dimanche 27 octobre 2013

Vous avez dit "réussite" ?


François Pineau raconte dans le magazine Match qu’il doit sa fortune à la rencontre de banquiers qui lui ont fait confiance. Aujourd’hui, ajoute-t-il, ce ne serait plus possible,  ce sont les ordinateurs qui décident. Sans doute sa modestie l’empêche-t-elle de dire qu’il doit aussi sa réussite à son talent, peut-être son génie. Mais, s’agissant des banques, comme il a raison ! Et comme cela est grave ! Car cela veut tout simplement dire qu’en France, en tout cas, il n’y aura jamais plus de réussite personnelle, jamais plus de désir de réussir, jamais plus de ces industriels qui ont porté les emplois de millions de nos parents. Quel que soit le génie du bâtisseur, il a besoin de s’appuyer sur l’association confiante et amicale de bailleurs de capitaux. Comment se lier d’amitié avec un ordinateur ? On a voulu faire de la France un pays collectiviste où plus personne ne veut ni ne peut prendre de responsabilités. L’URSS est morte de cette erreur.

lundi 21 octobre 2013

Faim et énergie


EDF et Areva, le groupe français leader mondial du nucléaire, ont reçu contrat de la Grande-Bretagne pour la fourniture et l’exploitation de deux centrales électriques de troisième génération, EPR.

L’atome civil, en France, c’est 2.500 entreprises et 220.000 emplois directs. Si l’Italie et l’Allemagne tournent actuellement le dos à cette filière énergétique, celle-ci couvre néanmoins 25% de la production d’électricité en Europe, sans émission de CO2.

Pourtant, deux milliards de personnes dans le monde n’ont pas encore accès à l’électricité. Un milliard de personnes souffrent aujourd’hui de malnutrition. Ce chiffre d’affamés sera de 4 milliards en 2050. Nous vivons à la cadence de 200.000 habitants de plus tous les jours. Une ville par jour ! La consommation d’eau a été multipliée par 7 en un siècle. Or 60% de l’humanité manque encore d’eau potable. Un enfant meurt de faim ou de soif, dans le monde, toutes les six secondes. C'est la moitié de la population de l'agglomération parisienne qui disparaît tous les ans ! La bombe de la famine va éclater dans les prochaines années.

L’enjeu de l’énergie est mondial. Avec 9 milliards d’individus sur Terre en 2050, il va falloir doubler la production d’énergie.  Il y va de la survie de ces 9 ou 10 milliards d’êtres humains qui se bousculeront sur la Terre dans quelques dizaines d’années. Ils réclameront, pour survivre, une énergie que ne pourront fournir indéfiniment les combustibles fossiles, pétrole et gaz, accumulés par la nature pendant des millions d’années, et dilapidés en quelques dizaines d’années. Version moderne de la guerre du feu, les hommes s’entre-tueront pour l’énergie, pour vaincre la malnutrition ou le manque d’eau potable

Or la nature a mis à la disposition des Hommes une réserve colossale, inépuisable d’énergie. Sauront-ils l’utiliser avec sagesse ? Elle est dissimulée au plus profond de l’infiniment petit, au cœur du noyau des atomes dont tout, ici-bas, est construit. Les atomes sont les minuscules et innombrables accumulateurs qui stockent en leur sein la formidable dotation originelle d’énergie nécessaire à l’évolution de l’humanité. Un gramme de plutonium présente le même potentiel d’énergie qu’une tonne de pétrole. Si l’on savait récupérer toute l’énergie contenue dans un seul gramme de noyaux atomiques, on pourrait faire faire plusieurs fois le tour du monde au plus gros des Airbus. 

Oui, mais la bombe…? 
Ce n’est pas en privant l’humanité de son énergie vitale que l’on découragera la guerre, au contraire ! La lutte pour la survie poussera aux pires excès. Ceux qui ont inventé la bombe ne connaissaient pas les réacteurs électriques civils.

mardi 15 octobre 2013

"Notre-Père", nouvelle version.


L’affaire paraîtra futile aux beaux esprits qui ne voient pas plus loin que le bout de leur matière. Et pourtant ! Le Vatican va autoriser une nouvelle traduction de la prière universelle des chrétiens qui remplacera « ne nous soumets pas à la tentation » par « ne nous laisse pas entrer en tentation ».
Cette version postconciliaire aujourd’hui en usage m’a toujours gêné. Quelle audace, que de prier Dieu afin qu’il nous exempte  de la tentation du mal ! « Ne nous soumets pas à la tentation » ! Le Christ lui-même fut soumis à la tentation ; et il la repoussa. De quel droit prétendrions-nous en être dispensés ? 
La vérité est que Dieu ne nous soumet à rien. Il nous offre le bien. À nous de nous en servir. Mais, si nous refusons de faire ce bien, alors nous créons nous-mêmes le mal, l’absence de bien. On entend ceux-là dire que « s’il y avait un Dieu, il n’y aurait pas tout ce mal sur Terre ». Mais, s’il y a le mal, c’est notre faute, pas celle de Dieu !  
La prière de ma jeunesse demandait au contraire que Dieu ne nous laissât pas « succomber » à cette tentation de fuir le bien. C’était un engagement d’une autre vigueur. La différence est fondamentale. Dans cette version ancienne, nous demandions la force de nous battre. Dans la version moderne, nous demandons le privilège de la paresse. Il est vrai qu'au milieu des années soixante, c’était le signe des temps. On sait ce qu’il en advint.
Si l’on revient enfin à l’acception originelle du Pater Noster, et si les chrétiens qui le formulent en mesurent le sens profond, alors on aura corrigé une grande erreur qui va bien au-delà du seul aspect sémantique.

mardi 1 octobre 2013

La vie : hasard ou intelligence ?


Un éminent biologiste, membre de l’Académie des sciences, expliquait récemment dans les colonnes d’Ouest France, à propos des cellules de notre organisme, qu’associées à des bactéries, elles avaient « inventé », il y a plus d’un milliard d’années, ce qui se passe en elles en matière de métabolisme à la base du développement de la vie. 
Je me permets de suggérer de lire la partie IV de mon livre “L’Étoile de confiance“ (https://sites.google.com/site/etoiledeconfiance/). J’y ai décrit, le mieux que j’ai pu, ce stupéfiant métabolisme. Il est aussi invraisemblable d’imaginer qu’il ait pu naître du hasard des rencontres de molécules diverses, qu’il serait extravagant d’espérer recréer une tragédie de Shakespeare en jetant une pluie de lettres du haut de l’escalier. Sur ce sujet, comme sur celui de la genèse de l’Univers à partir de son instant zéro, ou sur celui du vertigineux infiniment petit qui nous fait basculer dans l’immatériel, on ne fera pas l’économie d’une Intelligence nécessaire.

vendredi 27 septembre 2013

“Débaptisation“ (suite)



Un “anonyme“ a bien voulu commenter un de mes anciens messages de ce blog, relatif à la “débaptisation“ ( http://bernardhuet.blogspot.fr/2013/05/debaptiser.html ) en définissant ainsi le baptême : « cet abus de pouvoir de faire subir, d'imposer, un acte sectaire à un bébé en faisant fi de sa conscience en devenir ».
J’aimerais savoir s’il qualifie aussi d’abus de pouvoir l’endoctrinement anticlérical subi par nos enfants à l’école faussement appelée laïque, relayé par certains partis politiques, confréries diverses et médias à la solde. 
Mais, il me paraît plus utile de réfléchir un instant pour tenter de comprendre ce qu’est le baptême (lire aussi http://bernardhuet.blogspot.fr/2013/01/bapteme.html ) et à quel point l’idée de “débaptisation“ me semble saugrenue.
Et, pour comprendre, il faut remonter à la définition de l’Homme, à l’idée que l’on s’en fait. Deux chemins s’ouvrent alors à la réflexion.
Ou bien l’Homme n’est qu’un éphémère monceau de poussières ; agglomérat inutile, voire nuisible, de molécules chimiques associées au hasard des rencontres dans un univers vide de sens ; « assemblage d’atomes de carbone, d’oxygène, d’hydrogène, d’azote, de phosphore et de soufre. Rien de plus », comme l’a écrit Joël de Rosnay. Dans ce cas, en effet, baptiser ne sert à rien. Mais alors, pourquoi s’en offusquer au point de vouloir se “débaptiser“ ? L’eau du baptême n’a laissé aucune trace sur le corps. Il n’y a pas de tatouage à effacer. Cette hystérie ne serait-elle pas plutôt le signe que quelque chose d’autre chatouille la conscience du baptisé, qui ne siège pas seulement dans son corps ?
Ou bien l’Homme de chair, ce bébé qui vient de naître, est beaucoup plus que ce qu’il montre. Il est comme l’iceberg dont 90% de la masse est enfouie dans l’autre monde, le monde sous-marin. L’Homme visible n’est que l’image virtuelle de son au-delà de l’espace et du temps. Dans ce cas, l’immersion baptismale prend toute sa dimension. Elle est le geste rituel par lequel l’image nouvelle est lavée des salissures de sa représentation matérielle, afin qu’elle apparaisse dans la pureté de son essence immatérielle. (Une image virtuelle que nul n’observerait n’aurait aucune existence). En ce sens, le baptême s’apparente à un sacrifice — sacrifice : “faire sacré“, atteindre le divin —.
Ayant ainsi été “lavés“, offerts au regard des hommes dans la dimension du parfait, quel étrange nihilisme peut bien pousser certains à vouloir retourner dans leur fange, y mourir, y pourrir, c’est tout ? La science s’ouvre, aujourd’hui, à l’idée que la conscience dont parle mon correspondant anonyme n’est pas seulement la manifestation de quelque réaction électrochimique. Elle est la voix d’un ailleurs. Ce n’est pas faire fi de la conscience du bébé, que de la lui faire entendre.

jeudi 19 septembre 2013

La France est gouvernée au hasard


Il parait que Monsieur Bayrou est de nouveau dans l’opposition, après qu’il a voté et appelé à voter pour l’actuel Président de la République, et ce au motif que ce dernier n’a pas tenu ses engagements. Ainsi, Monsieur Bayrou n’a pas vu en temps utile que ce candidat-là ne tiendrait évidemment pas ses engagements ? Il n’a pas vu que ses promesses électorales étaient irréalistes ? Il n’a pas vu que le personnage n’était pas fiable ? Il n’a pas vu que son équipe était incompétente ? On peut comprendre qu’une certaine population peu apte à la réflexion politique et trop influençable par des médias intéressés fassent cette erreur, en trop grand nombre toutefois. Mais, quelqu’un qui se veut leader politique a-t-il droit à une pareille bévue ? 
Le vrai scandale français, aujourd’hui, n’est pas que ce président-là soit mauvais, mais qu’il ait été élu ! Alors, il est peut-être temps de s’interroger sur l’absurdité du système électoral français qui, depuis quarante ans, livre la France au bon vouloir du hasard. Car, a-t-on remarqué qu’à chaque fois le Président désigné l’est par un petit poil qui s’ajoute, d’un côté ou de l’autre, aux cinquante pour cent fatidiques ? Et c’est ce petit poil, marginal et qui ne représente aucune tendance nationale, qui décide finalement du sort de notre quotidien et de celui de nos enfants pendant cinq ans et plus car, trop souvent, des disposition néfastes prises engagent l’avenir durablement.  Ce petit poil, c’est un détail qui peut le déterminer. Ce peut être la dernière intervention télévisée de l’un ou l’autre des challengers, réussie ou ratée. Ce peut être un comportement, une attitude, un nœud de cravate qui déplaît. Ce peut être le temps qu’il fait le jour du scrutin. En un mot, c’est le hasard. Ainsi la France est gouvernée au hasard. On pourrait faire l’économie du second tour en tirant à la courte paille entre les deux finalistes, le résultat serait le même. 
Alors, quand une charrette est est ainsi tiré tantôt à hue, tantôt à dia, au gré du hasard, il ne faut pas s’étonner qu’elle finisse au fossé, comme la France aujourd’hui. On entend souvent dire qu’il faudrait ajouter au système électoral une dose de proportionnelle, une dose de ceci, une dose de cela. C’est une dose, une grosse dose d’intelligence qu’il faudrait lui apporter. 
Jadis, le pays était gouverné par les combinaisons d’une caste politique qui laissait à l’écart la volonté populaire. De Gaulle a voulu y remédier en mettant au centre du jeu le citoyen. L’intention était louable. Mais, le temps passant, et la maturité politique citoyenne ne s’améliorant pas, le pouvoir médiatique tentaculaire et insidieux a transformé ce qui aurait dû être un débat d’idées, d’opinions réfléchies, en un jeu télévisé comme une élection de miss. Cela occupe un dimanche, on passe une bonne soirée télé, et après on se plaint des élus. 
Je ne sais dans quel état la charrette France sortira du présent quinquennat. Mais si elle en sort, il faudra d’urgence adapter les règles du jeu démocratiques aux conditions nationales et mondiales modernes.

dimanche 15 septembre 2013

Internet, la jungle.


Un homme, toulousain, vient de lancer sur “Le Figaro“ un cri d’alarme. Ses deux fils s’étaient engagés dans un groupe salafiste en Syrie. L’un a été tué. L’autre combattrait toujours dans la région d'Alep. L’un s'était converti à l'islam en 2010, au gré de rencontres à Toulouse et de consultations de sites Internet fanatiques. Son frère l’avait rejoint en 2012. Ils voulaient « mourir pour Allah pour aller au Paradis ».
« Ce ne sont pas mes fils qui sont partis en Syrie. Ils ont été conditionnés, mais je ne sais toujours pas où, ni comment. Qui a piloté tout ça ? Toutes ces questions me rendent malade. Les jeux vidéo ont certainement eu un impact nocif sur Jean-Daniel. Je regrette de ne pas avoir eu l'autorité nécessaire pour l'empêcher de s'abrutir devant l'écran. Il y jouait, en abusait. Ils ont été sensibles et fragiles à n'importe quel discours fanatique, car c'est cela qu'ils ont subi. (…) Je regrette de ne pas avoir su trouver les mots qui auraient pu les faire réfléchir différemment. Pourtant, j'ai passé des nuits avec eux au téléphone pour essayer de les ramener à la raison. Je ne les reconnaissais pas. Pourtant, j'ai toujours été proche d'eux, malgré ma séparation d'avec leur mère. Quand on voit ses propres enfants en tenue de guerre brandissant une kalachnikov et un coran sur des vidéos, on se dit que tout ça est irréel ».

Le même quotidien rapporte dans un autre article la comparution devant le tribunal correctionnel de Paris de deux jeunes djihadistes français arrêtés par les autorités pakistanaises. 
« Des paumés, originaires de banlieue parisienne, cherchant un sens à leur existence (…), et qui rencontrent un individu qui, par son image, son érudition, sa faculté à convaincre, entraîne les autres, comme l'explique le procureur Benjamin Chambre ».
L’un d’eux explique :
« Je m'ennuyais beaucoup, je passais mon temps sur Internet. (…) Ce qui m'a le plus attiré, c'est qu'en parlant de ce sujet sur le Web, j'étais populaire, on me disait que j'étais courageux, j'avais une estime de moi encore jamais connue. (…) Je voulais juste tirer à la kalachnikov, me défouler un peu, pour faire comme dans le jeu vidéo Call of Duty. (…) On a utilisé des versets du Coran pour justifier nos actions, a-t-il reconnu, estimant qu'il ne serait pas tombé dans ce traquenard s'il avait mieux connu sa religion ». 

Parents, je vous en conjure, ouvrez les yeux ! Vos enfants ne resteront pas ados longtemps. Demain, il sera trop tard. Et demain est déjà à la porte. À cet âge tendre où le cerveau est si malléable, vous n’avez pas le droit de les abandonner dans la jungle d’Internet. Ils ne sauront pas, seuls, y survivre au milieu des prédateurs de tous acabits. Des parents trop souvent absents, ou, lorsqu’ils sont physiquement présents, mentalement absorbés eux-mêmes par la télé ou Internet, créent le vide que leurs enfants combleront comme ils peuvent par le virtuel de l’écran. Comment “élever“ ses enfants, puisque l’Éducation nationale n’y procède pas ? “Élever“, c’est-à-dire faire prendre de la hauteur !  Il n’y a qu’une méthode : l’exemple. Les enfants assimilent et reproduisent naturellement ce qu’ils voient quotidiennement. Ce que vous voudriez que vos enfants fissent, faites-le vous-mêmes.

vendredi 6 septembre 2013

Peillon et les religions


Peillon, ministre de la Rééducation nationale, part en guerre contre le catholicisme. « Aucune nation ne peut se construire, dit-il, sur des religions » ! 
Il oublie que la nation française ne l’a pas attendu pour se construire, et elle l’a fait, précisément sur une religion, le christianisme. Peut-être n’a-t-il pas remarqué les innombrables croix, chapelles, églises, cathédrales, basiliques et sanctuaires de toutes sortes que nos ancêtres ont construits depuis deux mille ans ? Peut-être veut-il aussi raser le Mont-Saint-Michel ? Peut-être ne fête-t-il pas Noël en famille, et va-t-il au bureau les dimanches ainsi que les jours de Pâques, de l’Ascension, du 15 août, etc.
D’ailleurs, y a-t-il une seule nation au monde qui se soit jamais construite en dehors de quelque religion ? 
 Il oublie aussi que d’autres, plus épais que lui, se sont essayés à cette velléité de destruction, et qu’à chaque fois, Dieu est le plus fort. Je peux lui proposer quelques livres. Il y verrait que les hommes — ceux qui réfléchissent — sont en train de découvrir que non, décidément, l’Univers, la vie, l’Homme, ne se limitent pas à son matérialisme étriqué.

dimanche 1 septembre 2013

Le titre d'un livre…


Le titre que j’ai donné à mon ouvrage récent “Capitaine de La Garde“ est-il le meilleur ? 
Il livre le témoignage autobiographique, jusqu’alors inédit, d’un officier de Gendarmerie, mon père, appelé contre son gré, en 1941 et 42, à commander La Garde personnelle du maréchal Pétain à Vichy. Il montre qu’en cette époque douloureuse de sauve-qui-peut, des hommes ont pu rester à la tâche dans l’honneur, et réplique ainsi à la dictature de la pensée savamment orchestrée aujourd’hui par quelques-uns.
J’aurais pu appeler ce livre “l’honneur d’un capitaine“, mais le titre a déjà été utilisé maintes fois. J’aurais aussi pu choisir “l’honneur d’un commandant“, car à la suite des faits rapportés, l’homme fut promu commandant. 
Or voilà que l’actualité s’empare d’un autre événement qu’il convient en effet de saluer avec respect, le décès du commandant Hélie de Saint Marc. Alors le vocable “honneur d’un commandant“ se répand dans la presse. Imaginons un instant qu’il eût fait le titre de mon livre ; que des lecteurs influencés par cette actualité médiatisée l’eussent acheté. Ils y auraient trouvé l’histoire d’un autre homme. Nul doute que nombre d’entre eux — défense du consommateur aidant — se seraient sentis trompés, auraient crié à l’escroquerie, auraient peut-être fait procès…
Mes lecteurs me font massivement l’éloge de mon ouvrage. Mais, ils ne sont que l’élite ; ceux qui s’intéressent au contenu et non à l’emballage. Car le livre est devenu un bien de consommation. L’auteur qui veut “vendre“ doit fabriquer ce que le “marché“ attend. Voilà ce que l’Édition contemporaine a fait de la littérature ! Des prix sont décernés, ici et là, pour des livres écrits par des nègres, parce que leur titre et leur pseudo-auteur se vendront bien. 
Imagine-t-on un artiste se pliant à produire ce que la foule demande ? L’esthète éclairé regarde-t-il le titre d’une toile avant d’en recevoir le message pictural , la pensée qu’elle exprime ? La littérature n’est-elle pas un art ? Le titre d’une œuvre est-il plus important que l’œuvre ?

samedi 31 août 2013

Immigration


L’argument favori des apôtres de l’immigration massive, est de dire que la France s’est construite, depuis les Celtes et sans doute avant, à partir des vagues successives d’envahisseurs chassés des contrées lointaines par les aléas climatiques. Alors, disent-ils, pourquoi ne pas continuer ?
C’est oublier que, chaque fois, les populations autochtones ont été assimilées ou éliminées par les nouveaux venus. L’intégration ne fonctionne jamais dans l’autre sens. C’est le vainqueur qui absorbe, jamais l’inverse. Et le vainqueur c’est l’envahisseur, sinon il aurait été repoussé.
Alors, s’il y a des candidats autochtones volontaires pour l’assimilation, qu'ils lèvent la main.
Ouvrons plutôt les yeux. Ces arguties grotesques de certains partis politiques en faveur d’une immigration massive n’ont d’autre but que de masquer leur manœuvre d’enrichissement de leur réserve électorale, pour leur permettre de rester un peu plus longtemps au pouvoir. L’avenir de la France et des Français n'est vraiment pas leur souci. 

mardi 27 août 2013

Charte de la laïcité à l’école… ?



La presse écrite est décidément incorrigible, qui ne peut s’abstenir de nous livrer les commentaires du journaliste au lieu de l’information elle-même. Ainsi, pour connaître le projet de charte de la laïcité que ce gouvernement est en train de concocter, et que Le Figaro prétend avoir consulté, il faudra attendre ou bien se reporter sur internet. J’ai quand même retenu du ceci, du document du ministre Peillon, à propos du « caractère laïque des enseignements, qui ne peuvent être contestés sur des motifs religieux » :
 « Les sciences de la vie et de la terre sont régulièrement remises en cause, et notamment la théorie de l’évolution selon Darwin (…) Chacun est libre de ses opinions, mais pas de contester un enseignement ou de manquer un cours ».
C’est, au fond, tout le nœud du problème. Pourquoi y a-t-il contestation ? Parce qu’au lieu de délivrer de l’enseignement, les professeurs se croient autorisés (comme les journalistes) à marteler leurs propres opinions. On ne peut contester à personne, dans une une “République indivisible, laïque, démocratique et sociale“, comme la décrit le jargon socialiste (excusez du peu !), le droit de ne pas être d’accord en tous points avec les théories de l’évolution, par exemple. Je crois m’être exprimé suffisamment sur ce sujet dans mes livres. Pour autant, on ne peut laisser, à l’évidence, chacun faire le cours à la place du professeur. Or, la question ne poserait aucune difficulté si ce dernier se contentait d’enseigner ladite théorie, laissant à chacun sa liberté de pensée. Même chose pour l’enseignement cultuel et tout ce qui fait débat autour des religions. La laïcité n‘est pas le problème des élèves, il est celui des professeurs. Que ceux-ci en appliquent le principe à eux-mêmes, et un bon bout de chemin sera fait.

dimanche 11 août 2013

Souvenirs…


Pourquoi ne puis-je respirer l’odeur du cheval sans sombrer aussitôt dans la nostalgie des fermes d’antan ? L’atavisme des paysans bretons dont je suis issu a-t-il imprégné à ce point mon sang, les cellules, les atomes, les particules de mon corps, pour que l’odeur retrouvée du cheval relance ainsi dans mon inconscient le film d’un passé disparu ? Les odeurs sont les messagers les plus fidèles de la mémoire. Elles ne trompent pas. Elles voyagent en formation, déversant tour à tour l’âpreté du foin qu’on descendait dans le râtelier, la sensualité du grain qu’on stockait dans le grenier, l’enivrante acidité du cidre qu’on laissait échapper de la barrique, la doucereuse aigreur du lait qu’on déversait dans l’écrémeuse. Hélas, je ne reverrai plus ces lieux d’enfance. Fermes détruites ou transformées en habitations sans âme. Le galop du temps a tout emporté. Restent les odeurs… 
La généalogie m'a appris près de cinq siècles de souches bretonnes, sur onze générations, jusqu'à l'annexion de la Bretagne par la France. J'en ai fait un livre : "Français de souche, ne vous en déplaise".

vendredi 9 août 2013

Hostie


Je reproduis ici un passage d'un excellent blog : http://www.proliturgia.org/ cité par un ami sur FB. Il vient, à propos, illustrer mes articles, ici, du 5 juin "chaque seconde une messe" et 12 mai “ascension“

« Les JMJ de Rio ? Des choses bonnes... Mais aussi une façon de distribuer et de recevoir la communion qui dénote que bien des fidèles n’ont plus conscience de recevoir le Corps du Christ. Et ne savent plus ce qu'est une messe.
Une désinvolture que favorisent grandement, à nos yeux, les liturgies désacralisées qui se veulent “participatives“. L’énorme travail de Benoît XVI pour réinstaurer un peu de sacralité et un vrai sens liturgique risque fort d’être zappé en quelques mois...  L’Évêque de Rome ne devrait-il pas s’en inquiéter ?
NB. On ne dit pas le nombre d'hosties emportées à la maison, oubliées dans une poche ou perdues dans le sable de Copacabana »


mardi 6 août 2013

Port du voile



Les querelles sur le port du voile sont décidément d’une hypocrisie à pleurer. 
Un rapport soi-disant officiel d’une certaine “Mission laïcité du Haut Conseil à l’intégration“ (énième organisme fumeux dont on ne comprend pas bien le rôle à côté de “l’Observatoire de la laïcité“ récemment créé, si ce n’est qu’il a compté dans ses membres un grand maître du Grand Orient de France) préconise « dans les salles de cours, lieu et situation d’enseignement et de recherche des établissements publics d’enseignement supérieur, les signes et tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse ». Dans le second degré, une telle loi est déjà déjà en vigueur. 
Pourrait-on, un jour, avoir le courage d’appeler un chat, un chat ? De quelle tenue “ostensible“ s’agit-il ? A-t-on jamais vu un chrétien habillé de façon ostensiblement spéciale ? Un juif, parfois ; mais je doute que ce rapport sournois les vise… S’agit-il du tchador, voile intégral ? Celui-ci est déjà prohibé à l’université comme ailleurs, à juste raison d’ailleurs, non pas parce qu'il est un soi-disant signe religieux, mais parce qu'en France, l'on ne se présente pas cagoulé dans les lieux publics. Mais, le voile qui couvre les cheveux des jeunes filles qui font le choix de le porter. En quoi cet attribut vestimentaire met-il en danger la République ? Les jeunes femmes qui en sont vêtues sont souvent d’une élégance qui n’a rien à envier aux traîne-savates ébouriffés qui exposent dans nos rues leur string par-dessus le jean. Je rappelle en outre, à ceux qui sont nés de la dernière averse, que leurs grands-mères ou arrières grands-mères ne seraient jamais sorties sans au moins un châle sur la tête, ou un chapeau les jours de fête. Si l’histoire recommençait, interdirait-on, aujourd’hui, le port d’une coiffe aux Bretonnes ? Il serait intéressant de savoir, d'ailleurs, si ce voile est bien un signe religieux. Quelle sourate du Coran l'impose ? Ne serait-il pas plutôt l'affirmation d'une appartenance ethnique ?
En vérité, se cache derrière ces interdictions hypocrites la rancœur d’un anticléricalisme maladif. Le fameux rapport ne stigmatise-t-il pas « une montée de revendications identitaires et communautaristes » ? N'a-t-on plus le droit d'être fier de ses origines, de ses ancêtres, de sa culture, de sa foi ? Voilà qui dérange l’athéisme militant des confréries qui prétendent avoir, seules, le droit de s’exprimer, de dire le vrai.
Le rapport n’hésite pas, non plus, à dénoncer la « contestation du contenu des enseignements, critiques des théories darwiniennes par des courants chrétiens évangéliques ou néobaptistes, rejet des écrits de Voltaire, Pascal ou Camus… », et à souligner le « malaise d’un nombre croissant d’enseignants ». Les étudiants français seraient interdits d’opinions ? Darwin serait la nouvelle bible ; Voltaire, Pascal et Camus, les nouveaux évangélistes ! Cette intolérance devient intolérable. Un certain pouvoir a livré la France aux talibans du fondamentalisme athée qui entendent imposer leur dictature de la pensée. C’est une déclaration de guerre civile. 

jeudi 1 août 2013

Stèle pour Lamennais


Je ne résiste pas au plaisir de citer cette petite sélection du livre de Xavier GRAAL “Stèle pour Lamennais“ (Pas Jean-Marie, mais son frère Félicité) aux éditions Hallier 1978.
« De votre XIXe siècle scientiste (c’était le temps où des crucifix étaient pendus sur les murs des usines alors que des misérables y crachaient leurs poumons), est né, cher Féli, cette abomination qu’il vous a été épargné de connaître et qui est l’État totalitaire. Et c’est l’État socialiste, figurez-vous… Le Premier Secrétaire plaça partout ses pions, ses espions, ses morpions. Jamais la démocratie ne se trouva à ce point pervertie, jamais la liberté de l’esprit ne se trouva à ce point piétinée. On ne parlait plus de pensée, mais de “ligne“. (Leur) progressisme laïc et humanitaire, à quoi a-t-il abouti, si ce n’est à la liquéfaction de l’Esprit, à l’abaissement de l’intelligence ? Les gouvernants sont presque toujours des escrocs du spirituel, c’est Dieu qu’ils volent. »
Et l'auteur ajoute ceci qui pourrait s'écrire aujourd'hui : « C’est au moment de leur agonie que les systèmes et les régimes sont les plus féroces. »