend le pouvoir sur les hommes, les déboires ne sont pas loin. 

dimanche 12 juin 2011

Pénurie alimentaire, et énergie nucléaire.

Sous le titre “Le siècle de la faim“, Le Figaro du 11 juin 2011 publie un article fort intéressant du New York Times dont voici quelques extraits.
« L’immense système agricole qui nourrit l’humanité est en danger. (…) L’offre ne suit plus la demande qui explose sous l’effet d’une démographie galopante et l’enrichissement des pays autrefois pauvres. (…) Depuis 2007, ce déséquilibre a donné lieu à deux énormes hausses des cours des céréales. Le coût de certaines d’entre elles a plus que doublé. Pour des dizaines de millions de pauvres, ces augmentations ont aggravé la famine. (…)
Selon les plus récentes prévisions des Nations Unies, la population mondiale atteindra 10 milliards d’habitants d’ici à la fin de ce siècle, soit 3 milliards de plus qu’aujourd’hui. Cela signifie que dans les années à venir, la production alimentaire va probablement devoir doubler. (…) Les terres disponibles se font rares, les réserves d’eau baissent, la température monte, le climat est devenu erratique et le système alimentaire donne de sérieux signes d’instabilité.
Vers la fin du XXe siècle (…) la demande humaine et animale de nourriture (a commencé) à décoller, en partie parce que l’Asie devenait plus prospère. Des millions de gens ont ajouté à leur régime alimentaire de la viande et des produits laitiers, dont la production exige des céréales. La conversion d’une grande partie de la récolte de maïs américaine en éthanol a contribué à l’explosion de la demande. (…)
En 2007-2008, les stocks de céréales étant faibles, les cours ont doublé ou triplé. Les pays ont commencé à faire des réserves, et les citoyens paniqués se sont rués sur la nourriture. Des émeutes de la faim ont éclaté dans plus de 30 pays. (…) Selon les prévisions récentes de l’organisation caritative Oxfram, les prix des denrées alimentaires augmenteraient d’au moins 100% d’ici à 2030. (…)
La croissance urbaine grignote les terres agricoles et prive d’eau les fermiers. Dans certains des greniers du monde, les agriculteurs vident les aquifères beaucoup plus rapidement que la nature ne peut les reconstituer. (…) Ces dix dernières années, les précipitations ont été plusieurs fois inférieures à la normale. Et le nord du Mexique est situé sur une ceinture qui, tout autour de la planète, devrait s’assécher encore à cause de l’effet de serre. (…)
Les gens ne comprennent pas l’extrême urgence de la situation (…). S’il y a pénurie de nourriture, nous serons dans une situation très désagréable (…). Il faut absolument mobiliser les scientifiques pour apporter des réponses. » 
Et voilà le moment que choisissent les adeptes de l’écologie pour tenter de provoquer l’arrêt de la recherche sur le nucléaire et son énergie irremplaçable. Ils n’ont pas compris que le problème de l’eau est un problème d’énergie. Ce n’est pas l’eau qui manque, la mer n’est pas encore vide, mais le besoin d’énergie abondante et bon marché est immense, pour traiter cette eau, la transporter et la distribuer. 
J’ai abordé cette vision du problème dans mon livre “Le Ciel du ciel“ (aux Éditions Publibook) dont voici un extrait.
« On ne la trouvera pas, cette énergie, en quantité suffisante ailleurs que dans l’atome !Il y a dans quelques grammes de matière autant d’énergie que l’on sait en produire en faisant brûler des milliers de tonnes de charbon. Si l’on savait récupérer toute l’énergie contenue dans un seul gramme de noyaux atomiques, l’on pourrait faire faire plusieurs fois le tour du monde au plus gros Airbus. La Création a eu la sagesse de fournir, dissimulée au cœur des atomes, la colossale énergie dont l’humanité va avoir besoin pour se développer et atteindre son destin. 
— Mais la bombe, direz-vous ? L’humanité s’anéantira avant de savoir maîtriser l’atome ! 
— Avec l’énergie nucléaire, l’humanité peut en effet s’anéantir. Sans elle, elle est sûre de disparaître. Fallait-il que l’homme n’inventât pas le feu afin de ne pas risquer fabriquer des armes du même nom ? Les hommes sauront-ils utiliser avec sagesse ce colossal gisement quasiment illimité, mis à leur disposition par la Création prévoyante, et dissimulé au fond des noyaux atomiques, au cœur de la matière dont ils sont façonnés ? Si, développer la recherche atomique pour utiliser l’arme de destruction massive est une horreur, permettre l’accès pour tous à cette énergie, y compris pour les plus pauvres, est un devoir.
La foule de nos enfants et de leurs enfants qui se bousculeront sur notre planète à la fin de ce siècle, réclameront pour vivre une énergie à consommer que ne pourront fournir indéfiniment les combustibles fossiles, pétrole et gaz, accumulés par la nature pendant des millions d’années, et dilapidés en quelques dizaines d’années. Version moderne de la guerre du feu, les hommes s’entre-tueront pour cette énergie, pour vaincre la malnutrition ou le manque d’eau potable. Mais aussi pour construire sur Terre et dans l’espace un cadre de vie à la dimension de l’humanité de demain. Quelques moulins à vent n’y suffiront pas. Saurons-nous domestiquer cette énergie aux seules fins de construire à notre tour le monde dont nous avons hérité ?
Une personne meurt de faim ou de soif toutes les cinq secondes dans le monde. L’équivalent d’une ville comme Lyon rayée de la carte tous les mois ! Et ce malheur touche particulièrement les enfants, les plus vulnérables. Faut-il regarder et ne rien faire ? Se contenter de bicyclettes et d’éoliennes ? Ne pas vouloir voir plus loin que le bout de son confort ? Personne n’a donc compris que l’évolution est exponentielle, que la bombe de la famine va éclater dans les prochaines années, que nos enfants seront face à un problème décuplé ? 
De quel droit voudrions-nous interdire aux populations actuellement pauvres, le secours de cette énergie, l’eau potable et la nourriture qu’elle leur apportera ? Ceux à qui la providence a donné le savoir et la richesse n’ont pas le droit de garder pour leur seul confort les bienfaits de l’énergie abondante et propre que la nature a mise à la disposition de l’humanité tout entière, au cœur de l’atome et de son noyau. Ils ont désormais le devoir d’investir lourdement en recherche pour maîtriser au plus vite ces techniques et les distribuer. »

vendredi 3 juin 2011

Recherche sur l'embryon


Au sujet du débat parlementaire sur les expérimentations scientifiques provoquant la destruction d’embryons humains, Mgr Vingt-trois a exprimé sa crainte d’une “instrumentalisation“ condamnable de l’être humain.

Aussitôt, le Grand Orient a crié à “l’obscurantisme“ ! Comme il y a deux siècles ! Les francs-maçons n’ont pas changé. Ils ne comprendront jamais rien à la dimension de l'Homme.

dimanche 24 avril 2011

Pâques

Hier encore, le ciel étant radieux, nous, chrétiens, commémorions dans la tristesse, l’accablement, ces jours funestes qui ont vu, voici vingt siècles, Jésus, notre ami, notre être cher, livré, martyrisé, exécuté. Et voici qu’après cette nuit d’orage, le ciel étant triste et sale, nous exultons, fêtons dans la joie la résurrection du Christ. 
Quel est donc ce paradoxe des chrétiens qui les fait tantôt pleurer, tantôt rire ? Faisons-nous du théâtre ou exprimons-nous nos vrais et profonds sentiments. ? Mais, comment passons-nous aussi vite d’un extrême à l’autre ?
Ce paradoxe n’en est plus un si l’on veut bien considérer que les deux sentiments ne s’expriment pas dans le même univers. La douleur affecte notre être de chair, notre intellect, notre raison ; la joie emplit notre être d’esprit, notre âme. Non pas que nous soyons duaux, mais le même être humain, considéré dans sa dimension terrestre, connaît le temps, donc la succession du du beau et du laid, du bien et du mal, du bonheur et du malheur ; considéré dans sa dimension de l’au-delà, insaisissable à nos sens il est vrai, il embrasse le Tout achevé, une vibration nouvelle qui tend au bonheur parfait. 
Le secret des grands chrétiens n’est pas autre chose. Mère Teresa débordait de joie et de gaîté, quand son quotidien l’immergeait dans les pires tristesses. Pâques, en ce sens, est l’exercice à la chrétienté. 

mercredi 20 avril 2011

Crucifix souillé

Après la photo exposée à Avignon montrant un crucifix trempé dans l’urine, voici les propos lus ce matin, avec dégoût, d’un soi-disant philosophe dont il ne me semble pas opportun de faire la promotion :  
« qu’un crucifix de pacotille puisse, trempé dans l’urine et moyennant l’éclairage adéquat, apparaître avec une telle splendeur ombreuse, voilà qui devrait provoquer l’émerveillement ». (sic)
Et de rappeler que le Messie avait « lui-même une vessie, que le Fils de Dieu, Dieu lui-même, a uriné ».
Voilà à quelles aberrations mentales, conduit le pseudo intellectualisme à la mode.
Peut-être ce monsieur a-t-il lui-même perdu un être cher, un père, une mère, une épouse, un enfant. Apprécierait-il autant “l’art contemporain“, si quelque photographe en mal de publicité se saisissait d’une photo, même de pacotille, de son cher disparu, pour l’exposer souillée d’excréments à la raillerie de tous ? 
Bien sûr, le Christ a lui-même uriné ! Mais Il était notre être cher.

jeudi 14 avril 2011

Domestication de l'énergie

L’émergence et le développement de l’humanité se sont opérés autour de trois mutations fondamentales du savoir : 
1- La domestication du feu et de son énergie, il y a quatre ou cinq cent mille ans. La mécanisation en est issue, avec la combustion des carburants fossiles. Les guerres meurtrières aussi, mais qui peut imaginer ce que serait aujourd’hui l’humanité sans cette étape capitale ? Sans doute n’existerait-elle simplement plus. 
2- La domestication de l’énergie animale, il y a neuf mille ans. J’invite les auteurs de science-fiction à songer à ce que serait l’homme, aujourd’hui, s’il était devenu l’esclave énergétique de quelque créature qui l’eût intellectuellement dominé.
3- La domestication de l’électricité et de son énergie, il y a trois siècles. Elle fut la découverte essentielle qui permit la diffusion de l’énergie en tous points de la Terre. La communication entre les hommes en découle, dont on observe aujourd’hui l’explosion.
Quelle sera la quatrième marche de cette hominisation ? Nous en vivons les prémices, nous sommes contemporains de sa naissance.  
À quel redoutable problème est confrontée l’humanité de demain, celle de nos enfants et de leurs enfants ? À son nombre d’individus. À l’horizon 2050, les projections les plus modestes annoncent au moins neuf milliards d’hommes et de femmes, trois pour deux aujourd’hui, qui se bousculeront sur Terre, qui se feront la guerre pour l'eau et la nourriture.  Déjà, chaque année, six millions de personnes meurent de faim ou de soif dans le monde, une toutes les cinq secondes.
Seul un bond colossal dans la domestication d’une énergie nouvelle, abondante et distribuée à tous, pourra répondre à ce défi. Or la nature a mis à la disposition de l’Homme une réserve colossale, inépuisable d’énergie. Elle est dissimulée au plus profond de l’infiniment petit, au cœur du noyau des atomes dont nous sommes tous construits, comme toute la matière qui nous entoure. Il y a dans un grain de sable plus d’énergie, si l'on savait  aller la chercher, que dans mille barils de pétrole. Alors, oui, avec cette énergie, l'humanité peut s'anéantir, mais sans elle elle est sûre de disparaître.

vendredi 18 mars 2011

Les enjeux du nucléaire

Les angoisses ressenties par chacun à la suite des accidents de centrales électriques japonaises sont légitimes. Il serait gravement fautif de ne pas en tirer les enseignements techniques. Moins légitime, voire lamentable, est l’attitude de certains qui n’ont pas eu honte de tirer profit de ces drames pour améliorer leurs sondages. Or l’enjeu de l’énergie nucléaire ne se limite pas au confort de quelques Occidentaux déjà nantis, et qui en parlent en ne pensant qu’à eux. Sans doute, ceux-là peuvent-ils renoncer à une part de leur bien-être, mais en quoi cela va-t-il résoudre le problème de l’humanité ? Car l’enjeu de l’énergie est mondial. Il y va de la survie des 9 ou 10 milliards d’êtres humains qui se bousculeront sur la Terre dans quelques dizaines d’années.
Une personne meurt de faim ou de soif toutes les cinq secondes dans le monde. C'est la moitié de la population de l'agglomération parisienne qui disparaît tous les ans ! Et ce malheur touche particulièrement les enfants, les plus vulnérables. L’évolution démographique est exponentielle. La bombe de la famine va éclater dans les prochaines années. La population mondiale s’accroît chaque jour de 200.000 bouches supplémentaires. Il y aura 1,5 milliard d’affamés en 2050 qui nous réclameront de quoi vivre. La foule de nos enfants et de leurs enfants qui se bousculeront sur la Terre à la fin de ce siècle réclamera pour vivre une énergie consommable que ne pourront fournir indéfiniment les combustibles fossiles, pétrole et gaz, accumulés par la nature pendant des millions d’années, et dilapidés en quelques dizaines d’années. Version moderne de la guerre du feu, les hommes s’entre-tueront pour de l’énergie ; pour vaincre la malnutrition ou le manque d’eau potable ; pour construire sur Terre et dans l’espace un cadre de vie à la dimension de l’humanité de demain. 
Car la famine, c’est avant tout un problème d’énergie. L’eau ne manque pas sur Terre, avec laquelle l’on saura produire la nourriture. C’est d’énergie que l’on aura besoin, en quantité et accessible à tous, pour rendre cette eau potable, pour la dessaler et la distribuer, pour cultiver, pour faire tourner des usines, pour produire le nécessaire. Devant les 9 ou 10 milliards d’êtres humains prévus en 2050, nous sommes condamnés à doubler la production mondiale d’énergie.
Ce n’est pas avec quelques éoliennes intermittentes, même plantées en rangs serrés autour du globe, que l’on réglera ce problème. On ne la trouvera pas, cette énergie colossale, ailleurs que dans l’atome ! Les atomes sont les minuscules et innombrables accumulateurs qui stockent en leur sein la formidable dotation originelle d’énergie nécessaire à l’évolution de l’humanité. Il y a dans quelques grammes de matière autant d’énergie que l’on sait en produire en faisant brûler des milliers de tonnes de charbon. Un grain de plutonium offre autant d’énergie qu’une tonne de pétrole ! Si l’on savait récupérer toute l’énergie contenue dans un seul gramme de noyaux atomiques, l’on pourrait faire plusieurs fois le tour du monde dans le plus gros Airbus. 
Saurons-nous utiliser avec sagesse ce colossal gisement quasiment illimité, mis à notre disposition par la Création prévoyante, et dissimulé au fond des noyaux atomiques, au cœur de cette matière dont nous sommes façonnés ? Saurons-nous domestiquer cette énergie afin de construire à notre tour le monde dont nous avons hérité ?
Oui, des accidents peuvent arriver, dramatiques pour les victimes. Mais, fallait-il que l’homme n’inventât pas le feu afin que ne tuent pas les armes du même nom ? Avec l’énergie nucléaire, l’humanité peut en effet s’anéantir. Mais sans elle, elle est sûre de disparaître. Nous avons le devoir d’investir lourdement en recherche pour maîtriser au plus vite ces techniques et les distribuer dans le monde entier.

dimanche 13 février 2011

Mondialisation

Dans les années 50 du siècle dernier, quand naquirent les adultes d’aujourd’hui, ou un peu avant, la population mondiale était d’un peu plus de 2 milliards de personnes. 
Dans les années 50 du siècle actuel, la même population aura atteint 9 milliards.
En une vie d’homme, la population mondiale aura été brutalement multipliée par quatre et nous sommes contemporains de cette formidable mutation !
La Terre, depuis qu’elle existe, a porté une centaine de milliards d’êtres humains. 
Vingt pour cent de ceux-ci, un sur cinq, sont rassemblés sur notre siècle !
Arrêtons-vous un instant et réfléchissons.
Avant, il y avait l’homo sapiens, l’homme qui s’observait, seul au milieu des autres.
L’humanité, alors, était un genre, une catégorie du vivant, une addition d’individus.
Le collectif n’était pas né, seule existait la multitude.
Puis vint l’inflation fulgurante dans laquelle nous nous trouvons pris.
En quelques années, sur les deux cent mille ans d’histoire de l’homme, le poids de l’humanité fut multiplié par quatre.
Alors, dans cette masse nouvellement née, l’individualité n’a plus sa place.
Comme ces protons d’atomes qui fusionnent sous la pression de l’énergie, un être collectif nouveau, l’Humanité, est en train de naître de l’individu humain.
Comme ces particules de l’infiniment petit qui occupent tout l’espace de l’infiniment grand, l’individu humain touche désormais au tout d’une humanité, personne morale.
Rien ne peut plus atteindre l’individu qui ne concerne le collectif.
La multitude devient le collectif.
Ce siècle restera dans l’histoire comme celui de l’explosion.
Le big-bang de l’Humanité.
C’est cela, la mondialisation.

jeudi 10 février 2011

Embryon

Il y aurait en France près de 180.000 embryons congelés, stockés en attente de décision sur leur sort. La population d’une grande ville française ! Il pourrait y en avoir un million dans le monde ! 
Il s’agit des embryons conçus par fécondations en éprouvettes et gardés en réserve aux fins de réimplantation en cas d’échecs. Il est alors demandé aux parents de décider de leur sort : soit le don à la science, soit le don à autrui, soit la destruction. Une minorité s’exprime en faveur des deux premières “solutions”. Les autres confirment l’abandon ou restent muets. Ils aimeraient que les médecins décident à leur place (ou peut-être le Gouvernement…). Mais personne n’a envie de décider.
Parmi les causes de ce silence, il y a comme une gêne à réutiliser ces embryons congelés pour une deuxième grossesse. Comme si, “des embryons frais, c’est quand même mieux”… Mais aussi, une interrogation plus subtile tracasse : quel serait donc l’âge réel du nouveau petit frère ou de la petite sœur, conçu ou conçue finalement en même temps que l’aîné, mais mis au monde plus tard ? Ces interrogations, à faire pleurer, donnent la mesure de l’énormité du scandale.
Or ce ne sont pas les législations nationales sur le statut des embryons ou des fœtus qui vont apporter la lumière aux parents désemparés. Un embryon de quelques semaines ne sera rien dans un pays, deviendra un être humain si l’on passe une frontière, et perdra à nouveau son identité au retour. On n’est pas Homme au même âge de part et d’autre d’une même frontière ! Les législations sont des chefs d’œuvres d’hypocrisie, condamnées à louvoyer entre des lobbies de pressions contradictoires, animées par des idéologies radicales.
Quant à la science, elle se montre souvent plus préoccupée par la notoriété et les retombées financières induites par les expérimentations médiatisées, que par la recherche d’une vérité humaine. D’éminents professeurs expliquent que jusqu’à quelques semaines, les cellules de l’embryon sont totipotentes, c’est à dire aptes à se diviser, chacune prise isolément, en un nouvel embryon. Et d’en déduire que, jusqu’à cet âge-là, l’embryon n’est donc pas un être humain, mais une potentialité humaine ! 
ô supercherie du sophisme ! À quelle heure la potentialité devient-elle réalité ? Et quel événement fait qu’à cette heure-là, les choses basculent ? Quel big bang sonne chez l’embryon le temps zéro de la vie humaine ?
Si l’embryon avant ces quelques semaines n’est pas un être humain, qu’est-il donc ? Une éprouvette de produits chimiques ? « L’homme, du carbone, de l’oxygène, de l’hydrogène, de l’azote, du phosphore, du souffre… Et rien d’autre », disent certains. Alors oui, vu ainsi, l’embryon peut être jeté dans l’évier. Mais l’être humain aussi, qu’il est devenu ensuite en vieillissant ! Qu’est-ce qui justifierait qu’une denrée sans importance devienne tout à coup un être sacré, par décision administrative ? Encore une fois, que s’est-il passé entre les deux ? Rien !
Le vrai problème n’est pas tant de savoir à partir de quel âge la loi peut décider de planter l’étiquette ”homme” sur un amas de cellules, mais de dire si la science a raison ou tort, si elle a le “droit”, d’interrompre à sa guise le processus de création d’un être humain. De l’aider, oui ; de l’améliorer si elle en a acquis le pouvoir, pourquoi pas, bien que le spectre de l’eugénisme rôde toujours ; mais de l’interrompre ?
Pourquoi donc un enfant est-il si précieux? Parce que les enfants d’aujourd’hui sont les parents de bientôt. Parce qu’un enfant qui meurt, c’est 100.000 vies qui manqueront à l’humanité dans les siècles à venir. Chaque enfant est potentiellement l’ancêtre de l’humanité de demain. Et pour ceux qui attendent, congelés, nul n’a le droit de leur refuser le futur. 
Regardez cet embryon, que la télévision nous montre complaisamment, tremblant face à la pipette qui manipule ses quelques cellules. Il est issu de la division d’une seule cellule engendrée elle-même par la rencontre mystérieuse et merveilleuse de deux pronucléus parents. Cette cellule originelle n’était pas là avant. Elle porte désormais en elle un patrimoine génétique totalement original, inédit et qui ne se reproduira plus jamais. En elle s’est engendré un nouvel individu. Commence alors la division cellulaire en deux puis quatre cellules identiques et ainsi de suite, qui auront toutes ce même patrimoine génétique et formeront un organisme. Dans ce développement de la vie, chaque vie nouvelle apparaît par le fait d’une rencontre, par engendrement. Deux cellules deviennent une nouvelle qui n’avait pas de réalité avant la rencontre. 
Mais si la vie se développe ainsi depuis toujours par divergence, comment est apparue la première cellule vivante ? Comment sinon par réunion de ses éléments ? Une seule fois il y eut création, convergence, convergence de la Pensée créatrice. 
Alors, cet embryon ! Il ne fait que renouveler à sa façon cet acte unique, originel, transcendant qui fit la vie. Comment peut-on imaginer que le miracle ne commence qu’au bout de quelques semaines ? Au fait, l’embryon a-t-il une âme ? S’il n’en a pas, alors le fœtus en a-t-il une ? Si celui-ci n’en a pas non plus, l’âme s’accroche-t-elle au corps de chair, seulement à la sortie de l’utérus, comme un dernier wagon à la sortie de la gare de triage ? Et si le fœtus a une âme, pourquoi l’embryon n’en aurait-il pas ? Où est la différence ? Est-ce le poids qui compte ?
Il faut se rendre à l’évidence : l’être humain n’est pas fait que de chimie. La chair n’est que l’aspect ici-bas, dans notre espace et dans notre temps, d’une réalité transcendante faite d’autre chose que de matière, et qui trouve sa matérialisation à l’instant de la fécondation, de la rencontre.
Qu’y a-t-il avant ce commencement de la vie terrestre ? La question rejoint celle-ci : qu’y avait-il avant le big-bang ? Elle n’a simplement pas de sens. Car avant le commencement de la vie, comme avant le big-bang, il n’y a pas d’avant, puisqu’il n’y a pas de temps. Il y a, c’est tout. Mais il y a quoi ? Vous ne trouverez pas la réponse dans la science. Vous la trouverez peut-être dans l’amour. Et l’amour n’est jamais loin de Dieu. Au bout de combien de jours est-il permis d’aimer l’embryon ?

mardi 8 février 2011

Bioéthique

Une page entière dans Le Figaro du 8/02/2011 ouvre les yeux de ceux qui feront l’effort de la lire, sur l’abîme des questions morales (on dit éthiques aujourd’hui) qui s’ouvre sous nos pieds, en même temps qu’avance à pas de géant la science de la génétique. Bébés-médicaments, mères porteuses, dons anonymes de sperme, manipulation des cellules embryonnaires, vitrification des ovocytes, insémination post-mortem, etc. Et parmi toutes ces questions, peut-être la plus redoutable : où siège la personnalité humaine ? Dans son éducation et sa culture ? Ou bien dans ses gènes ? Ou bien encore dans un au-delà de sa dimension matérielle ? Chacun peut se poser cette question : si mes parents ne s'étaient pas connus, s'ils avaient engendré chacun de leur côté, serais-l'un de ceux-là, ou les deux, ou rien?
Ce qui me met mal à l'aise, ce n'est pas la naissance de ce bébé-sauveur dont les médias font état ces jours-ci. Au contraire ! Et les arguties philosophiques qu'on lui oppose en ce moment me semblent pour le moins décalées. Ce que je ne sais toujours pas résoudre, en harmonie avec l'idée que je me fais de la nature humaine, c'est le lancinant problème du sort que l'on réserve aux embryons rejetés. Question soigneusement éludée par tous les commentateurs. Et pourtant, regardez-les, ces embryons, et dites-vous seulement que l'un d'eux pourrait être vous. 
Quelle autorité morale m'apportera la lumière ?
Mais si l’on ne veut pas “se prendre la tête“ il reste la solution de s’esclaffer, comme ce speaker d'une radio périphérique après qu’il eut bâclé ses infos : “allez, on passe au foot !“.

dimanche 6 février 2011

Liberté de penser

J’étais depuis peu sur un forum comme il en existe des cents et des mille sur Internet. Un forum d’anciens de la guerre d’Algérie. On peut y retrouver des copains perdus de vue. Ils ont pris un demi-siècle, eux aussi. On y échange des photos jaunies. Et l’on parle, mais de quoi ? Des camions Berliet ? On a vite fait le tour de la conversation. J’avais pensé qu’échanger sur la vie, entre copains vieillis ; découvrir la richesse de la pensée accumulée chez chacun depuis ce temps ; évoquer les sujets qui me passionnent, comme ils interpellent chacun, et qui font la matière de mes livres : la science et la spiritualité, ces deux lunettes pour comprendre le monde, la vie, l’Homme ; aurait relevé le débat.
Et voilà que le webmaster, comme l’on dit aujourd’hui, bloque la discussion au motif que l’on ne doit pas « aborder de sujets ayant rapport avec la politique et la religion » !
Il est navrant, accablant, désespérant, de constater combien la besogne de vidage des cerveaux entreprise depuis quarante ans, en France, par les génies de 68,  a aujourd’hui atteint le point de non-retour. 
Parler d’humanisme, c’est parler de « religion » ! Les esprits gavés artificiellement de pensée unique par des médias instrumentés sont désormais incapables de la moindre pensée personnelle. 
Vous ne pouvez, dans ce pays, que parler de foot, ou régurgiter sans l’avoir assimilé la pâtée du vingt heures d’hier soir. Ne vous avisez pas de formuler un avis sur l’immigration s’il diverge de la pensée préfabriquée imposée. N’évoquez jamais plus quelque notion de souche, d’origine, d’ancêtres. Quant à dialoguer sur Vichy et ses hommes, la loi l’interdit désormais.
La liberté de parole n’existe plus en France. D’ailleurs, les Français n’en ont plus besoin.
Sur ce blog, j’accueille volontiers les derniers Mohicans qui sont encore capables de pensée. Je n’y bloquerai que les graffitis de pissotières, tant il est vrai qu’il y a là, sur Internet, une autre tare.

dimanche 9 janvier 2011

Islam et Chrétienté

Il faut connaître deux chiffres si l’on veut savoir de quoi l’on parle : il y a 1,3 milliard de musulmans dans le monde, 20% de la popupulation du globe. (2,2 milliards de chrétiens, mais là n’est pas mon propos).
Or sur ce 1,3 milliard de musulmans, 20 à 25% seulement sont arabes. Les auteurs de ces actes barbares ne représentent à l’évidence pas le monde arabe, et encore moins les musulmans du monde. Faire l’amalgame entre le terrorisme religieux qui sévit un peu partout en ce moment, et l’Islam, est donc sans aucun fondement. 

Cependant, ces criminels illuminés se réfèrent à une certaine lecture du Coran pour justifier leurs actes :
“Combattez dans le chemin de Dieu ceux qui vous combattent et ne transgressez pas. Dieu n’aime pas les transgresseurs. Tuez-les où que vous les rencontriez et chassez-les d’où ils vous ont chassés. Mais ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée avant qu’ils ne vous y aient combattus. S’ils vous y combattent, tuez-les donc. S’ils cessent, Dieu est miséricordieux.”1 

Or, s’agissant des chrétiens, on cite souvent cette parole du Christ rapportée par Matthieu, pour laisser croire que la Bible, aussi, prêche la violence :
“Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la Terre; je suis venu apporter, non la paix, mais le glaive.”2 
Détachée de son contexte, cette phrase ne manquerait pas d’être interprétée elle aussi comme un appel à quelque guerre sainte armée. Or voici ce que disait aussi Jésus juste avant :
“Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Tenez-vous en garde contre les hommes car ils vous livreront à leurs tribunaux...”3 
Remis dans le bon ordre, ces deux éléments de phrase ont un tout autre sens. Le Christ prévient ses disciples que sa venue sur Terre engendrera la haine et l’hostilité, et qu’ainsi il apporte le glaive que des ennemis porteront contre lui et les siens. La  phrase détachée de son contexte a tout simplement le sens inverse de celui qu’exprimait son auteur. 

Je ne connais pas assez l’Islam pour prétendre faire la moindre exégèse du Coran. Mais peut-on espérer que la même ambiguïté de lecture révélée nous conduise à comprendre que la haine et l’appel aux armes ne sont pas dans le camp de Dieu, le même Dieu pour tous, le Dieu d’Abraham. Alors, ces versets guerriers replacés dans leur contexte révéleront les plus beaux messages de tolérance :
“Ceux qui pratiquent le judaïsme, ceux qui sont chrétiens ou sabéens, ceux qui croient en Dieu : voilà ceux qui trouveront leur récompense auprès du Seigneur”4 
“Nous croyons à ce qui a été donné de la part de leur Seigneur à Moïse, à Jésus et aux prophètes. Nous n’avons pas de préférence pour l’un d’entre eux”5 
1- Sourate 2, 186-188
2 - Matthieu X, 34
3 - Matthieu X, 16-17
4 - Sourate 2, 59
5 - Sourate 2, 130

vendredi 24 décembre 2010

Noël

Ce jour-là connut la matérialisation inouïe en notre univers de la violence de l’Esprit. Il y a deux mille ans, hier, la puissance fantastique de la Pensée engendra le Christ. Dieu faisait irruption dans sa création.
Fort d’une inébranlable confiance en son Père, un jeune homme, comme les autres, commandait aux éléments. Il guérissait les malades, ressuscitait les morts, enseignait l’amour. Il pouvait anéantir ses ennemis, il en fut tenté, il s’y refusa. Il domina sa propre mort pour se manifester à nouveau à ceux qui savent regarder. 
Il fallait qu’il naquît dans l’univers des hommes, qu’il y mourût, et en ressuscitât pour ensemencer l’humanité. Aujourd’hui, parmi nous, la graine a germé deux milliards de fois.
 Vers quel destin nous entraîne cette spiritualisation de la matière ? Il faut relire Teilhard de Chardin : 
“Dans un Univers où nous ne pouvons plus considérer sérieusement que la Pensée soit un phénomène exclusivement terrestre, le Christ (...) (est) identifié enfin par le travail des siècles, comme le sommet ultime de l’Évolution”.

mercredi 22 décembre 2010

Église

Il paraît que des catholiques allemands quittent en nombre l’Église à la suite des scandales de pédophilie chez des prêtres. Mais l’Église n’est pas un parti politique que l’on quitte ainsi au gré de ses humeurs, en renvoyant sa carte. Pour un chrétien vrai, cette Église, catholique en l’occurrence — c’est elle qui est visée —, n’est rien moins que le corps vivant du Christ, dont chacun est membre. A-t-on jamais vu un membre quitter son corps de son plein gré ? On peut l’en arracher, mais alors il meurt. 
Je ne peux m’empêcher de rapprocher cette information de celle-ci : en Iraq, en Égypte, des chrétiens sont massacrés dans leurs églises. Ceux qui en réchappent, et dont la foi force l’admiration, ne quittent pas leur Église, mais quittent en nombre leur pays pour continuer de vivre dans leur Église. 
Alors je pose la question : si demain la France, ou l’Allemagne, devait vivre le drame de l’Iraq — une hypothèse qui n’est plus, hélas, dans le domaine de l’impossible —, quitterai-je l’Église pour continuer de vivre dans mon pays, ou quitterai-je mon pays pour continuer de vivre dans l’Église ?