vendredi 18 mars 2011

Les enjeux du nucléaire

Les angoisses ressenties par chacun à la suite des accidents de centrales électriques japonaises sont légitimes. Il serait gravement fautif de ne pas en tirer les enseignements techniques. Moins légitime, voire lamentable, est l’attitude de certains qui n’ont pas eu honte de tirer profit de ces drames pour améliorer leurs sondages. Or l’enjeu de l’énergie nucléaire ne se limite pas au confort de quelques Occidentaux déjà nantis, et qui en parlent en ne pensant qu’à eux. Sans doute, ceux-là peuvent-ils renoncer à une part de leur bien-être, mais en quoi cela va-t-il résoudre le problème de l’humanité ? Car l’enjeu de l’énergie est mondial. Il y va de la survie des 9 ou 10 milliards d’êtres humains qui se bousculeront sur la Terre dans quelques dizaines d’années.
Une personne meurt de faim ou de soif toutes les cinq secondes dans le monde. C'est la moitié de la population de l'agglomération parisienne qui disparaît tous les ans ! Et ce malheur touche particulièrement les enfants, les plus vulnérables. L’évolution démographique est exponentielle. La bombe de la famine va éclater dans les prochaines années. La population mondiale s’accroît chaque jour de 200.000 bouches supplémentaires. Il y aura 1,5 milliard d’affamés en 2050 qui nous réclameront de quoi vivre. La foule de nos enfants et de leurs enfants qui se bousculeront sur la Terre à la fin de ce siècle réclamera pour vivre une énergie consommable que ne pourront fournir indéfiniment les combustibles fossiles, pétrole et gaz, accumulés par la nature pendant des millions d’années, et dilapidés en quelques dizaines d’années. Version moderne de la guerre du feu, les hommes s’entre-tueront pour de l’énergie ; pour vaincre la malnutrition ou le manque d’eau potable ; pour construire sur Terre et dans l’espace un cadre de vie à la dimension de l’humanité de demain. 
Car la famine, c’est avant tout un problème d’énergie. L’eau ne manque pas sur Terre, avec laquelle l’on saura produire la nourriture. C’est d’énergie que l’on aura besoin, en quantité et accessible à tous, pour rendre cette eau potable, pour la dessaler et la distribuer, pour cultiver, pour faire tourner des usines, pour produire le nécessaire. Devant les 9 ou 10 milliards d’êtres humains prévus en 2050, nous sommes condamnés à doubler la production mondiale d’énergie.
Ce n’est pas avec quelques éoliennes intermittentes, même plantées en rangs serrés autour du globe, que l’on réglera ce problème. On ne la trouvera pas, cette énergie colossale, ailleurs que dans l’atome ! Les atomes sont les minuscules et innombrables accumulateurs qui stockent en leur sein la formidable dotation originelle d’énergie nécessaire à l’évolution de l’humanité. Il y a dans quelques grammes de matière autant d’énergie que l’on sait en produire en faisant brûler des milliers de tonnes de charbon. Un grain de plutonium offre autant d’énergie qu’une tonne de pétrole ! Si l’on savait récupérer toute l’énergie contenue dans un seul gramme de noyaux atomiques, l’on pourrait faire plusieurs fois le tour du monde dans le plus gros Airbus. 
Saurons-nous utiliser avec sagesse ce colossal gisement quasiment illimité, mis à notre disposition par la Création prévoyante, et dissimulé au fond des noyaux atomiques, au cœur de cette matière dont nous sommes façonnés ? Saurons-nous domestiquer cette énergie afin de construire à notre tour le monde dont nous avons hérité ?
Oui, des accidents peuvent arriver, dramatiques pour les victimes. Mais, fallait-il que l’homme n’inventât pas le feu afin que ne tuent pas les armes du même nom ? Avec l’énergie nucléaire, l’humanité peut en effet s’anéantir. Mais sans elle, elle est sûre de disparaître. Nous avons le devoir d’investir lourdement en recherche pour maîtriser au plus vite ces techniques et les distribuer dans le monde entier.

dimanche 13 février 2011

Mondialisation

Dans les années 50 du siècle dernier, quand naquirent les adultes d’aujourd’hui, ou un peu avant, la population mondiale était d’un peu plus de 2 milliards de personnes. 
Dans les années 50 du siècle actuel, la même population aura atteint 9 milliards.
En une vie d’homme, la population mondiale aura été brutalement multipliée par quatre et nous sommes contemporains de cette formidable mutation !
La Terre, depuis qu’elle existe, a porté une centaine de milliards d’êtres humains. 
Vingt pour cent de ceux-ci, un sur cinq, sont rassemblés sur notre siècle !
Arrêtons-vous un instant et réfléchissons.
Avant, il y avait l’homo sapiens, l’homme qui s’observait, seul au milieu des autres.
L’humanité, alors, était un genre, une catégorie du vivant, une addition d’individus.
Le collectif n’était pas né, seule existait la multitude.
Puis vint l’inflation fulgurante dans laquelle nous nous trouvons pris.
En quelques années, sur les deux cent mille ans d’histoire de l’homme, le poids de l’humanité fut multiplié par quatre.
Alors, dans cette masse nouvellement née, l’individualité n’a plus sa place.
Comme ces protons d’atomes qui fusionnent sous la pression de l’énergie, un être collectif nouveau, l’Humanité, est en train de naître de l’individu humain.
Comme ces particules de l’infiniment petit qui occupent tout l’espace de l’infiniment grand, l’individu humain touche désormais au tout d’une humanité, personne morale.
Rien ne peut plus atteindre l’individu qui ne concerne le collectif.
La multitude devient le collectif.
Ce siècle restera dans l’histoire comme celui de l’explosion.
Le big-bang de l’Humanité.
C’est cela, la mondialisation.

jeudi 10 février 2011

Embryon

Il y aurait en France près de 180.000 embryons congelés, stockés en attente de décision sur leur sort. La population d’une grande ville française ! Il pourrait y en avoir un million dans le monde ! 
Il s’agit des embryons conçus par fécondations en éprouvettes et gardés en réserve aux fins de réimplantation en cas d’échecs. Il est alors demandé aux parents de décider de leur sort : soit le don à la science, soit le don à autrui, soit la destruction. Une minorité s’exprime en faveur des deux premières “solutions”. Les autres confirment l’abandon ou restent muets. Ils aimeraient que les médecins décident à leur place (ou peut-être le Gouvernement…). Mais personne n’a envie de décider.
Parmi les causes de ce silence, il y a comme une gêne à réutiliser ces embryons congelés pour une deuxième grossesse. Comme si, “des embryons frais, c’est quand même mieux”… Mais aussi, une interrogation plus subtile tracasse : quel serait donc l’âge réel du nouveau petit frère ou de la petite sœur, conçu ou conçue finalement en même temps que l’aîné, mais mis au monde plus tard ? Ces interrogations, à faire pleurer, donnent la mesure de l’énormité du scandale.
Or ce ne sont pas les législations nationales sur le statut des embryons ou des fœtus qui vont apporter la lumière aux parents désemparés. Un embryon de quelques semaines ne sera rien dans un pays, deviendra un être humain si l’on passe une frontière, et perdra à nouveau son identité au retour. On n’est pas Homme au même âge de part et d’autre d’une même frontière ! Les législations sont des chefs d’œuvres d’hypocrisie, condamnées à louvoyer entre des lobbies de pressions contradictoires, animées par des idéologies radicales.
Quant à la science, elle se montre souvent plus préoccupée par la notoriété et les retombées financières induites par les expérimentations médiatisées, que par la recherche d’une vérité humaine. D’éminents professeurs expliquent que jusqu’à quelques semaines, les cellules de l’embryon sont totipotentes, c’est à dire aptes à se diviser, chacune prise isolément, en un nouvel embryon. Et d’en déduire que, jusqu’à cet âge-là, l’embryon n’est donc pas un être humain, mais une potentialité humaine ! 
ô supercherie du sophisme ! À quelle heure la potentialité devient-elle réalité ? Et quel événement fait qu’à cette heure-là, les choses basculent ? Quel big bang sonne chez l’embryon le temps zéro de la vie humaine ?
Si l’embryon avant ces quelques semaines n’est pas un être humain, qu’est-il donc ? Une éprouvette de produits chimiques ? « L’homme, du carbone, de l’oxygène, de l’hydrogène, de l’azote, du phosphore, du souffre… Et rien d’autre », disent certains. Alors oui, vu ainsi, l’embryon peut être jeté dans l’évier. Mais l’être humain aussi, qu’il est devenu ensuite en vieillissant ! Qu’est-ce qui justifierait qu’une denrée sans importance devienne tout à coup un être sacré, par décision administrative ? Encore une fois, que s’est-il passé entre les deux ? Rien !
Le vrai problème n’est pas tant de savoir à partir de quel âge la loi peut décider de planter l’étiquette ”homme” sur un amas de cellules, mais de dire si la science a raison ou tort, si elle a le “droit”, d’interrompre à sa guise le processus de création d’un être humain. De l’aider, oui ; de l’améliorer si elle en a acquis le pouvoir, pourquoi pas, bien que le spectre de l’eugénisme rôde toujours ; mais de l’interrompre ?
Pourquoi donc un enfant est-il si précieux? Parce que les enfants d’aujourd’hui sont les parents de bientôt. Parce qu’un enfant qui meurt, c’est 100.000 vies qui manqueront à l’humanité dans les siècles à venir. Chaque enfant est potentiellement l’ancêtre de l’humanité de demain. Et pour ceux qui attendent, congelés, nul n’a le droit de leur refuser le futur. 
Regardez cet embryon, que la télévision nous montre complaisamment, tremblant face à la pipette qui manipule ses quelques cellules. Il est issu de la division d’une seule cellule engendrée elle-même par la rencontre mystérieuse et merveilleuse de deux pronucléus parents. Cette cellule originelle n’était pas là avant. Elle porte désormais en elle un patrimoine génétique totalement original, inédit et qui ne se reproduira plus jamais. En elle s’est engendré un nouvel individu. Commence alors la division cellulaire en deux puis quatre cellules identiques et ainsi de suite, qui auront toutes ce même patrimoine génétique et formeront un organisme. Dans ce développement de la vie, chaque vie nouvelle apparaît par le fait d’une rencontre, par engendrement. Deux cellules deviennent une nouvelle qui n’avait pas de réalité avant la rencontre. 
Mais si la vie se développe ainsi depuis toujours par divergence, comment est apparue la première cellule vivante ? Comment sinon par réunion de ses éléments ? Une seule fois il y eut création, convergence, convergence de la Pensée créatrice. 
Alors, cet embryon ! Il ne fait que renouveler à sa façon cet acte unique, originel, transcendant qui fit la vie. Comment peut-on imaginer que le miracle ne commence qu’au bout de quelques semaines ? Au fait, l’embryon a-t-il une âme ? S’il n’en a pas, alors le fœtus en a-t-il une ? Si celui-ci n’en a pas non plus, l’âme s’accroche-t-elle au corps de chair, seulement à la sortie de l’utérus, comme un dernier wagon à la sortie de la gare de triage ? Et si le fœtus a une âme, pourquoi l’embryon n’en aurait-il pas ? Où est la différence ? Est-ce le poids qui compte ?
Il faut se rendre à l’évidence : l’être humain n’est pas fait que de chimie. La chair n’est que l’aspect ici-bas, dans notre espace et dans notre temps, d’une réalité transcendante faite d’autre chose que de matière, et qui trouve sa matérialisation à l’instant de la fécondation, de la rencontre.
Qu’y a-t-il avant ce commencement de la vie terrestre ? La question rejoint celle-ci : qu’y avait-il avant le big-bang ? Elle n’a simplement pas de sens. Car avant le commencement de la vie, comme avant le big-bang, il n’y a pas d’avant, puisqu’il n’y a pas de temps. Il y a, c’est tout. Mais il y a quoi ? Vous ne trouverez pas la réponse dans la science. Vous la trouverez peut-être dans l’amour. Et l’amour n’est jamais loin de Dieu. Au bout de combien de jours est-il permis d’aimer l’embryon ?

mardi 8 février 2011

Bioéthique

Une page entière dans Le Figaro du 8/02/2011 ouvre les yeux de ceux qui feront l’effort de la lire, sur l’abîme des questions morales (on dit éthiques aujourd’hui) qui s’ouvre sous nos pieds, en même temps qu’avance à pas de géant la science de la génétique. Bébés-médicaments, mères porteuses, dons anonymes de sperme, manipulation des cellules embryonnaires, vitrification des ovocytes, insémination post-mortem, etc. Et parmi toutes ces questions, peut-être la plus redoutable : où siège la personnalité humaine ? Dans son éducation et sa culture ? Ou bien dans ses gènes ? Ou bien encore dans un au-delà de sa dimension matérielle ? Chacun peut se poser cette question : si mes parents ne s'étaient pas connus, s'ils avaient engendré chacun de leur côté, serais-l'un de ceux-là, ou les deux, ou rien?
Ce qui me met mal à l'aise, ce n'est pas la naissance de ce bébé-sauveur dont les médias font état ces jours-ci. Au contraire ! Et les arguties philosophiques qu'on lui oppose en ce moment me semblent pour le moins décalées. Ce que je ne sais toujours pas résoudre, en harmonie avec l'idée que je me fais de la nature humaine, c'est le lancinant problème du sort que l'on réserve aux embryons rejetés. Question soigneusement éludée par tous les commentateurs. Et pourtant, regardez-les, ces embryons, et dites-vous seulement que l'un d'eux pourrait être vous. 
Quelle autorité morale m'apportera la lumière ?
Mais si l’on ne veut pas “se prendre la tête“ il reste la solution de s’esclaffer, comme ce speaker d'une radio périphérique après qu’il eut bâclé ses infos : “allez, on passe au foot !“.

dimanche 6 février 2011

Liberté de penser

J’étais depuis peu sur un forum comme il en existe des cents et des mille sur Internet. Un forum d’anciens de la guerre d’Algérie. On peut y retrouver des copains perdus de vue. Ils ont pris un demi-siècle, eux aussi. On y échange des photos jaunies. Et l’on parle, mais de quoi ? Des camions Berliet ? On a vite fait le tour de la conversation. J’avais pensé qu’échanger sur la vie, entre copains vieillis ; découvrir la richesse de la pensée accumulée chez chacun depuis ce temps ; évoquer les sujets qui me passionnent, comme ils interpellent chacun, et qui font la matière de mes livres : la science et la spiritualité, ces deux lunettes pour comprendre le monde, la vie, l’Homme ; aurait relevé le débat.
Et voilà que le webmaster, comme l’on dit aujourd’hui, bloque la discussion au motif que l’on ne doit pas « aborder de sujets ayant rapport avec la politique et la religion » !
Il est navrant, accablant, désespérant, de constater combien la besogne de vidage des cerveaux entreprise depuis quarante ans, en France, par les génies de 68,  a aujourd’hui atteint le point de non-retour. 
Parler d’humanisme, c’est parler de « religion » ! Les esprits gavés artificiellement de pensée unique par des médias instrumentés sont désormais incapables de la moindre pensée personnelle. 
Vous ne pouvez, dans ce pays, que parler de foot, ou régurgiter sans l’avoir assimilé la pâtée du vingt heures d’hier soir. Ne vous avisez pas de formuler un avis sur l’immigration s’il diverge de la pensée préfabriquée imposée. N’évoquez jamais plus quelque notion de souche, d’origine, d’ancêtres. Quant à dialoguer sur Vichy et ses hommes, la loi l’interdit désormais.
La liberté de parole n’existe plus en France. D’ailleurs, les Français n’en ont plus besoin.
Sur ce blog, j’accueille volontiers les derniers Mohicans qui sont encore capables de pensée. Je n’y bloquerai que les graffitis de pissotières, tant il est vrai qu’il y a là, sur Internet, une autre tare.

dimanche 9 janvier 2011

Islam et Chrétienté

Il faut connaître deux chiffres si l’on veut savoir de quoi l’on parle : il y a 1,3 milliard de musulmans dans le monde, 20% de la popupulation du globe. (2,2 milliards de chrétiens, mais là n’est pas mon propos).
Or sur ce 1,3 milliard de musulmans, 20 à 25% seulement sont arabes. Les auteurs de ces actes barbares ne représentent à l’évidence pas le monde arabe, et encore moins les musulmans du monde. Faire l’amalgame entre le terrorisme religieux qui sévit un peu partout en ce moment, et l’Islam, est donc sans aucun fondement. 

Cependant, ces criminels illuminés se réfèrent à une certaine lecture du Coran pour justifier leurs actes :
“Combattez dans le chemin de Dieu ceux qui vous combattent et ne transgressez pas. Dieu n’aime pas les transgresseurs. Tuez-les où que vous les rencontriez et chassez-les d’où ils vous ont chassés. Mais ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée avant qu’ils ne vous y aient combattus. S’ils vous y combattent, tuez-les donc. S’ils cessent, Dieu est miséricordieux.”1 

Or, s’agissant des chrétiens, on cite souvent cette parole du Christ rapportée par Matthieu, pour laisser croire que la Bible, aussi, prêche la violence :
Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la Terre; je suis venu apporter, non la paix, mais le glaive.”2 
Détachée de son contexte, cette phrase ne manquerait pas d’être interprétée elle aussi comme un appel à quelque guerre sainte armée. Or voici ce que disait aussi Jésus juste avant :
“Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Tenez-vous en garde contre les hommes car ils vous livreront à leurs tribunaux...”3 
Remis dans le bon ordre, ces deux éléments de phrase ont un tout autre sens. Le Christ prévient ses disciples que sa venue sur Terre engendrera la haine et l’hostilité, et qu’ainsi il apporte le glaive que des ennemis porteront contre lui et les siens. La  phrase détachée de son contexte a tout simplement le sens inverse de celui qu’exprimait son auteur. 

Je ne connais pas assez l’Islam pour prétendre faire la moindre exégèse du Coran. Mais peut-on espérer que la même ambiguïté de lecture révélée nous conduise à comprendre que la haine et l’appel aux armes ne sont pas dans le camp de Dieu, le même Dieu pour tous, le Dieu d’Abraham. Alors, ces versets guerriers replacés dans leur contexte révéleront les plus beaux messages de tolérance :
Ceux qui pratiquent le judaïsme, ceux qui sont chrétiens ou sabéens, ceux qui croient en Dieu : voilà ceux qui trouveront leur récompense auprès du Seigneur”4 
“Nous croyons à ce qui a été donné de la part de leur Seigneur à Moïse, à Jésus et aux prophètes. Nous n’avons pas de préférence pour l’un d’entre eux”5 
1- Sourate 2, 186-188
2 - Matthieu X, 34
3 - Matthieu X, 16-17
4 - Sourate 2, 59
5 - Sourate 2, 130

vendredi 24 décembre 2010

Noël

Ce jour-là connut la matérialisation inouïe en notre univers de la violence de l’Esprit. Il y a deux mille ans, hier, la puissance fantastique de la Pensée engendra le Christ. Dieu faisait irruption dans sa création.
Fort d’une inébranlable confiance en son Père, un jeune homme, comme les autres, commandait aux éléments. Il guérissait les malades, ressuscitait les morts, enseignait l’amour. Il pouvait anéantir ses ennemis, il en fut tenté, il s’y refusa. Il domina sa propre mort pour se manifester à nouveau à ceux qui savent regarder. 
Il fallait qu’il naquît dans l’univers des hommes, qu’il y mourût, et en ressuscitât pour ensemencer l’humanité. Aujourd’hui, parmi nous, la graine a germé deux milliards de fois.
 Vers quel destin nous entraîne cette spiritualisation de la matière ? Il faut relire Teilhard de Chardin : 
Dans un Univers où nous ne pouvons plus considérer sérieusement que la Pensée soit un phénomène exclusivement terrestre, le Christ (...) (est) identifié enfin par le travail des siècles, comme le sommet ultime de l’Évolution”.

mercredi 22 décembre 2010

Église

Il paraît que des catholiques allemands quittent en nombre l’Église à la suite des scandales de pédophilie chez des prêtres. Mais l’Église n’est pas un parti politique que l’on quitte ainsi au gré de ses humeurs, en renvoyant sa carte. Pour un chrétien vrai, cette Église, catholique en l’occurrence — c’est elle qui est visée —, n’est rien moins que le corps vivant du Christ, dont chacun est membre. A-t-on jamais vu un membre quitter son corps de son plein gré ? On peut l’en arracher, mais alors il meurt. 
Je ne peux m’empêcher de rapprocher cette information de celle-ci : en Iraq, en Égypte, des chrétiens sont massacrés dans leurs églises. Ceux qui en réchappent, et dont la foi force l’admiration, ne quittent pas leur Église, mais quittent en nombre leur pays pour continuer de vivre dans leur Église. 
Alors je pose la question : si demain la France, ou l’Allemagne, devait vivre le drame de l’Iraq — une hypothèse qui n’est plus, hélas, dans le domaine de l’impossible —, quitterai-je l’Église pour continuer de vivre dans mon pays, ou quitterai-je mon pays pour continuer de vivre dans l’Église ?

mercredi 8 décembre 2010

Jean Staune : "La science en otage"




Je viens de lire l'excellent livre de Jean STAUNE, “La science en otage” aux Presses de la Renaissance. Il fallait qu’un tel livre fût écrit, et Jean Staune parfaitement fait. 
J’en recommande vivement la lecture à tous ceux qui s’intéressent à la science contemporaine et à sa philosophie, et y cherchent réponse à leurs justes interrogations.
Mes propres travaux m’avaient largement ouvert au spectacle de l’intolérance, que Jean Staune décrit sans concessions, et qui transforme la recherche en un champ de bataille idéologique, voire mercantile. Ce livre, d’une densité inouïe et d'une documentation impressionnante, est précieux parce que l’on en sort parfaitement armé pour développer son esprit critique, et trouver le bon chemin dans ce dédale de fausses routes que sont les a priori du scientifiquement correct.



samedi 4 décembre 2010

Peur de la mort ?

Pourquoi avoir peur de la mort ?
Ou bien “après” la vie, il n’y a rien. C’est la conclusion à laquelle aboutit l’athéisme radical. Dès lors, pourquoi avoir peur de “rien” ? Pourquoi craindre de remplacer quelque chose par rien ? “Rien”, cela ne fait pas mal !
Ou bien après la vie il y a autre chose. Quoi ? Il ne peut s’agir de “quelque chose”. Car “quelque chose” suppose un espace pour le recevoir et pour le différencier “d’autre chose”. “Quelque chose” suppose aussi le temps pour séparer l’avant, où ce “quelque chose” n’est pas encore, de l’après, où il n’est plus. Or ce temps et son espace sont des données  de notre monde. Au-delà de la vie, espace et temps n’ont plus cours. Donc il ne peut s’y concevoir “quelque chose”. Alors quoi ? Que peut être l’opposé de “rien”, s’il n’est pas “quelque chose" ?  Eh bien, c’est “tout”. Au-delà de la vie, il y a “tout” ou “rien” ! Voilà l’équation. 
Dès lors, faut-il avoir peur du “Tout” ? Ce “Tout” qui, étrangement, figure le ciel que nous décrivent les Écriture, depuis quelques milliers d’années.  Ce “Tout”, que recouvre-t-il ? Les passés et les futurs superposés en un instant éternel ; les ici et les ailleurs réunis en un point infini ;  le bien et le mal, cette dimension négligée de notre espace-temps, cette diffraction du parfait que notre univers décompose, comme le prisme dénature la lumière blanche. 
Mais alors, ce "Tout" me renferme aussi ! Je suis en devenir, ici-bas, ce que je suis, déjà abouti, dans le tout. Si j'ai peur du "Tout", n'est-ce pas que j'ai peur de moi ? 

mercredi 24 novembre 2010

Calendrier cosmique

J’ai imaginé que l’Univers était né en même temps que vous, cher lecteur, et que ses 14 milliards d’années depuis le big bang ne duraient plus que le temps d’une vie, la vôtre (je vous ai accordé 100 ans dans mes calculs !). Voici ce que fut et sera votre spectacle.
À l’âge d’un jour moins quelques minutes, la nuit fait place à la lumière. À 21 ans vous assistez à l’assemblage de notre galaxie. À 66 ans vous voyez, pour la première fois dans l’histoire, s’élever le Soleil et à 67 ans vous fêtez la création de la Terre. À 71 ans seulement vous apparaît la vie, et vous devrez attendre le dernier mois de votre dernière année pour croiser l’ancêtre Australopithèque. Le 24 décembre de cette dernière année (si vous êtes né un premier janvier) vous apprenez le langage, et le 30 décembre, vous domestiquez le feu. Vous recevrez alors le diplôme de sapiens le 31 décembre, et décorez votre grotte à Lascaux dans la nuit du 31. Vous employez votre dernière heure à inventer l’agriculture, puis l’écriture, et connaissez Jésus-Christ à 23 heures, 52 minutes et 29 secondes.

dimanche 21 novembre 2010

La capote

En première info des journaux télé, hier soir : “Le pape a réuni les cardinaux(*) pour autoriser l’usage du préservatif…!”. Et en fin de journal : “Nous rappelons la principale information du jour : le pape autorise l’usage du préservatif…”. Ce matin, je me précipite sur les infos à la radio, au cas où… La nouvelle du jour : “Le pape pour l’emploi du préservatif ! Dans un livre à paraître, etc.”. Nul doute que demain matin, lundi, la presse écrite va en faire ses gros titres. Je les vois déjà à la une : “Révolution au Vatican… Changement de cap à l’Église catholique… Le préservatif enfin réhabilité…”
On comprend maintenant pourquoi nos contemporains étaient malheureux. On aurait pu penser que leur mal exprimait l’angoisse devant la faim dans le monde, par exemple ; ou la menace terroriste, l’extrémisme religieux ; ou encore la prolifération de l’arme atomique ; à moins que ce fût la fonte des glaces. Foin de tout cela ! Il s’agissait du pape et du préservatif. Maintenant que la grande nouvelle est tombée, tout va s’arranger.
L’histoire humaine a connu de grands événements depuis l’émergence de l’homo sapiens : l’invention de l’agriculture, il y a 12000 ans ; de l’écriture, il y a 5000 ans ; la chute de l’Empire romain ; la découverte de l’Amérique ; la première bombe atomique ; l’effondrement de l’URSS… Malraux avait dit que ce siècle serait religieux ou ne serait pas. Il n’avait rien vu. Ce siècle restera dans l’histoire comme le siècle de la capote !


(*) En réalité, l'ordre du jour de ce synode portait sur : l'Islam radical à la suite des attentats contre les chrétiens, les relations avec le protestantisme, la réforme liturgique, et le drame de la pédophilie. 

jeudi 11 novembre 2010

saint Martin

Chacun connaît sans doute le geste de Martin, officier de l’armée romaine à 18 ans qui deviendra saint Martin de Tours, partageant son manteau pour en donner une moitié à un malheureux grelottant de froid devant Amiens.
Mais sait-on que la nuit suivante, dans un rêve, Martin verra le Christ vêtu de ce pan de son propre manteau ?
Ainsi s’illustrait la sentence prononcée par Jésus, trois siècles avant, et rapportée par Matthieu : “Toutes les fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait“.

samedi 6 novembre 2010

"Avant" le big bang ?

 « Qu’y avait-il avant le big bang, cet instant zéro (ou presque) de l’Univers » ? La question n’a tout simplement pas de sens, puisqu’il n’y a pas “d’avant” commencement. Le temps n’existait pas avant, il est une invention de la création. La science le confirme, aujourd’hui. La Genèse biblique le disait depuis longtemps (… et ce fut le premier jour, etc.). Alors, peut-on demander : « qu’y a-t-il au-delà du big bang »? Même formulée ainsi, la question n’a pas plus de sens, puisqu’il n’y a pas d’espace “au-delà” de notre univers. L’espace et le temps sont deux représentations du même concept qui n’ont pas cours “au-delà” ou “avant”. Alors, que dire ? Pour essayer d’avancer, il faut comprendre que la création — et avec elle l’espace, le temps, la matière, la vie — n’est pas issue de rien, mais de tout ; que l’inverse de quelque chose, ce n’est pas rien, mais tout. Le temps et son espace associé ne sont pas le fruit d’une dimension supplémentaire, ajoutée par la création, mais bien d’une dimension supprimée, une cinquième dimension. Que peut donc être cette vérité en cinq dimensions, dont est issu notre monde, sinon le royaume du Tout ? Un “toujours” dans un instant sans durée ; un “partout” dans un point sans étendue ? Une éternité contenue dans le zéro-temps ; un infini enfermé dans le zéro-espace.Comprendre cela, c’est s’ouvrir à une vérité du monde qui s’inscrit à merveille, autant dans sa description mathématique contemporaine, que dans le magnifique récit biblique de nos aïeux.J’ai entrepris de raconter cela dans mon livre “Le ciel du ciel, ou la dimension cachée”. Les héros de ce roman fantastique et captivant vous emmèneront à la porte de cette vérité qu’ils entrouvriront pour vous.

samedi 16 octobre 2010

Un peu d'au-delà.

Séance de dédicaces, hier, à Cultura de Chambray-lès-Tours. Une demi-douzaine d’auteurs tourangeaux présentent leurs ouvrages au milieu des rayons. Mes deux livres affichent fièrement leur sujet : un peu de spiritualité, une vision de l’Univers, un sens à la vie, qu’y a-t-il au-delà du big bang ?
 Les chalands passent. Les uns regardent sans comprendre. D’autres font un détour, de peur d’être agressés. Ou pressent le pas, prenant l’air affairé par leurs soucis. Quelques un lisent les affichettes-annonces en continuant de passer ; on voit leurs lèvres remuer ; ils s’arrêtent pour finir de comprendre et repartent, dubitatifs. 
Un peu d’humanité, enfin, dans cette absence d’âme. Des personnes s’arrêtent, s’approchent tout sourire, engagent la conversation sur le sujet. Dehors, on parle retraites, manifs…
Et parmi ceux-ci, deux visiteurs me réchauffent le cœur. Deux personnes aux antipodes du spectre socioculturel. L’un est astrophysicien. Joie d’échanger avec un scientifique dont les travaux sont le socle de mes réflexions sur l’au-delà de la matière. L’autre se présente compagnon forgeron. Je lui dédicacerai mon livre à son surnom de compagnonnage. Il en sait plus long que moi sur l’ésotérisme. 
Non, décidément, il n’y a pas à désespérer de cette Françe, elle reste profonde quand on balaye un peu.