mercredi 11 avril 2012

Sondages


Voici un sondage qui va passer inaperçu, et pourtant…
La presse écrite ne serait la source d’information politique que pour moins de 10 % d’entre nous ! Neuf personnes sur dix tireraient leur opinion déclarée, de l’audiovisuel. Or l’image, qu’elle soit à la télé ou sur internet, n’est plus une information, mais déjà une opinion, élaborée, exprimée. Si vous lisez qu’un candidat à une élection propose telle ou telle mesure, vous vous intéresserez à cette mesure et formulerez, dès lors, votre propre jugement. Mais si l’annonce vous en est faite sur l’image en gros plan du candidat sur scène, vous ne retiendrez que le spectacle du meeting, la forme, pas le fonds. Vous n’aurez pas été informés, mais formés. Seule, la lecture d’un texte, dépouillé des commentaires éventuels de son auteur, peut apporter l’information brute à partir de laquelle le cerveau du lecteur construira sa propre opinion. On comprend maintenant les sondages…

mardi 10 avril 2012

Pensée préfabriquée



"Attentat antichrétien au Nigeria. Près de 40 personnes ont été tuées le dimanche de Pâques lors d'un attentat à la bombe près d'une église de Kaduna, dans le nord du Nigeria. Le groupe islamiste Boko Haram pourrait être l'auteur de cette nouvelle attaque." Cet entrefilet de quelques centimètres carrés dans Le Figaro du 9 avril 2012 en page 5, caricature à l'extrême le pouvoir de la "non-information correcte". Certes, tout ne peut pas être à la une, mais quand même, quarante chrétiens, ce n'est pas rien ! Imaginons un instant qu'il se soit agi de quarante adeptes de quelque autre "communauté", comme on dit aujourd'hui. N'auraient-ils pas fait les gros titres ? Non pas que le quotidien cité soit suspect de manipulation. Simplement il est victime, lui aussi, de la pensée unique. Mettre en lumière un tel drame, s'agissant de chrétiens, aurait été "stigmatiser". Autant de termes préfabriqués collés sur des idées toutes faites qui dispensent de penser.  

dimanche 8 avril 2012

Pâques


À en croire les médias, Pâques serait une charmante fête de famille lors de laquelle on chercherait les œufs… Prenons un peu de hauteur.
Pâques, à mes yeux, fête un événement inouï : le Christ, mort sur sa croix de supplicié, quelques jours après, marche parmi les siens ! Pâques est la négation de la mort.
La mort, dit-on, c’est la fin de la vie. Oui, mais la vie, c’est quoi ? La vie, c’est une touche de piano que l’on frappe. Elle produit un son qui emplit l’espace. Alors, on dit qu’elle vit, cette touche d’ivoire, parce que son action coïncide avec la perception que nous avons, du son produit. Or, que l’on cesse de la frapper et elle n’est plus rien. Désormais inutile, on dit que la vie l’a quittée. Mais la vie, ce n’était pas la touche, c’était le son qui sortait du piano. Et ce son, écoutez-le, il n’est pas mort. Il évolue dans une dimension que le piano ignore. La vibration est bien là, insaisissable, mais bien réelle, bientôt inaudible peut-être, mais immortelle, qui voyagera jusqu’aux extrémités du cosmos. L’Univers est ainsi empli de ces harmonies de vie qui transcendent nos dimensions de perception. 
Avoir peur de la mort, c’est avoir peur d’un futur qui n’aurait pas eu de passé. Nous sommes faits de passé, entièrement issus du passé et emplis de lui. Pourquoi, dès lors, en avoir peur ? Le futur ne fait que retourner au passé, dans le tout. Et entre-temps, le temps ne change rien au Tout.

mardi 3 avril 2012

Mort…


« Vous n’allez pas le reconnaître me dit son épouse. » Il gisait là, dans son cercueil verni, décharné par l’éprouvante maladie qui nous l’avait arraché, l’ami cher, l’homme de bien. Mais, était-ce encore lui, ce corps inerte que la flamme, tout à l’heure, réduirait en poussière ? Poussière comme l’est, ici-bas, chacun d’entre nous. Mort, il n’était plus dans le temps. Il n’y a pas de temps en Dieu. Dieu est éternel présent. Il était esprit, comme il n’avait jamais cessé d’être, comme ne cesse jamais d’être chaque Homme dans sa vérité de l’au-delà du temps.
Il y a deux mille ans, la Vierge Marie levait les yeux vers ce Dieu dont elle était devenue la Mère. Mais, était-ce encore Lui, ce corps pantelant, cloué sur la Croix du supplice ? Le tombeau où on l’ensevelit, bientôt sera vide, et Jésus marchera sur le chemin d’Emmaüs.  
En chaque être humain, il y a un peu de Dieu.

jeudi 29 mars 2012

Laïcité, deux visions.


Dans Le Figaro de ce jour, l’ancien ministre français Luc Ferry exprime son opinion au sujet de la laïcité et des religions. On peut lire :
« … l’élément religieux entre malgré tout dans les composantes de la haine. (…) Qu’y a-t-il dans les religions qui permet(tent) ces déviations intégristes auxquelles aucune n’a échappé dans l’histoire ? Deux éléments fondamentaux : le rapport à l’absolu, qui pousse toujours peu ou prou à l’intolérance ; la fonction de liaison qui forge les communautarismes propices aux tensions conflictuelles. (…) C’est lorsque la religion cesse d’être une affaire privée, lorsqu’elle quitte l’intimité pour envahir l’espace public qu’elle devient funeste. Voilà pourquoi il faut sans cesse rappeler les valeurs de la laïcité, rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui lui revient. »
Dans le même journal, Benoît XVI, en visite à Cuba, s’est exprimé devant des centaines de milliers de Cubains enthousiastes sur “la liberté religieuse et le rôle des catholiques dans la construction d’une nouvelle société cubaine“. 
“Il a axé son propos sur « l’authentique liberté » et « la vérité qui libère et rend digne ». Une voie exigeante qui ne supporte pas « les raccourcis », a-t-il insisté. L’un d’eux consiste à « ironiser sur la possibilité connaître la vérité ». Mais ce « scepticisme ou ce relativisme » provoquent « un changement dans le coeur, le rendant froid, hésitant, loin des autres, et enfermé en soi même ». Il donne « des personnes qui se lavent les mains comme le gouverneur romain Pilate et laissent filer le cours de l’histoire sans se compromettre ». Autre raccourci, rejeté par Benoît XVI, ceux qui « interprètent mal cette recherche de vérité, les portants à l’irrationalité et au fanatisme, les enfermant dans leur vérité » et qui « entendent l’imposer aux autres ». 
Le moins qui puisse être dit est que les deux proclamations sont aux antipodes.  Chacun choisira sa vision du monde. Je préfère celle du pape. Non, Monsieur Ferry, la recherche de l’absolu ne pousse pas à l’intolérance, mais à la  liberté, à la dignité. C’est au contraire le relativisme matérialiste qui enferme sur soi et pousse au fanatisme. Avez-vous réfléchi à ce que seraient la Chine, l’Inde, sans le bouddhisme ou l’hindouisme ? Dieu sans César peut certes déboucher sur l’intégrisme, mais César sans Dieu amène toujours à l’intolérance, au fanatisme.

vendredi 2 mars 2012

Thérèse d'Avila :


« Tout allait de mal en pis, c’est le signe que prend le ciel pour vous acculer et brusquement tout conclure au mieux. (…) Les difficultés d’un jour annoncent la réussite insoupçonnée du lendemain »


dimanche 19 février 2012

infortuné Cézane


Près de deux cents millions, un tableau de Cézanne, acheté par le Qatar. ! 1,3 milliard de Francs ! 130 milliards d’anciens Francs !  À ce prix, n’en déplaise à l’artiste dont le talent fut grand, l’objet n’est plus une œuvre d’art, mais le support d’un coup de marketing fabuleux. Il s’agit de faire de cet émirat le sommet mondial du tourisme culturel. Un coup comme celui-là peut y contribuer, qui drainera les foules les plus fortunées pour y contempler l’objet du scandale.  L’enjeu et colossal ; 220 millions ce n’est rien à côté. À ce jeu, n’importe quel chef d’œuvre aurait fait l’affaire, pourvu qu’il fût célèbre. L’enseignement qu’il faut en tirer, c’est que nous sommes tous complètement enlisés dans la civilisation du paraître, incapables désormais de voir la vérité.

vendredi 17 février 2012

Nature humaine…


Prenez un copropriétaire parmi les autres dans un immeuble ; considéré isolément il sera sans doute fort civil. Prenez un résident d’une rue quelconque ; abordé seul, il sera vraisemblablement hospitalier. Prenez n’importe quel habitant de la Terre ; s’il est seul face à vous, il sera certainement aimable. Mais, regroupez tous les premiers dans une assemblée de copropriété ; ils deviendront odieux de suffisance, prêts à tous les procès contre tout leur voisinage. Réunissez les seconds dans une association de défense de quartier ; ils deviendront imbuvables et s’en prendront à tous ceux qui osent emprunter “leur rue“… Quant aux derniers, regroupés dans un parti écolo, par exemple, ils n’auront de cesse de reprocher aux autres d’habiter aussi “leur planète“.
Pourquoi ce double visage ? Parce que les hommes sont des poltrons. Seuls face à autrui, ils ont un peu peur, alors ils sourient, se montrent amicaux. On s’y laisserait prendre. Mais regroupés, ils se sentent forts, comme dans une meute, et montrent alors leur vraie nature. Il n’y a pas d’autre explication à la prolifération des associations, confréries de toutes sortes, et fraternités diverses. L’humanité aura atteint son stade de perfection quand chaque homme aura le courage de se montrer seul au regard des autres, sans avoir peur. Pour cela, il leur faut devenir adultes. Alors ils pourront se regrouper, mais pour s’additionner, non pour se dissimuler.

Il y a morts et morts !


Trois petites phrases dans Le Figaro : 46 mots ;17 cm2 ; trois dix millièmes du journal !
« Honduras : 355 morts dans l'incendie d'une prison.
L'incendie d'un pénitencier à Comayagua, dans le centre du Honduras, a fait 355 morts. Les victimes sont souvent mortes accrochées aux barreaux de leurs cellules, d'autres ont été asphyxiées ou étouffées par les fumées. »
Pour la presse, il y a morts et morts ! 

vendredi 13 janvier 2012

Des cousins cosmiques ?


Les astronomes nous annoncent qu’ils ont découvert des quantités de planètes en orbite autour des cent milliards d’étoiles de la galaxie ! Et, puisque le cosmos compte quelques centaines de milliards de galaxies identiques, ils en concluent que la preuve est patente, de l’existence d’autres vies dans l’univers. Toujours la même idée fixe, démolir le mythe de la primauté de l’Homme, qui conduit à la notion d’au-delà, donc de Dieu.
Or c’est décidément s’enfermer dans une étroitesse de pensée consternante, que de raisonner ainsi. Ils devraient pourtant bien savoir, ces astrophysiciens, ce que les physiciens de l’infiniment petit nous apprennent. Il est vrai que les deux disciplines s’ignorent avec superbe. La matière dont nous sommes faits, morts ou vifs, dont est faite notre Terre, dont sont faites notre galaxie et les autres, et les innombrables planètes qui virevoltent là-dedans, se réduit à un incommensurable nuage de poussière, de particules si infimes qu’on ne sait plus si elles sont encore matière ou déjà ondes. À cette échelle immensément lointaine s’ouvre le royaume de l’au-delà de la matière et de son énergie, de l’au-delà du temps et de son espace.
C’est dire que cet univers que nous voyons, avec ses objets et ses mouvements, ses formes et ses couleurs, ses odeurs et ses bruits, n’est que notre représentation, dans notre espace-temps, d’une autre vérité, dans une autre dimension, faite d’autre chose que de matière. De quoi, sinon de pensée, et de Pensée ?
Chacun de nous, conglomérat soi-même de ces particules immatérielles, est particule à son tour, intimement mêlée, connectée, à l’ensemble des sept milliards d’êtres humains de cette Terre, parce que tous, issus de la même particule originelle qui passa un jour de la Pensée d’au-delà, à la matière vivante d’ici-bas.
Or ces sept milliards de particules humaines, parce qu’elles sont toutes intriquées, voient, de l’univers, la même chose. Mais nul ne pourra voir comme elles, qui ne serait issu de la même création.
Nous sommes un peu comme un homme endormi qu’un rêve fait observer son monde. Il y voit des galaxies et des planètes, mais nul ne peut entrer dans son rêve ! Un autre rêveur restera dans un autre univers onirique.
Aussi, que l’Homme soit unique est une évidence, puisqu’il est le seul à voir le monde tel que nous l’observons. Il est émanation de la Pensée, et la pensée est en lui. Tout autre observateur ne peut être que d’un autre monde, et il n’y a pas d’interconnexion possible entre ces univers. 
Alors, l’Homme, seul dans son univers ? Oui. D’autre Êtres dans d’autres univers ? Oui, sans doute.  

lundi 9 janvier 2012

La mort et le néant.


Plus j’y pense, moins je comprends que la mort, ici-bas, puisse être une ouverture sur le néant !
Comment quelqu’un pourrait-il bien devenir néant, pour paraphraser la célèbre question de Leibnitz ?
Vivre implique l’environnement du temps (et de son espace qui en est l’avatar), puisque vivre c’est accumuler les instants.
Réciproquement, être dans le temps, c’est vivre, puisque c’est nécessairement changer.
Mourir, c’est donc sortir du temps.
Donc, si je meurs aujourd’hui, s’ouvre pour moi le non-temps. Mais si le destin me prolonge un peu, ce non-temps s’ouvrira un peu plus tard. Or, entre ces deux temps-là d’ici-bas, le non-temps de l’au-delà sera le même, puisqu’il est insensible au temps. 
Quel peut donc être cet étrange état de non-temps, toujours identique à lui-même, sinon le royaume du toujours, du partout, du Tout en Un ?
Mourir, c’est donc sortir du temps pour demeurer dans le Tout.
Or, dans ce Tout, le néant n’a pas sa place, n’existe pas ! Sinon, ce ne serait plus néant, et le Tout ne serait plus le Tout.
Reste à comprendre pourquoi ce Tout en Un que nous sommes, se montre à nous sous le visage du temps… le temps d’une vie ?

samedi 31 décembre 2011

Saint-Sylvestre, réveillon, pétards, vœux et tout le tintouin…


Je me suis toujours demandé ce que l’on pouvait bien fêter ce jour-là, avec autant d’excès.
Je conçois aisément que chacun d’entre nous fête (ou commémore, c’est selon) son propre anniversaire. Dans la comptabilité du temps, c’est à chaque fois un cran de plus qui nous éloigne du début et nous rapproche de la fin.
Je conçois de même que l’on fête l’anniversaire d’un parent qui nous est cher, d’un ami, pour la même raison.
L’on pourrait aussi fêter l’anniversaire d’inconnus, d’autrui, de son prochain… Mais alors ce serait tous les jours, car chaque jour est l’anniversaire de quelqu’un.
Je conçois enfin que l’on célèbre encore tel ou tel événement qui a marqué notre vie ou celle de notre village, de notre pays, de l’humanité. Cela signale le fait qu’entre deux célébrations consécutives, la Terre a fait un tour complet du Soleil. 
Mais dans la nuit du 31 décembre au 1e janvier, que s’est-il passé ? Quel cliquet a marqué l’instant ? Rien dans le cosmos n’est différent entre la seconde avant et la seconde après. Rien dans ma vie, ni dans la vôtre (sauf si vous êtes né ce jour-là), ne justifie commémorer ce non-événement.
— Mais, cela fait une année de plus, direz-vous, une nouvelle année !
Certes, mais alors il faudrait au moins choisir comme date anniversaire le jour où s’est produit l’événement fondateur. Quel est-il, cet événement ? Dans notre civilisation occidentale, nous faisons démarrer notre calendrier le jour (supposé) de la naissance du Christ. Or, l’anniversaire de ce jour-là se situe le 25 décembre. 
Que dirait-on de quelqu’un qui fêterait régulièrement son anniversaire avec une semaine de retard ?
Voilà pourquoi, à mes yeux, Noël est le premier jour de l’année, de même que le dimanche est le premier jour de la semaine, et non pas le dernier comme le décompte la stupide semaine anglaise.
Bonne année quand-même !

jeudi 15 décembre 2011

Guerre économique


Sans tomber dans l’effet sémantique, il n’est peut-être pas superflu de rappeler que l’on est bel et bien en guerre mondiale ! Non pas dans une guerre avec des chars et des bombes comme en 40, mais en guerre économique, plus impitoyable encore, car elle n’épargnera personne. 
Qui sont les belligérants ? — Le dollar contre l’euro. 
Qui gagnera ? — Celui qui, in fine, attirera vers lui les énormes masses monétaires mondiales en recherche d’investissement. 
 Qui en sont les combattants ? — Les populations et leurs représentants. 
Jamais, une guerre n’a été gagnée avec un état-major inexpérimenté et des combattants insouciants. 

samedi 10 décembre 2011

L'Entreprise.


L’Entreprise avait pris le large, tel un fier vaisseau conquérant. 
Pendant quinze ans, les vents alliés avaient poussé ses voiles neuves à la conquête des terres lointaines. 
Les cargaisons étaient précieuses. Les retours furent prospères.
Il y eut des tempêtes, des écueils, le feu. Le bateau résista.
Puis un jour, le coup fut rude. Le vent mauvais s’acharna. La mer ouvrit sa gueule hideuse pour engloutir l’intrus. Le bois craqua, des poutres cédèrent. Il fallut jeter le lest.  Tout ce qui ne comptait pas fut donné en pâture à l’ogre vorace. L’équipage s’enfuit parfois, dans les chaloupes imprudemment larguées dans les creux immenses.
Le capitaine s’agrippa. Ses deux fidèles seconds l’assurèrent. 
À trois ils souquèrent ferme. Il fallait continuer d’avancer. Maintenir le cap. À mains nues.
Parfois, l’un d’eux, épuisé, se cachait pour pleurer. Pour prier.
Alors, le vent du diable, lassé d’échouer, passa son chemin, chercha d’autres proies. La mer s’apaisa. Le ciel se laissa voir. Les étoiles… Enfin !
Brisé, démâté, mais fier encore, le vaisseau rentra au port sous les vivats, la cargaison sauvée. 
Et l’on vit les trois empoigner les marteaux et réparer. Il fallait consolider, remplacer, reconstruire. Déjà un équipage nouveau se présentait à l’embauche. 
Bientôt le navire rénové et invincible franchissait à nouveau la passe pour affronter les éléments désormais domptés. Les tempêtes économiques. Les ouragans financiers.
Déo gratias. 

Une Europe est née.


Il fallait deux chefs d’État d’une trempe exceptionnelle pour arracher, en cette nuit historique de jeudi, l’accord à vingt-six pays, tous les membres sauf un, de l’Union Européenne. 
Vingt-six pays aux passés tumultueux et souvent antagonistes ; aux rivalités exprimées hélas! parfois dans le sang ; aux cicatrices à peine refermées. Des ébauches d’Europe existaient bien, dont on ne savait trop laquelle était la bonne. On avait donné une monnaie commune à certaines nations qui, au mieux, s’ignoraient. Le monde, en guerre économique, écoutait avec affliction cette cacophonie.
Le 8 décembre 2011 restera dans l’histoire comme le jour où l’Europe a atteint son âge de raison. Enfin, l’Europe a un périmètre, un visage, une personnalité, un avenir. Dans la guerre qui sévit, l’Europe vient de gagner une fameuse bataille.
— Mais, les Anglais, direz-vous ? 
— Les Anglais ! On les aime bien. Mais, combien d’années cela fait-il qu’ils conduisent à l’envers ?